L’histoire de Youssouf : B8

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Comme nous l’avons mentionné dans la partie précédente et dans le verset 77 les frères de Joseph dirent –ce qui peut être traduit par: “ «S’il a commis un vol, un frère à lui auparavant a volé aussi.» Mais Joseph tint sa pensée secrète, et ne la leur dévoila pas. Il dit [en lui même]: «Votre position est bien pire encore! Et Allah connaît mieux ce que vous décrivez.»  

Ils inculpaient leur famille avec leur réponse. Mais, voyez la clémence de Joseph qui a retenu sa peine et n’a rien laissé transparaître sur son visage. Il les voyait pire qu’il ne pensait parce que la médisance est plus grave que le vol.

Je vous prie alors de garder de bonnes relations avec les membres de votre famille quoiqu’ils fassent. Joseph aurait pu couper les liens avec ses frères comme font malheureusement de nombreuses personnes pour des raisons matérielles. Je vous demande par Allah de les renouer si vous les avez rompues et de prendre Joseph pour exemple.

Les frères de Joseph lui dirent –ce qui peut être traduit par: Ô Al-Azize, il a un père très vieux; saisis-toi donc de l’un de nous, à sa place. Nous voyons que tu es vraiment du nombre des gens bienfaisants». (TSC[i], Youssouf (JOSEPH) : 78). Ils ne savaient comment ils devaient faire  face à leur père et leur situation était difficile. C’était la seconde leçon que Joseph leur donnait.

Il leur répondit –ce qui peut être traduit par: “«Qu’Allah nous garde de prendre un autre que celui chez qui nous avons trouvé notre bien! Nous serions alors vraiment injustes.» (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 79).

Puis, lorsqu’ils eurent perdu tout espoir [de ramener Benyamin] ils se concertèrent en secret. Leur aîné dit: «Ne savez-vous pas que votre père a pris de vous un engagement formel au nom d’Allah, et que déjà vous y avez manqué autrefois à propos de Joseph? Je ne quitterai point le territoire, jusqu’à ce que mon père me le permette ou qu’Allah juge en ma faveur, et Il est le meilleur des juges.” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 80)

Ils avaient essayé de lui faire changer d’avis sans succès et ils se mirent à se consulter entre eux. Leur frère aîné leur rappela qu’ils avaient fait serment à leur père de bien garder leur jeune frère et ils ne pouvaient pas se remettre dans la même situation où ils avaient perdu Joseph. Il leur dit qu’il ne quittera pas sa place avant d’avoir eu la permission de son père et que la volonté d’Allah le meilleur des juges soit faite.

Nous voyons ainsi que le frère aîné, le plus sage dans cette situation, commençait à revenir de son égarement. Le Coran ne nous dit pas son nom et si c’était le même qui avait suggéré de ne pas tuer Joseph et de le jeter dans le puits. Cela nous importe peu, et je passe des choses sous silence. Notre seul but est de profiter de la Sagesse du Coran et, d’après une règle de l’Islam, nous n’approfondissons que les questions fondamentales au comportement.

Ensuite le grand frère leur dit –ce qui peut être traduit par: Retournez à votre père et dites: «Ô notre père, ton fils a volé. Et nous n’attestons que ce que nous savons. Et nous n’étions nullement au courant de l’inconnu. ” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 81). Remarquez cette fois leur souffrance et leurs sentiments véridiques. A la première situation lorsqu’ils avaient jeté Joseph dans le puits, ils avaient dit à leur père et nous veillerons sur lui . Ils réalisaient maintenant que la sauvegarde dépendait de la volonté d’Allah.

Ensuite, ils dirent à leur père –ce qui peut être traduit par: Et interroge la ville où nous étions, ainsi que la caravane dans laquelle nous sommes arrivés. Nous disons réellement la vérité.» (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 82). Ils essayaient de lui prouver leur sincérité en lui disant de vérifier avec leurs compagnons de route et les habitants d’Égypte. Comparez avec leur insouciance de la première fois où ils lui avaient répondu –ce qui peut être traduit par: Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité . Cette fois-ci, ils voulaient prouver la véracité de leurs paroles et disaient –ce qui peut être traduit par: Nous disons réellement la vérité . Mais notre maître Ya‘qoûb ne les crut pas et leur dit –ce qui peut être traduit par: “  «Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré quelque chose... [Il ne me reste plus donc] qu’une belle patience! C’est Allah qu’il faut appeler au secours contre ce que vous racontez!» ” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 18).

Regardez la majesté du prophète Jacob dans son malheur. Il a perdu un de ses enfants depuis quarante ans, l’autre est retenu en gage comme esclave et le troisième a juré de ne pas retourner avant que la question ne soit éclaircie.

C’est un message pour tous ceux qui ont perdu leurs enfants : “Patientez et récitez la sourate Youssouf.” Les savants disent qu’elle soulage la peine de celui qui la récite.

Quelle belle patience et quel cœur majestueux que ceux du prophète Jacob. Voyez sa foi profonde et son manque de désespoir lorsqu’il dit –ce qui peut être traduit par: Il se peut qu’Allah me les ramènera tous les deux. Car c’est Lui l’Omniscient, le Sage (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 83).

Ensuite, il se détourna d’eux et dit –ce qui peut être traduit par: «Que mon chagrin est grand pour Joseph!» Et ses yeux blanchirent d’affliction. (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 84). Les pupilles de ses yeux ne se voyaient plus, elles étaient devenues blanches à force de pleurer. Mais pourquoi le verset dit Joseph et pas  Benyâmine (Benjamin) ? Parce qu’aux moments de tristesse les gens se rappellent toujours du premier malheur.

Les enfants de Jacob lui dirent –ce qui peut être traduit par: Par Allah! Tu ne cesseras pas d’évoquer Joseph, jusqu’à ce que tu t’épuises ou que tu sois parmi les morts.” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 85).

Il leur répondit –ce qui peut être traduit par: Je ne me plains qu’à Allah de mon déchirement et de mon chagrin. Et, je sais de la part d’Allah, ce que vous ne savez pas.” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 86).

‘Omar ibn Al-Khattâb priait devant les Musulmans et pleurait à la récitation de ce verset. Quand ils lui demandèrent ensuite pourquoi il pleurait, il leur répondit : Je ne me plains qu’à Allah de mon déchirement et de mon chagrin.”  Mes frères, plaignez vos maux et ceux des Musulmans à Allah.

Au jour du Ta’ef  le Prophète (BP sur lui) se plaignait de sa peine à Allah lorsque tout le village lui lançait des pierres. Zaïd ibn Al-hâritha le recouvrait de son corps pour les lui éviter et le sang lui coulait de la tête. Le Prophète (BP sur lui) qui à cinquante cinq ans courait à la recherche d’un abri avait également les pieds en sang. Imaginez-vous votre père dans une situation pareille ? Le Messager (BP sur lui) se cacha dans un jardin et il leva les mains au ciel et dit : “Ô Allah, je me plains à Toi de ma faiblesse, de mon manque d’habileté et du peu de considération des gens envers moi. Tu es le Seigneur des mondes, le Seigneur des faibles et le mien. A qui m’abandonnes-Tu  ? A un étranger qui m’attaque ou un ennemi qui a de l’emprise sur moi  ? Si Tu n’es pas en colère contre moi, cela m’est égal. Je me réfugie contre Ta colère ou Ton mécontentement  dans la lumière de Ton visage qui illumine les ombres  et bénéficie à tout ce qui se trouve dans les  mondes  d’ici-bas et de l’au-delà,. Tu as le droit de me réprimander jusqu’à ce que Tu sois satisfait et il n’y a de force ni de pouvoir qu’en Toi.”

Ensuite, le prophète Jacob dit –ce qui peut être traduit par: Ô mes fils! Partez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Ce sont seulement les gens mécréants qui désespèrent de la miséricorde d’Allah». (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 87). Il demandait à ses fils de faire l’impossible et de ne pas désespérer de la miséricorde d’Allah.

Je vous dis, Ô vous les Musulmans : “Ne désespérez pas d’Allah et le futur est en faveur de cette religion. Le monde entier est en difficulté et les gens ont recours à la religion pour rassasier leur âme comme ils ont recours à la nourriture pour rassasier leur estomac. Il faut garder sa confiance en Allah, faire le bien:  essayer d’aider les autres, réussir dans la vie pratique, apprendre le Coran aux gens, etc.

Il y avait quelqu’un qui écoutait toujours les nouvelles de la Palestine. Un jour, il rencontra un des habitants de ce pays et lui demanda : “N’avez-vous pas assez de cet état de choses avec le nombre de martyrs qui augmente un jour après l’autre  ? Le Palestinien lui répondit par la négative et lui dit que la maison qui ne comptait pas un martyr d’entre ses habitants en ressentait de la honte.

Notre tâche est beaucoup plus facile. Nous n’avons pas à donner notre vie, nous devons simplement nous améliorer et améliorer notre entourage, réussir notre vie, amener les Musulmans à se rapprocher d’Allah, lutter pour la renaissance de notre pays au moyen du développement de l’économie et de l’augmentation de notre productivité.

Pourquoi Jacob avait-il conseillé à ses fils de ne pas désespérer de la miséricorde d’Allah?  Parce que la paix et l’éveil du cœur ne peuvent avoir lieu sans elle.

Les frères de Joseph retournèrent en Égypte et comme il est venu dans le verset –ce qui peut être traduit par: Et lorsqu’ils s’introduisirent auprès de [Joseph,] ils dirent: «Ô al-Azize, la famine nous a touchés, nous et notre famille; et nous venons avec une marchandise sans grande valeur. Donne-nous une pleine mesure, et fais-nous la charité. Certes, Allah récompense les charitables!»” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 88).

Ce verset commence par le terme “lorsque” qui, comme nous l’avons dit précédemment, exprime la succession rapide des événements. Leur situation n’était pas enviable et comme ils n’avaient pas de bons produits à échanger, ils étaient venus avec quelques uns de moindre qualité. Leur état psychologique n’était pas meilleur et Joseph avait voulu leur donner cette leçon. Ils voyageaient entre l’Égypte et la Palestine, avaient besoin de nourriture et leur père leur avait demandé de rechercher leurs frères. L’humilité, la faiblesse et le besoin apparaissaient dans la description de l’état de leur famille à Joseph et leur quête de charité.

Les savants nous conseillent de nous tenir ainsi humblement entre les mains d’Allah comme les frères de Joseph ont fait avec ce dernier.

Un autre nous conseille de ne pas désespérer et de nous maintenir devant la porte d’Allah même si nous en sommes évincés (comme par exemple ne pas sentir de la ferveur pendant la prière, elle finira par arriver),  de ne pas cesser d’implorer le pardon même si nous sommes rejetés, d’essayer de rentrer en intrus lorsque la porte s’ouvrira pour ceux qui seront acceptés et de tendre la main pour demander l’aumône et la charité. Nous devons avoir cette attitude avec Allah.

Joseph ne pouvait plus supporter de voir ses frères dans cet état (comparez avec ceux qui de nos jours ont du plaisir à voir les gens humiliés). Ayez de la compassion les uns envers les autres, unissez-vous, facilitez les choses aux autres et voyez ce que le Prophète (BP sur lui) dit : Le croyant est humble, doux et facile.”

Joseph dit à ses frères –ce qui peut être traduit par: Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorants? [injustes]». (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 89). Remarquez ce noble caractère   qui lui fit dire “ignorants” et non “injustes”.

Imaginez leur surprise  ? –ce qui peut être traduit par Ils dirent: «Est-ce que tu es... Certes, tu es Joseph!».” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 90). Joseph aurait pu se faire reconnaître à leur venue. Remarquez sa tendresse et sa douceur lorsqu’ils sont venus lui demander des provisions surtout en n’ayant à donner en échange qu’une marchandise d’humble qualité. D’après le même verset, il leur répondit –ce qui peut être traduit par: “«Je suis Joseph, et voici mon frère. Certes, Allah nous a favorisés. Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants».” Il ne leur adressa aucune réprimande ni reproche, ce qui leur arrivait était suffisant comme leçon. Remarquez également le terme “bienfaisants” qui fait partie d’une règle comme celle mentionnée précédemment de “Allah est Le seul Gardien” et “Allah est Le Garant”. Le bienfaisant est celui qui patiente et supporte l’oppression des autres et la règle dit  “Allah aime les bienfaisants qui craignent Allah et patientent”

Les frères de Joseph avaient fini par reconnaître leur mauvaise action et dirent –ce qui peut être traduit par: “ «Par Allah! Vraiment Allah t’a préféré à nous et nous avons été fautifs».” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 91). Le plan de Joseph pour la cure des cœurs avait réussi tout comme son plan de développement économique. Nous devons également remarquer la fermeté de ses principes.

La sourate Youssouf est remarquable par le fait que toutes ses histoires ont une fin heureuse. Nous rappelons celles :

-                                  De la femme du noble ministre qui s’est repentie.

-                                  Des femmes qui s’étaient coupées les mains également.

-                                  De l’échanson du roi qui a été sauvé.

-                                  De la nomination de Joseph comme grand responsable des affaires du pays.

-                                  De l’approvisionnement de tout le Moyen-Orient.

-                                  Du repentir des frères de Joseph.

-                                  Du retour des fils de Jacob.

Joseph a réussi dans toutes les épreuves et son histoire est réelle et non imaginaire.

Il avait ainsi répondu à ses frères, c’est-à-dire que nous pouvons l’imiter –ce qui peut être traduit par: “ «Pas de récrimination contre vous aujourd’hui! Qu’Allah vous pardonne. C’est Lui Le plus Miséricordieux des miséricordieux. ».” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 92). Il leur dit : plus de blâmes. Voyez quelle clémence, quel noble caractère, quel bon cœur, quelle compassion sans haine ni rancœur. Essayons de l’imiter.

L’histoire de Joseph me rappelle celle de Abou Soufiâne. Il avait fait la guerre au Prophète (BP sur lui) huit ans de suite, avait commandé la bataille de Ohod, celle de Al-Khandaq et montait les gens contre les Musulmans. Nous connaissons son attitude durant le traité de Al-Hodaïbiya avec le Prophète. Le jour de la victoire de la Mecque il craignait d’être tué et Al-‘Abbâs, l’oncle du Messager  lui conseilla de se livrer au Prophète (BP sur lui) pour se sauver. Il lui dit : “A ton arrivée, tu lui diras «Par Allah! Vraiment Allah t’a préféré à nous et nous avons été fautifs». Abou soufiâne s’en fut vers le Prophète qui lui demanda ce qui l’avait amené. Il répondit ce que Al-‘Abbas lui avait soufflé. Le Messager (BP sur lui) se tut un instant et ensuite répondit : «Pas de récrimination contre vous aujourd’hui! Qu’Allah vous pardonne. C’est Lui Le plus Miséricordieux des miséricordieux. ».”

Nous avons ensuite dans la sourate Youssouf ce verset –ce qui peut être traduit par: “  « Emportez ma tunique que voici, et appliquez-la sur le visage de mon père: il recouvrera [aussitôt] la vue. Et amenez-moi toute votre famille».” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 93)  Quelle est l’histoire de cette chemise, est-ce un symbole, est-ce la même qui a été mentionnée au début de la sourate ?  Nous ne le savons pas.

Ensuite –ce qui peut être traduit par: "Et dès que la caravane franchit la frontière [de Canâan], leur père dit: «Je décèle, certes, l’odeur de Joseph, même si vous dites que je radote» (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 94). Comment a-t-il su cela ?  Uniquement par pressentiment paternel. C’est comme la mère qui sent que son fils va tomber du lit et va le border et se rassurer. Ce sont des sentiments humains qui arrivent à tout le monde et nous pouvons avoir les mêmes que ceux de Jacob.

Après avoir vu les tourments et la consternation de Jacob, je vous dis : “ Ayez pitié de vos parents, vous n’avez pas besoin de vous perdre pour mesurer leur amour envers vous. Combien d’enfants vivent isolés et insouciants dans leur propre maison parmi leurs parents, quand ces derniers souhaitent les serrer dans leurs bras. Pourquoi cette cruauté et pourquoi chacun de nous se consacre à sa relation avec sa femme et ses enfants uniquement et ne pense à ses parents qu’une fois par semaine ? Ils se retrouvent au même état que celui de Jacob à sa perte de Joseph. Prenez soin d’eux, partagez vos soucis et vos joies avec eux, dites-leur un mot doux, faites-leur un petit présent.

Ce ne sont pas les frères de Joseph qui disent à Jacob –ce qui peut être traduit par: “ «Par Allah te voilà bien dans ton ancien égarement»”, (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 95), mais d’autres membres de sa famille.

Puis quand arriva le porteur de bonne annonce, il l’appliqua [la tunique] sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvra [aussitôt] la vue, et dit: «Ne vous ai-je pas dit que je sais, par Allah, ce que vous ne savez pas?» (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 96).

“ Ils dirent: «Ô notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs». (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 97). Les voilà qui avouent leur faute.

Jacob dit –ce qui peut être traduit par: «J’implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur. Car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux».” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 98).

Les exégètes disent que ce verset exprimait un reste de tristesse dans son cœur ou bien leur mauvaise action nécessitait une imploration tellement importante qu’il attendait la nuit pour le faire à l’heure où elle sera le mieux acceptée.

Ensuite –ce qui peut être traduit par: “Lorsqu’ils s’introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère, et leur dit: «Entrez en Egypte, en toute sécurité, si Allah le veut! (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 99). Le terme  “accueillit” qui, comme nous l’avons dit précédemment peut signifier se “blottir” ou “prendre dans les bras” résume dans ce verset toute la rencontre avec sa joie et ses larmes. Le terme “lorsque” y est venu également pour exprimer l’impatience et la hâte de Jacob à voir son fils après quarante ans d’absence. Il a retrouvé sa vue et la famille se trouve réunie dans l’amour et l’entente. Quelle rencontre après une si longue absence.

Puis –ce qui peut être traduit par : Et il éleva ses parents sur le trône, et tous tombèrent devant lui, prosternés. Et il dit: «Ô mon père, voilà l’interprétation de mon rêve de jadis. Allah l’a bel et bien réalisé...» (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 100) , l’ancien rêve de Joseph: Quand Joseph dit à son père: «Ô mon père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi».” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 4) La sourate avait commencé par le récit d’un rêve et se termine avec sa réalisation.

Allah récompense la patience et le moindre effort, rien n’est vain pour Lui. Il veut nous faire comprendre que, pour les patients qui mettent leur confiance en Lui, l’important sera le dénouement malgré toutes les épreuves et les malheurs qui peuvent survenir. Le Prophète (BP sur lui) disait à ‘Abdillâh ibn Al-‘Abbâs dans le hadith mentionné plus haut : Jeune homme, garde Allah (exalté soit-Il), il te gardera. Garde Allah, tu Le trouveras de ton côté.”

Nous avons ensuite dans le même verset –ce qui peut être traduit par: Et Il m’a certainement fait du bien quand Il m’a fait sortir de prison et qu’Il vous a fait venir de la campagne, [du désert], après que le Diable ait suscité la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu’Il veut. Et c’est Lui l’Omniscient, le Sage.” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 100).

Joseph a mentionné la prison et non le puits, bien que cette dernière expérience soit plus dure. Il n’a pas voulu, avec sa délicatesse, heurter les sentiments de ses frères durant cette  belle rencontre. Il dit également “du désert” pour ne pas rappeler la famine qui les avait amenés en Égypte.

Joseph choisit toujours ses paroles, pouvons-nous l’imiter ?

‘Omar ibn Al-Khattâb disait : “Par Allah, je n’aime rien dans ce monde autant que m’asseoir avec des personnes qui choisissent leurs mots comme on choisit les fruits."

Observons ensuite le verset et voyons comment Joseph voulut porter une part de la faute et dit que c’était le Diable qui avait suscité la discorde entre lui et ses frères. Il n’avait aucune responsabilité pour ce qui s’était passé, mais son noble caractère lui fit dire ainsi.

Il acceptait toujours paisiblement les travers du destin et nous le voyons dire à la fin du verset : Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu’Il veut”.

Avec le verset 101, nous ressentons qu’il se retire en lui-même tout plein d’humilité, de résignation et de modestie entre les mains d’Allah. Il y dit –ce qui peut être traduit par: Ô mon Seigneur, Tu m’as donné du pouvoir et m’as enseigné l’interprétation des rêves. [C’est Toi Le] Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon patron, ici-bas et dans l’au-delà. Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais moi rejoindre les vertueux.” (TSC, Yoûsouf (JOSEPH) : 101)

Voyez la façon de Joseph d’adorer Allah. Il Le respecte, a confiance en Lui et n’a recours à personne d’autre que Lui. Il dit : “Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais moi rejoindre les vertueux. Ceux qui l’ont précédés et qu’il veut rejoindre.

Nous est-il possible après cette sourate de penser que nous pouvons avoir un autre patron qu’Allah, L’aimons-nous mieux, avons-nous plus confiance en Lui  ? Celui qui lit cette sourate et ne ressent pas cela est comme celui qui ne l’a pas lue.

Les versets de 102 à 111  sont un commentaire de la sourate. Ils incitent à la patience et assurent que la victoire sera pour les Musulmans quelle que soit la durée du temps. Nous y lisons ces mots –ce qui peut être traduit par: Quand les messagers faillirent perdre espoir (et que leurs adeptes) eurent pensé qu’ils étaient dupés voilà que vint à eux Notre secours.” (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 110) Mais comment, après avoir su ce qui était arrivé à Joseph…

Et un autre sens –ce qui peut être traduit par: «Voici ma voie, j’appelle les gens à [la religion] d’Allah, moi et ceux qui me suivent, nous basant sur une preuve évidente. (TSC, Youssouf (JOSEPH) : 108) C’est ainsi que Joseph a vécu en professant la foi vers Allah.



[i] Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du noble Coran