07 décembre 2006
L’histoire de Youssouf : Introduction
L’histoire de Youssouf : Introduction
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et que les bénédictions et la paix d'Allah soient sur le plus noble des messagers, notre prophète Mohammed. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions. Celui à qui Allah montre le bon chemin est guidé et celui qui s'égare n'a ni maître ni conseiller.
Nous aborderons aujourd’hui l’histoire de Joseph (Youssouf) (que la paix soit sur lui) tirée du Noble Coran. Nous devons être attentif au fait que c’est nous qui sommes désignés par chaque terme du Coran où nous trouvons le remède à nos coeurs. Dans la sourate de Joseph, chacun d’entre nous trouvera un des problèmes de sa vie, alors faisons que notre intention de la lecture de cette sourate et du Coran soit la guérison de tous nos maux. Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants» (TSC[i], Al-Isra’ (le voyage nocturne) : 82). C’est le remède de la détresse, la vanité et la dureté du cœur.
En fait, le terme “guérison” n’a été cité dans le Coran que deux fois: une fois en parlant du miel et la deuxième en parlant du Coran. Le miel guérit le corps mais le Coran guérit les coeurs et les âmes. Il faut que chacun d’entre nous soit sûr que seul le Coran guérit nos coeurs. Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “… Et nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé explicite de toute chose…» (TSC, An-Nahl (les abeilles) : 89).
Une fois, je rendais visite à un homme et je lui racontais quelques problèmes espérant qu’il me proposerait une solution; mais il avait ouvert le Coran et il a dit en le feuilletant : “je pense que la solution du problème est dans ce verset.”
La sourate de Joseph est une des sourates qui guérit le plus les coeurs. C’est une sourate mecquoise précédée par la Sourate Hoûd. Elle a été révélée au Prophète pendant l’année du chagrin après la mort de son oncle Abou Taleb et celle de sa femme Khadîdja, la recrudescence des préjudices contre lui et son exposition à des complots. A ce moment, la sourate de Joseph a été révélée pour consoler le Prophète (BP sur lui) qui a subi la nuisance de ses proches, tandis que Joseph a subi celle de ses frères. Le Prophète (BP sur lui) a été chassé de son pays et Joseph l’a été lui aussi mais Allah l’a secouru et l’a honoré. Tout ce que tu as subi, le prophète Joseph (Paix sur lui) l’a subi de même. Cette Sourate vient alors pour égayer le Prophète et les croyants jusqu’au jour de résurrection. Le Prophète (BP sur lui) dit : “ Tout affligé qui lit la sourate de Joseph, Allah le rend gai”. C’est la sourate des attristés, des fatigués, sentant la solitude, la mélancolie et les opprimés. ‘Omar Ibn Al-Khattab pleurait à la lecture de cette sourate, il y sentait une forte interaction.
Aujourd’hui, nous traiterons uniquement cinq versets de la sourate, accordons-nous que lorsque nous terminerons l’histoire, nous finirons également de les apprendre par cœur. Avec l’apprentissage nous appliquons ce qui s’y trouve. On rapporte que ‘Omar Ibn Al-Khattab avait appris la sourate de la Vache en trois ans, et dans une autre version en une seule année, et ce parce qu’il n’étudiait un verset que lorsqu’il avait appliqué celui qui le précède. Ainsi, il a appris la science et le travail. Mettons-nous d’accord d’appliquer ce que nous étudions.
En dépit des épreuves que contient la sourate de Joseph, celle-ci égaye son lecteur et le rend heureux. Bien que nous connaissions la fin de l’histoire de Joseph, nous ne nous ennuyons point en la lisant. On se lasse vite si on voit un film plusieurs fois, pourtant on lit la sourate de Joseph des centaines de fois, et on n’en éprouve aucun ennui. C’est l’un des miracles du Coran; contrairement aux chansons, aux films, aux livres, la répétition cause l’ennui. Le Coran, en revanche ne le cause pas.
La sourate de Joseph est emplie d’événements qui ne s’accordent pas avec notre logique : l’amour du père provoque la haine des frères. Joseph fût jeté dans le puits. Cet événement, bien qu’il soit un mal à nos yeux, lui a permis d’arriver en Egypte. Son emprisonnement, qui ne semble qu’une rude épreuve, a fait de lui le ‘Azize d’Egypte[ii] . Nous concluons de tout ce qui précède que nous devons nous en remettre à Allah, et c’est cette idée que nous allons renforcer tout au long de l’explication de la sourate.
La sourate de Joseph déborde également d’épreuves et de tentations, nous citons entre autres:
1. La rancune qu’éprouvent ses frères à son égard.
2. La séparation de ses parents.
3. Le fait d’être jeté dans le puits et l’éloignement de son père.
4. L’épreuve de l’esclavage et de la servitude.
5. Le désir et la séduction des femmes de la ville.
6. L’épreuve de la prison.
7. L’épreuve d’être attaqué dans l’honneur.
8. L’épreuve de la prospérité et l’argent.
9. L’épreuve du pardon.
10. L’épreuve du passage d’une épreuve à une autre sans répit ce qui peut mener à une perturbation psychologique (passer de l’amour de son père au puits).
Nous détaillerons le reste des épreuves ci-après. Cependant, essayons de les comparer aux nôtres. Si nous passions par les mêmes épreuves, nous sombrerions sans doute dans la déprime, et nous serions dans l’incapacité de continuer notre vie. Peut être serions-nous animés par un désir de vengeance et continuerions-nous la vie souffrant de troubles psychologiques. Nous pouvons être exposés à des épreuves pareilles à celles qu’a subies Joseph, mais comment y résister?
Dans un hadith rapporté par Mouslim: « Un jour que nous étions chez ‘Omar (A sur lui) il nous demanda : “Lequel d’entre vous a entendu le Messager d’Allah (BP sur lui) parler des épreuves ?” Quelques-uns répondirent : “Nous l’avons entendu.” –Il se peut répliqua-t-il que vous voulez dire l’épreuve de l’homme dans sa famille et son voisin.” Ils répliquèrent par l’affirmatif. Les péchés issus de ce type d’épreuves peuvent être expiés par la prière, le jeûne et l’aumône. Mais qui a entendu le Prophète (BP sur lui) parler des épreuves (nombreuses et répandues) qui s’agitent telles les ondes de la mer ?” Houdhaïfa poursuivit : Les hommes gardèrent le silence tandis que je lui répondis : “Moi (l’ai entendu).” –Toi ? Dis ‘Omar qu’Allah garde ton père !” Houdhaïfa dit alors: J’ai entendu le Messager d’Allah (BP sur lui) dire : “ Les épreuves troublantes seront exposées au cœur (des croyants) et les biens le marqueront comme les traces que laissent les joncs de la natte sur le flanc du dormeur. Tout cœur qui en sera passionnément épris, sera marqué d’un point noir, et tout cœur qui les repoussera, sera marqué d’un point blanc. De sorte qu’à ces épreuves deux cœurs feront face : “le premier au point blanc sera comparable au rocher (inébranlable et lisse) ; aucune épreuve ne lui nuira donc jamais aussi longtemps que dureront le ciel et la terre, tandis que l’autre au point noir deviendra presque grisâtre et sera comparable à une gargoulette renversée, incapable de distinguer le convenable du blâmable tant que ni l’un ni l’autre ne correspond à ses propres désirs.”
Et je lui ai dit : “Il y a entre elle et toi une porte qui sera bientôt cassée.” ‘Omar dit : “ Cassée ! Si elle était ouverte elle aurait pu être réparée.” Je lui ai dit ‘non, elle sera cassée’. Je lui ai dit que cette porte c’était un homme qui devait mourir ou être tué »
Nous arrivons à l’importance de la patience dont Joseph a fait preuve, cette patience se présente sous trois formes :
· Patience à l’égard des péchés
· Patience à l’égard des obéissances
· Patience à l’égard des épreuves
La patience à l’égard des obéissances s’avère quand il a obtenu l’argent et l’a dépensé dans l’obéissance d’Allah, et quand il a patienté en pardonnant à ses frères. Il a patienté à l’égard des épreuves qu’il a subies.
Ainsi une question se pose: quelle patience Allah aime-Il le plus: est-ce la patience à l’égard de la prison, ou bien celle à l’égard de la séduction de la femme du ‘Azize ? En d’autres termes, qu’est ce que Allah préfère le plus: la patience à l’égard des épreuves (la prison) ou bien la patience à l’égard des péchés (la séduction)?
La patience à l’égard des péchés est la préférable car elle est volontaire. Quant à l’épreuve, elle aura lieu et nous n’y avons pas de choix, nous devons donc la compléter par la patience. Mais la patience à l’égard des péchés fait appel à la volonté, c’est pourquoi Allah l’aime le plus.
Autre question: Allah préfère-t-Il le plus la patience à l’égard de l’épreuve de prison ou celle du puits? La réponse est la prison. Allah (exalté soit-Il) dit- ce qui peut être traduit comme : “Il dit: “Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent…… » (TSC, Youssouf (Joseph) : 33). C’est Joseph qui a choisi la prison, mais il ne pouvait rien à l’égard de l’épreuve du puits.
Une troisième question : laquelle des patiences est la meilleure: celle à l’égard de la séduction de la femme du ‘Azize ou celle à l’égard de la tentation de l’argent ? Quel genre Allah préfère le plus: la patience à l’égard des péchés ou des obéissances?
Certains savants ont dit que la patience à l’égard des péchés est l’une des obéissances les plus préférées d’Allah, l’obéissance est instinctive dans l’Homme, en l’appliquant, elle lui procure la joie; quant à la résistance aux péchés et les désirs de l’âme, ils sont difficiles à contrôler. Peu de savants ont dit que la patience à l’égard des obéissances est préférable pour Allah ; si quelqu’un applique les obéissances en commettant tous les péchés et un autre ne commet aucun péché et n’a pas obéi à Allah ; le meilleur est celui qui a obéi et a commis des péchés car il a connu la raison de son existence, tandis que l’autre ne l’a pas connue. En outre, si quelqu’un fait autant de fautes que de péchés, la miséricorde d’Allah intervient pour précéder à sa colère : Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “ma miséricorde est préalable à ma colère». Ainsi la patience que Allah préfère est celle à l’égard des obéissances
Si nous classons les catégories de patience selon la perfection, nous trouverons :
1. La patience à l’égard des obéissances
2. La patience à l’égard des péchés
3. La patience à l’égard des épreuves
La patience est une adoration d’Allah. En fait il existe deux adorations: celle dans la prospérité, soit la reconnaissance et celle dans la détresse, soit la patience. Celui qui ne retourne pas à Allah dans la détresse par la patience ne saura jamais la morale qu’Allah a mise dans l’épreuve. La plus belle adoration est celle que tu pratiques au moment de la détresse.
Cette dernière te mène à te sentir proche d’Allah. Tu sens la beauté de l’adoration que tu ne peux sentir dans la prospérité. Dans la détresse, la patience et l’invocation d’Allah constituent la meilleure des pratiques ; c’est ce que nous apprend la sourate de Joseph.
Ouvrons alors le Coran sur la sourate de Joseph, elle commence par “Alif, Lām, Rā”[iii] . Allah nous dit que ces lettres qui reviennent dans plusieurs sourates sont les lettres de votre langue et d’où émane le miracle du Coran. De ces lettres est venu le Coran qui sera lu jusqu’au jour de la résurrection.
Une histoire me vient à l’esprit pour vous montrer le caractère inimitable du noble coran. Un professeur de Droit dans l’une des plus grandes universités des Etats Unis, et écrivain de grands ouvrages sur les droits de succession, avait un étudiant musulman qui lui a dit un jour qu’il était surpris de savoir que les droits de succession sont cités chez les musulmans dans trois versets coraniques alors que chez les américains, ils font l’objet de gigantesques ouvrages. Le professeur s’étonna. L’étudiant lui a dit qu’il pouvait lui donner la traduction de ces versets pour qu’il puisse les lire. Une semaine après, le professeur demanda à son étudiant comment il pourrait se convertir à l’Islam et il a prononcé les deux témoignages de foi: “point de divinité à part Allah, Mohammed (BP sur lui) est Son envoyé”.
Ces termes constituent le caractère inimitable continuel du Coran. Revenons au verset où Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “tels sont les versets du livre explicite» (TSC, Youssouf (Joseph) : 1). Le terme « explicite » signifie que le Coran a un caractère inimitable. Mais qu’est ce qui fait que ce dernier soit un miracle, le miracle du Prophète (BP sur lui).
Le miracle du Coran:
1. Un miracle rhétorique: qui se manifeste dans ses termes
2. Un miracle scientifique: qui se présente par des théories scientifiques qu’on découvre récemment tandis que le Coran les a révélées depuis 1400 ans.
3. Un miracle objectif : celui qui applique les règles incluses dans le Coran est celui qui dirigera la vie, et Allah l’honore, la preuve en est :
· Observons l’état des compagnons avant et après l’Islam; un compagnon qui adorait un idole. Quand il voyage il le porte, devenant lourd, il le jette et cherche d’autres pierres pour en construire un autre quand il revient. ‘Omar Ibn Al-Khattab disait qu’il adorait une pâte de dattes et une fois il avait faim il la mangeait. Après l’Islam, ces mêmes compagnons, qui tuaient leurs filles vivantes, sont ceux qui ont dirigé le monde.
· Nous aussi, nous sommes un exemple de ce miracle scientifique, celui qui est accaparé par les péchés et s’éloigne de la voie d’Allah et de Son Coran, change complètement quand il recourt au repentir et retourne au modèle coranique comme s’il était devenu une autre personne après le retour vers Allah.
Le miracle de Moïse était son bâton, et celui de Jésus était de faire revivre les morts. Cependant, tous ces miracles sont terminés avec la mort de Moïse et Jésus, mais le miracle de Mohammed, le dernier des prophètes, demeure en nous si nous appliquons les enseignements du Coran jusqu’au jour de la résurrection.
Craignons alors Allah afin que nous soyons le miracle du Noble Coran. Tenons à être des preuves de son caractère inimitable. Réussissons donc pour devenir un miracle et donner le bon exemple pour les autres.
Dans le verset suivant, Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “ Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez» (TSC, Youssouf (Joseph) : 2).
La langue des habitants du paradis est la langue arabe, elle est également la langue d’Adam (que la paix soit sur lui) et des anges.
Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Nous te racontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce Coran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)» (TSC, Youssouf (Joseph) : 3).
Ce verset a été révélé lorsque les compagnons du Prophète sont venus lui demander de leur raconter quelques récits. Ainsi nous apprenons l’importance des récits dans l’apprentissage des hommes et également les méthodes pour appeler les gens vers la voie d’Allah. Aidons alors les hommes par les moyens tendres qu’ils aiment.
Nous remarquons également que cette sourate constitue le premier récit coranique complet qui fut révélé au Prophète (BP sur lui). Or, le récit se présente dans le Coran sous plusieurs formes : certains versets racontent des extraits de divers récits, cette variation nous aide à apprendre.
A ce propos, un professeur de lettres dans l’une des plus grandes universités arabes déclare que depuis 30 ans il faisait des études sur le roman, mais quand il a lu sérieusement le Coran, il a senti que les 30 ans d’études qu’il a faits existent dans ce noble livre; la nouvelle est représentée dans l’histoire d’Abraham et du sacrifice. Un autre récit d’une seule scène est représenté dans le dialogue entre Moïse et le Pharaon. Il dit de même qu’il a trouvé un monologue dans la discussion d’Abraham. Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “lorsqu’ ensuite il observa la lune se levant, il dit: “Voilà mon Seigneur!” » (TSC, Al-An’am (les bestiaux) : 77). Ce professeur a de même trouvé que l’histoire de Joseph contient tous les éléments et la trame du roman.
Mais pourquoi l’histoire de Joseph (que la paix soit sur lui) est-elle considérée comme le meilleur des récits?
1. Elle comporte toutes les morales dont un musulman peut avoir besoin dans sa vie d’ici-bas et celle de l’au-delà. C’est le meilleur récit où tu peux trouver toutes les sciences: l’économie, le commerce, l’interprétation des songes, l’administration, la planification, l’analyse, la psychanalyse, les valeurs, la morale .
2. C’est le seul récit du monde où tous les caractères ont connu une fin heureuse: Joseph est enfin heureux, Jacob a retrouvé son fils et sa vue, ses fils se sont réconciliés, la femme du ‘Azize avoue sa faute, le roi est enfin heureux, même si sa joie d’avoir sauver son pays est temporaire.
Ensuite, Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : « grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce Coran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)» (TSC, Youssouf (Joseph) : 3)
3. Ceci signifie que c’était la première fois qu’il connaissait cette histoire avant d’être révélée. Sans la révélation, le Prophète (BP sur lui) n’aurait pas connu cette histoire.
Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Quand Joseph dit à son père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi » (TSC, Youssouf (Joseph) : 4). Ainsi le récit commence par un songe et se termine par une explication de ce songe, c’est pourquoi Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “ Ô mon père, voilà l’interprétation de mon rêve de jadis … » (TSC, Youssouf (Joseph) : 100). Il s’agit alors d’un des éléments de suspens employé dans le récit.
Il est à noter que le nom “Youssouf” est issu du radical “Assaf” venant également de “Ta’assof”[iv], ce qui signifie que le prophète Youssouf implorait sans cesse le pardon d’Allah, lui, Joseph, fils de Jacob fils d’Isaac fils d’Abraham que la paix soit sur lui. Il est donc prophète, son père et son grand-père le sont aussi, le père de son grand père était l’ami privilégié d’Allah. Il est donc noble et fils d’un noble, petit fils d’un noble, mais il a subi toutes sortes de préjudices. Quand on a demandé au Prophète Mohammad (BP sur lui) qui était la personne la plus noble, il a dit: “c’est la personne qui craint Allah le plus”, les gens lui ont dit que ce n’est pas à ce propos qu’ils posaient la question, le Prophète (BP sur lui) répondit : “Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac fils d’Abraham, il est alors prophète fils de prophète, fils de prophète fils de l’ami privilégié d’Allah.”
Un jour ‘Omar Ibn Al-Khattab passa devant un homme qui disait à un autre : “connais-tu qui je suis? Je suis tel, fils de tel et de tel …” Ils étaient tous parmi les hypocrites et les infidèles, mais ils étaient riches. Alors ‘Omar lui a dit : “ As-tu entendu parler de Joseph?”, Il a dit : “oui”. Omar a dit : “Connais-tu qui est son père? Il est prophète, fils de prophète et petit fils de prophète, toi tu es malfaiteur et fils de malfaiteurs, tu seras toi et ta famille en Enfer, le jour de la résurrection.”
Jacob avait onze (11) fils d’une épouse, Joseph et Benjamin d’une autre; à ce propos, Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi » (TSC, Youssouf (Joseph) : 4). L’expression coranique désigne ici la mère par la lune et le père par le soleil, soit la forte lumière, la force, la science ; quant à la mère elle symbolise la tendresse alors sa lumière doit être douce.
Il a dit: “ mon père” [v] pour désigner la relation privée entre lui et son père, afin de montrer que ce fils avait un songe sublime et craignait que personne ne l’entende.
Dans le verset suivant, Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Ô mon fils, dit-il, ne raconte pas ta vision à tes frères… » (TSC, Youssouf (Joseph) : 5).
A ce point, il est clair que Jacob savait l’interprétation de ce songe, il a hérité cette capacité d’interpréter les songes de son grand-père Abraham et l’a transmise à son fils Joseph. Pourtant il n’a pas dévoilé l’interprétation à son fils pour le laisser subir le destin du Seigneur, il avait peur que son fils dépende d’un songe en attendant le résultat. C’est ainsi qu’apparaît la sagesse d’Allah lorsque Il a fait que le nombre d’interprètes de songes soit minime pour ne pas dépendre de ce qu’ils disent et ne pas travailler. Pendant l’ère du Prophète (BP sur lui), il interprétait lui même les songes, ainsi que Abou Bakr qui était un des hommes qui interprétaient le plus les songes. Avant l’Islam, Khaled Ibn Al Walid a vu qu’il était sur une terre étroite et qu’il est sorti vers une autre plus vaste ; l’interprétation d’Abou Bakr était que cette transition désignait le passage de la non croyance à l’Islam.
Le Prophète (BP sur lui) avait un songe très connu à propos de l’Expédition de “Ohod”, il a vu des vaches abattues, la pointe de son épée cassée et ses mains protégées par un fort bouclier. L’interprétation du Prophète était que ses compagnons allaient être abattus, la pointe de l’épée signifiait la mort d’un de ses parents en tant que martyr dans le combat et le bouclier, c’était Médine. Ce songe constitue un des songes les plus connus du Prophète.
Ibn Sirine était parmi les savants de la Oumma qui a brillé en matière d’interprétation des songes. Un homme vint lui dire qu’il se voyait appelant à la prière. Il était obéissant à Allah, alors Ibn Sirine lui dit qu’il ferait le pèlerinage cette année là. Un autre, désobéissant, lui a raconté le même songe, il lui a dit qu’il serait déshonoré entre les siens. Dans l’interprétation du premier songe, il s’était inspiré d’un verset du Coran où Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Et fais aux gens une annonce pour le Hajj [vi]» (TSC, Al Hajj (le pèlerinage) :27). Et pour ce qui est du désobéissant, il s’était inspiré du verset où Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “…Ensuite un crieur annonça: “Caravaniers! Vous êtes des voleurs” » (TSC, Youssouf (Joseph) : 70). Cette science trouve ses outils dans le Coran et la Sunna et exige une présence d’esprit ainsi qu’une forte intelligence.
En expliquant le segment ‘…ne raconte pas ta vision…’, nous arrivons à la différence entre la vision qui signifie : ce que les yeux voient à l’éveil, et la vision du songe que l’on voit en dormant et qu’il faut cacher. Oui, si tu crains la ruse, l’envie et la reproche, il faut cacher ta vision de songe : Allah (exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : “Et quand au bienfait de ton Seigneur, proclame-le» (TSC, Ad-Doha (le jour montant) : 11). L’origine est de proclamer la vision du songe mais sans détails de peur qu’un ennemi n’use de sa ruse contre toi. Nous constatons ainsi que toute personne peut avoir une vision de songe : les dévoués et les non croyants (le songe d’Ibn Al Walid avant sa conversion à l’Islam), le grand et le petit.
Le Prophète (BP sur lui) a dit : “Il ne reste des prémices de prophétie après moi que le bon songe”, et il dit également : “Le bon songe est une part de 46 parts de la prophétie”. La mission du Prophète a duré 23 ans, elle a commencé par des songes qui ont duré presque 6 mois; six mois de 23 ans constituent une part des 46 parts. Dans un autre hadith : “le bon songe est une part de 50 parts de la prophétie” et dans un autre elle constitue “une part de 70 parts” et également “une part de 40 parts”. Le degré de bienfaisance accroît ta part de la prophétie.
Un bon songe ne doit pas être rejeté, il se réalise, mais je vous mets en garde de le prendre comme base pour une loi religieuse. Le Prophète avait vu ses mains protégées par un fort bouclier, ce qui signifiait qu’il fallait rester à Médine, mais il existe une loi religieuse qui stipule la consultation. Après la consultation, l’avis était de sortir de Médine, le Prophète a alors donné la priorité à la consultation. Une loi religieuse ne peut jamais se fonder sur un songe.
Un événement très connu a eu lieu en 1978, lorsqu’un groupe de jeunes ont occupé par force le Haram à la Mecque. A cause de cela, la prière s’y est arrêtée, ce qui a obligé la police de les tuer. La raison de leur acte était qu’ils avaient tous eu un même songe: l’un d’eux est le Mahdi attendu et ils doivent occuper la Ka’ba. C’est pourquoi nous disons que le songe ne doit pas être pris pour une base de loi religieuse.
Quelle est la différence entre le songe, le rêve et les tours du démon ?
Le Prophète (BP sur lui) a dit qu’il existe trois catégories de songes : les épouvantes du démon pour chagriner l’homme, les songes en relation avec la vie quotidienne et enfin, ceux constituants une part de la prophétie. Tu peux par exemple, voir des choses étranges et irréelles comme tomber pour te transformer en poussins ou pigeons, ce sont alors des songes qui effraient. Al-Boukhari a dit qu’il voyait dans ses rêves les terreurs du démon et devenait malade pendant des jours jusqu’au jour où il entendit le récit d’Abou Qatada disant qu’il voyait en songes des terreurs du démon et devenait malade; alors il a raconté ceci au Prophète qui lui affirma : “Le bon songe provient d’Allah, et si vous voyez quelque chose qui vous plaît racontez-la aux personnes que vous aimez. Et si quelqu’un d’entre vous voit quelque chose qu’il n’aime pas, qu’il ne la raconte à personne et qu’il crache trois fois à sa gauche et se tourne vers l’autre côté, ce songe ne lui nuira pas.” Dans une autre version : “Il n’aura lieu que s’il en parle à quelqu’un .”
Les règles à tenir vis-à-vis des songes :
1. Le songe est vu par l’adulte et l’enfant, l’obéissant et le désobéissant, il se réalise s’il n’y a pas de contradiction avec les lois religieuses.
2. Si vous voyez quelque chose qui vous plaît, racontez-la à ceux que vous aimez, et si vous voyez ce que vous n’aimez pas, ne le racontez à personne, crachez à votre gauche et tournez-vous sur votre droite.
3. Si vous voyez quelque chose qui implique une interprétation, cherchez un homme obéissant, connaissant, qui craint Allah pour l’interpréter.
Un homme est venu voir Ibn Sirine et lui a dit qu’il avait vu toutes ses dents tomber, un homme lui avait interprété ce songe en disant que tous ses parents mourront. Alors il s’est rendu chez Ibn Sirine chercher une autre interprétation. Ce dernier lui a dit qu’il vivra longtemps et qu’il sera le dernier de sa famille qui trouvera la mort, d’où apparaît la différence entre la bonne annonce et la répugnance.
Un enfant a vu le démon se présenter à un grand nombre de personnes leur disant qu’Allah vous a permis ce qu’il a prohibé. Le petit enfant a dit : “Tu es menteur. Non je jure qu’Allah n’a pas dit ceci”. Le démon répondit “Alors on fait une course, si je te dépasse ces gens doivent me croire et si tu me dépasses, ils doivent te croire.” L’enfant l’a dépassé ; cet enfant est devenu un des grands savants de l’Islam. Ne demandez pas donc l’interprétation de toute chose, laissez-la à Allah, à Lui toute gloire, Seigneur de l’Univers.
Mettons nous donc d’accord pour apprendre cette partie de la sourate. La prochaine partie abordera la ruse à laquelle les frères de Joseph ont eu recours à son encontre.
[i] - TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint Coran.
[ii] Al-Azize: titre de noblesse donné par le roi d’Egypte à cette époque à un grand fonctionnaire ou ministre.
[iii] - Les sourates 2, 3, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 19, 20, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 36, 38, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 50 et 68 commencent non pas par des mots, mais par des lettres de l’alphabet, détachées en n’ayant pas de sens particulier. Le Prophète lui-même ne semble pas avoir précisé leur signification, d’où d’innombrables interprétations suggérées par les commentateurs anciens et modernes. Laissons-les alors telles quelles
[iv] Note de la traduction : le terme “Assaf” signifie demander le pardon ou bien regretter, “ta’assof” est une autre forme du terme, ayant le même radical qui signifie demander pardon ou être désolé.
[v] - dans le terme arabe la lettre "ى" suffixée au aubstantif "أبت" a été omise pour désigner le rapprochement entre le père et le fils.
[vi] - le Hajj: le pèlerinage à la Mecque.
L’histoire de Youssouf : A2
L’histoire de Youssouf : A2
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et que les bénédictions et la paix d'Allah soient sur le plus noble des messagers, notre prophète Mohammed. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions. Celui à qui Allah montre le bon chemin est guidé et celui qui s'égare n'a ni maître ni conseiller.
Nous nous sommes entendus lors de la dernière conférence pour retenir tous les versets dont nous expliquons les sens, et nous avons expliqué les sens de quatre versets. Croyez-moi, il y a une grande différence lorsqu’on apprend une sourate après en avoir expliqué les sens. Durant cette conférence, nous extrairons plusieurs éléments de chaque verset. Ecoutez ce verset : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. » (TSC[i],‘ Al-'Anfâl’ (Le Butin) : verset 2). Seriez-vous parmi ceux qui sont cités dans le verset, lorsque vous sont récités les versets d’Allah, votre foi s’accroît-t-elle ? Ou est-ce qu’il n’y a aucune différence, ou encore votre foi faiblit-elle ? Je vous rappellerai ce verset à la fin de la conférence pour voir la différence.
Revenons à présent aux versets de la sourate ‘Youssouf’ et à son exégèse. Nous nous sommes arrêtés la dernière fois au niveau du verset où Allah -exalté soit-Il- dit -ce qui peut être traduit par : « Quand Joseph dit à son père: «Ô mon père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi» (TSC, ‘Youssouf’, (Joseph) : 4). Comme nous l’avons mentionné, Joseph était très aimé de son père. Joseph avait onze frères qui étaient tous ses demi-frères. A l’exception de Benyamin (Benjamin), tous avaient une autre mère ; Joseph et son frère Benjamin étaient les deux petits derniers de Ya’coub (le prophète Jacob).
Les dix autres frères étaient un groupe fort, ils s’entendaient bien, ils étaient très attachés les uns aux autres et travaillaient ensemble, tandis que les deux petits derniers étaient encore jeunes et ne pouvaient pas travailler. Comme nous l’avons déjà évoqué, les évènements de cette histoire ont cours dans le sud de la Palestine et l’histoire se terminera en Egypte. A l’époque, l’âge du jeune Joseph ne dépassait pas les douze ans, et la plupart de ce qui a été rapporté à ce sujet montre qu’à cette époque-là et au moment où il fut jeté dans le puits, son âge ne dépassait pas douze ans.
Une relation forte entre Joseph et son père :
«Quand Joseph dit à son père : « Ô mon père… » » (TSC, ‘Youssouf’, (Joseph) : 4), comme nous l’avons déjà dit lors de la conférence précédente, le terme ‘Ô mon père’ (en arabe ‘ya abatah’) avec le phonétique « ah » à la fin (fatha ou madd) aurait signifié qu’il parlait à haute voix, tandis qu’avec le phonétique « i » (kassra), comme dans le verset, il montre qu’il parlait à son père en privé. Remarquez la magnificence du Coran, la différence entre le « i » et le « ah » nous oriente sur la façon avec laquelle Joseph s’adressait à son père.
« Quand Joseph dit à son père: «Ô mon père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi », «Ô mon fils, dit-il, ne raconte pas ta vision à tes frères car ils monteraient un complot contre toi; le Diable est certainement pour l’homme un ennemi déclaré».» (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 4 et 5).
Cherchons le sens de ces deux versets et tirons-en les bons enseignements. Nous dégageons plusieurs éléments intéressants, le premier étant l’illustration de la forte relation entre le père et le fils.
De nos jours, la relation père enfant n’est pas aussi forte ; si par exemple je demande aux jeunes à qui ils auraient raconté une telle vision, la plupart d’entre eux auraient certainement répondu qu’ils la raconteraient à leurs amis s’ils en perçoivent l’importance ou encore à leurs frères ou sœurs. Joseph, quant à lui, a raconté sa vision à son père en premier et non à sa mère, parce qu’il avait besoin de la sagesse du père. C’est une attitude qui nous fait défaut. Les jeunes souffrent souvent de manque d’intérêt du côté paternel, non pas parce que le père est ignorant, loin de là, mais parce qu’il ne s’intéresserait pas aux affaires de ses enfants. Ou qu’il serait absorbé par le travail quotidien ou serait en voyage et qu’il aurait quitté le pays pour assurer un confort matériel à son fils sans penser à développer l’esprit de ce dernier. Ou encore parce qu’il serait peu attentif à son fils car trop absorbé par les sorties avec ses amis… Le problème pourrait également provenir du fils lui-même quand il ne donne pas à son père l'opportunité de l’écouter. Il s’agit là d’un défaut chez beaucoup de jeunes de nos jours.
Le problème du dialogue entre les jeunes et les parents :
De nos jours, les jeunes sont repliés sur eux-mêmes et ne se préoccupent que d’eux-mêmes et de leurs amis; Ils rejettent leurs parents et ces derniers en éprouvent une grande tristesse.
Sachez que le problème n’est pas anodin, et je voudrais que chacun d’entre nous prenne conscience d’une chose : tout au long des explications que nous donnerons de cette histoire, nous tirerons des milliers de leçons. Il serait judicieux de les exploiter et de ne pas se limiter à la réception passive. Mon vœu est que chacun mette en œuvre les enseignements qu’il tire des conférences et qu’il en prenne note, et vous trouverez dans chaque verset un certain nombre de moralités qui peuvent améliorer notre vie.
Le premier enseignement est donc la relation entre Joseph et son père. Nous trouverons que dans la réalité, le problème vient souvent du fils ; Imaginez que vous alliez voir votre père en lui disant que vous aimeriez lui parler de vos soucis et de vos. Imaginez sa satisfaction à ce moment-là ; Croyez-moi, vous éprouverez la foi emplir votre cœur, et il se peut que vous vous engagiez dans une prière toute la nuit sans pour autant ressentir ce bonheur que vous auriez éprouvé au moment où vous vous seriez adressé à votre père, parce que vous l’auriez fait de bonne foi envers Allah. C’est un sentiment semblable à celui d’une personne ayant passé toute une semaine à faire la prière nocturne, et qu’on peut ressentir en l’espace d’une demi-heure, rien que du fait que vous ayez ôté la tristesse de son cœur et le sentiment que vous lui êtes étranger. Vous pouvez essayer de procéder de la sorte et de goûter à ce bon moment, et voyez alors à quel point vous serez heureux.
Les vertus du dialogue ouvert entre les parents et les enfants :
Revenons à l’histoire de Joseph pour voir l’étendue de l’amour qu’il avait pour son père. Il dit : « Ô mon père » et ce dernier lui répondit : « Ô mon fils »… Nous remarquons que Jacob a dit « ya bounayya » « Ô mon fils » (avec une modification du radical du terme arabe qui est le terme utilisé pour « attasghir » [qui est un procédé lexical pour désigner la petite taille des objets ou encore l’affection que l’on porte à certaines personnes en en modifiant l’appellation] et non « ya ibni » "Ô mon fils"), ce qui suscite la tendresse et la bonne relation entre eux.
Nous constatons que Jacob parle à son fils dont l’âge n’a pas dépassé 12 ans d’un sujet crucial, il lui dit de ne pas raconter sa vision à ses frères pour éviter qu’ils ne montent un complot contre lui car le Diable peut s’infiltrer dans leur cœur et les retourner contre lui. Certes ces paroles peuvent ne pas convenir à l’âge de Joseph, mais le Coran aspire à nous montrer la forte relation qui existait entre eux.
Bien que nous soyons en plein développement et progrès, nous ne pouvons atteindre ce niveau. Je demande aux jeunes de donner à leurs parents une opportunité. Certains diront que leurs pères sont trop sévères… Ils le seraient probablement parce qu’ils ne parviennent pas à s’ouvrir à leurs enfants et que ces derniers sont renfermés sur eux-mêmes et que ce sont eux qui en ont décidé ainsi.
Essayons chacun de son côté d’aller voir nos pères et de leur ouvrir nos cœurs et leur parler de nos problèmes, même les hommes mariés et indépendants parmi nous. La discussion pourrait être ordinaire, mais elle servirait surtout à réduire la distance qui sépare le fils du père. Nul ne connaît le degré de bénédiction qu’Allah mettra dans le cœur d’un père dans cette situation. Que chacun essaye et imite Joseph et écoute son père, [lui obéisse] car s’il ne le fait pas, il se peut qu’il devienne désobéissant.
Par exemple, il est insensé qu’un fils veuille épouser une fille, et que la mère manifeste son refus sans raison valable. La mère n’a pas à s’opposer au mariage de son fils seulement parce que la fille qu’il a choisie ne lui plaît pas à elle, mais elle doit avoir de bonnes raisons et qu’elle en discute avec son fils et qu’elle les lui expose, et à ce moment-là, si le fils n’en tient pas compte il devient un enfant désobéissant. Comment alors ose-t-on s’opposer au mariage de son fils et exiger qu’il se plie à ce refus ?
De là on tire l’importance du dialogue ouvert entre les parents et les enfants. C’est la première moralité tirée de la relation entre Jacob et Joseph bien que ce dernier n’ait pas dépassé la douzième année. C’est un enseignement d’une importance capitale que d’entretenir une bonne relation père–fils, la responsabilité incombant à la fois au père et au fils.
Le musulman vigilant :
A partir du même verset, on peut tirer un autre élément : «Ô mon fils, dit-il, ne raconte pas ta vision à tes frères… ». Il s’agit de vigilance. Elle constitue un aspect marquant de la sourate ‘Youssouf’. La vigilance est une caractéristique qui détermine le comportement du musulman. Ce qui ne veut aucunement dire que le musulman doit être mystérieux et énigmatique à un point qui le rende repoussant. Le musulman est un livre ouvert, il se comporte avec les gens avec simplicité et affabilité, mais il reste vigilant, c’est-à-dire qu’il applique le hadith du Messager (BP sur lui) qui dit : « Aidez-vous pour la réalisation de vos affaires par la discrétion » ou, autrement relaté « Aidez-vous pour la réussite de vos affaires par la discrétion ». Cela signifie que nous ne devons pas tout raconter aux autres. Remarquez que c’est une leçon que Jacob apprend à un enfant de 12 ans, et qu’en plus il lui demande de l’appliquer à l’égard de ses frères. C’est un enseignement qui fait défaut à beaucoup de personnes et on trouve des fois que les femmes racontent tout ce qui se passe dans leur foyer, les problèmes conjugaux...
La vigilance est évoquée dans un autre endroit de la sourate : « Et il dit : «Ô mes fils, n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par portes séparées » » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 67).
Il s’agit bien là d’une preuve de vigilance. Joseph a été instruit par son père pour être vigilant et cela depuis son jeune âge, la preuve en est qu’il a dit « Ô mon père » (ya abati) ce qui signifie qu’il a pris l’habitude de ne pas divulguer ses propos publiquement.
C’est une moralité extrêmement importante. L’histoire de Joseph ne nous prescrit pas seulement les pratiques religieuses, mais en plus, elle nous guide vers une certaine méfiance indispensable au musulman pour lui éviter les affronts. Ainsi la vigilance est une autre moralité.
La sagesse de Jacob :
Pourquoi Jacob a-t-il demandé à son fils de ne pas raconter sa vision à ses frères ? Pour deux raisons :
§ La vigilance par rapport à un complot de la part des frères,
§ L’envie que les frères de Joseph pourraient ressentir s’ils apprenaient la vision qu’il avait eu. C’est pourquoi Jacob, voulant ménager les sentiments des frères de Joseph, lui demanda de ne pas leur raconter son songe.
C’est ainsi que Jacob pressentit que si les frères de Joseph apprenaient sa vision ils ressentiraient une envie anormale, cela signifie qu’il ne craignait pas uniquement pour son fils Joseph mais aussi pour ses autres enfants.
Et là on voit toute la sagesse du père et son intelligence. Je tiens à ce que chacun apprenne une leçon de vie de cette sourate : si vous ressentez qu’une parole est susceptible de provoquer l’envie des autres, il ne faut absolument pas la dire, il n’y a aucune raison de susciter l’inimitié dans les cœurs.
Les actes du Diable :
On retrouve un nouvel enseignement dans le même verset : « «Ô mon fils, dit-il, ne raconte pas ta vision à tes frères car ils monteraient un complot contre toi; le Diable est certainement pour l’homme un ennemi déclaré».» (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 5). Pourquoi Jacob a-t-il établi le lien entre le complot de ses frères et le fait de dire « le Diable est certainement pour l’homme un ennemi déclaré » ? Ou encore, pourquoi le verset retient-il ce classement : le complot puis le Diable ?
La raison en est que nous nous devons de savoir qu’il ne peut exister dans cette vie d’envie, ni de jalousie, ni de ressentiment, ni de rancune, ni de colère sans que le Diable en soit l’initiateur. Ces sentiments précisément ne proviennent pas de l’âme de l’Homme. C’est le Diable qui emplit son cœur de ressentiment, de rancune et de jalousie. Il y a bien des actions qui proviennent de la mauvaise foi de la personne elle-même, notamment l’envie de manger ou l’envie sexuelle ou encore celle d’établir une relation entre l’homme et la femme. Ces envies-là peuvent provenir aussi bien de la personne elle-même que du Diable. Mais si vous ressentez que la colère s’empare de vous et que ceci devient incontrôlable, sachez qu’un diable vous manipule, et si vous éprouvez un ressentiment envers une personne donnée, sachez qu’un diable vous y incite ; Si vous découvrez en vous des sentiments de rancune vous gagner, sachez qu’un diable vous manipule. Ainsi, le Messager (BP sur lui) recommande que celui qui se met en colère fasse ses ablutions.
Quel est donc le lien entre la colère et les ablutions ? Le prophète veut nous démontrer que la solution est pragmatique : le Diable est créé de feu, et l’eau éteint le feu. Il s’agit là encore d’une leçon que tout un chacun doit retenir.
Le choix d’Allah pour Son prophète Joseph :
« Ainsi ton Seigneur te choisira et t’enseignera l’interprétation des rêves, et Il parfera Son bienfait sur toi et sur la famille de Jacob, tout comme Il l’a parfait auparavant sur tes deux ancêtres, Abraham et Isaac, car ton Seigneur est Omniscient et Sage. » (TSC, ‘Yoûsouf’ (Joseph): 6)
Pour commencer, on peut se poser la question sur le lien entre le terme « te choisira » et le verset précédent. Dans ce dernier, Jacob défendait à Joseph de raconter sa vision à ses frères et lui signifiait que le Diable est l’ennemi déclaré de l’Homme, et que ses frères pourraient comploter contre lui. A votre avis, que pourrait ressentir un enfant de son âge à ce moment-là ? Certainement beaucoup d’inquiétude et d’angoisse, voyez maintenant comment le père –le sage éducateur- a trouvé judicieux de commencer par l’avertir comme il l’a fait au début puis de le rassurer en lui faisant la bonne annonce : « Ainsi ton Seigneur te choisira et t’enseignera l’interprétation des rêves » et qu’Allah lui a en effet attribué un bienfait qu’Il parfera. Tout cela pour le rassurer.
Les parents ne doivent donc pas établir avec leurs enfants une relation basée sur la culpabilité, comme par exemple quand le père n’a de cesse de répéter à son fils qu’il n’est pas à la hauteur ou qu’il est dans l’erreur ou encore qu’il est incapable de réussir quoi que ce soit… Le père doit également éviter de faire subir à son enfant des pressions lors de la période d’examens. Il doit au lieu de cela le rassurer et lui dire « Si Allah le veut, tu réussiras et Allah te soutiendra ».
La notion de mise en confiance entre parents et enfant est d’une grande importance dans le domaine de l’éducation, elle permet à l’enfant de se développer en étant fort et résistant.
Parmi les beaux termes du verset « ton Seigneur te choisira », que veut donc dire « te choisira » (‘yajtabika’) ?
Ce terme signifie « il l’a choisi et l’a élu »… pour quelle destinée ? Pour devenir prophète… ainsi Jacob a compris à partir de la vision qu’il s’agissait d’une prophétie.
A ce niveau, une interrogation s’impose : qu’avait Joseph entrepris de si spécial qui lui aurait valu d’être choisi par Allah ? La réponse est négative, et là certains pourraient penser que les frères de Joseph avaient bien raison d’être envieux à son encontre, mais c’est une pensée qui n’est pas fondée parce qu’Allah choisit qui Il veut.
C’est un point déterminant parce que là intervient l’envie, et « l’envie ravage les bons actes comme le feu ravage les bûches (hadith). Autrement dit, à chaque fois qu’on éprouve de l’envie envers une personne, les bonnes actions du jour précédent deviennent vaines, et plus ce sentiment est fort, plus les actions sont détruites. Ce sujet est important et peu de personnes s’en rendent compte. Sa porte d'entrée est le terme « pourquoi cette personne précisément [bénéficie de certains privilèges] ? ». Cette phrase peut ne pas être prononcée mais le sentiment bel et bien exister dans le coeur. La perte des frères de Joseph débuta lorsqu’ils pensèrent « pourquoi lui précisément [bénéficie des privilèges] ? ».
La réponse est « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait, mais ce sont eux qui devront rendre compte [de leurs actes]. » (TSC, ‘Al-'Anbiyâ’ (Les Prophètes) : 23). C’est une erreur que de se poser la question sur les raisons de tel ou tel événement qu’Allah a fait, c’est le premier pas vers la désobéissance et le début du chemin vers l’Enfer. Chacun doit se mettre à l’évidence de son statut de sujet d’Allah et qu’il n’a pas le droit de poser des questions pareilles. Allah choisit ce qu’Il veut, on citera parmi Ses choix la pratique du pèlerinage qui se déroule dans un désert. Certains peuvent se demander pourquoi Allah n’a pas choisi un endroit magnifiquement créé par Lui… mais nous n’avons aucun droit de nous poser ces questions-là. Allah a choisi le mois de Ramadan et lui a consacré une place privilégiée parmi les autres mois par les bonnes rétributions aux pratiquants, puis Il a choisi la Nuit du Destin, mais nous n’avons d’autre alternative que de nous soumettre à la volonté divine.
Un enseignement dans la soumission à la décision et au décret d’Allah et Sa sagesse :
Il y a une histoire qui illustre bien le point relatif aux interrogations sur la volonté d’Allah. Un homme appelé Abou Amer vivait à la Mecque avant le Message du Prophète. Cet homme savait à travers les anciennes écritures que l’envoi du dernier prophète de l’humanité était proche. Il s’apprêtait donc à devenir lui-même ce dernier prophète. Il arrêta de boire de l’alcool et se corrigea parce qu’il aspirait à devenir prophète et parce qu’il savait que la prophétie allait être attribuée à un homme correct et pieux. Il faisait tellement de bonnes œuvres qu’on l’appelait Abou Amer Arrahib (le moine). Vint alors la prophétie à Mohammed (BP sur lui) qui n’y a pas pensé auparavant, il était presque le seul à la Mecque qui ne cherchait pas à le devenir. Même que Khadîdja était plus informée que lui sur ce sujet.
Lorsque La Révélation descendit sur notre Prophète (BP sur lui), Abou Amer changea et devint l’un des pires ennemis du Messager, c’est alors que le verset tranchant à ce sujet descendit, Allah dit –ce qui peut être traduit comme : « Allah sait mieux où placer Son message. » (TSC, ‘Al-'An'âm’ (Les Bestiaux) : 124).
Il ne faut donc pas être envieux ou s’interroger sur les choix divins, et à propos, ce même Abou Amer est l’homme qui a creusé le fossé où le Messager (BP sur lui) est tombé lors du combat d’Ohod, son envie était tellement grande qu’il est allé au combat non pas pour se battre- il se souciait peu de qui allait gagner ou qui allait être vaincu- tout ce qui le préoccupait c’était le Prophète. Il se mit alors à creuser des trous autour de lui parce qu’il voulait le faire tomber. Tout ceci provenait de l’envie et de la désobéissance face aux choix d’Allah. Cette cause est à la source de plusieurs inimitiés à travers l’histoire dont on peut citer :
§ La haine des juifs à l'encontre des musulmans :
Connaissez-vous les raisons de la haine éprouvée par les juifs à l'encontre des musulmans ? C’est parce qu’ils espéraient que le Messager de la fin des temps fusse l’un des leurs, étant donné que tous les prophètes depuis Jacob jusqu’à l’époque de Mohammed (BP sur lui) étaient des descendants de Jacob et de ses fils. Le seul descendant de Ismaël était notre Prophète Mohammed (BP sur lui). Ils sont donc extrêmement mécontents et envieux à notre égard, à tel point que Hoyay Ibn Al-Akhtab, qui était le leader des juifs et qui vivait à Médine et avait une connaissance extraordinaire de la vraie Thorah, pratiquait le culte et apprenait la Thorah à la lettre, illustre bien cette haine. Sachez que la Thorah a cité toutes les caractéristiques du Prophète (BP sur lui) sauf le lieu de sa naissance. Il s’agit là bien entendu d’une décision judicieuse d’Allah de faire savoir aux juifs toutes les caractéristiques du dernier prophète pour qu’ils en fassent l’annonce aux gens, pensant qu’il apparaîtra d’entre eux, mais la Thorah a tu cette indication selon laquelle il émergera parmi les Arabes.
Au moment de l’exode du Prophète de la Mecque à Médine, Hoyay Ibn Al-Akhtab est sorti le voir, il a remarqué sa manière de se comporter avec les gens, il a alors pressenti qu’il était le Prophète. Il s’approcha de lui et lui demanda : « Où est ton père ». Le Prophète lui répondit : « Il est mort ». Hoyay Ibn Al-Akhtab lui dit alors : « Tu dis vrai ». Il lui demanda encore : « Où est ta mère ? » Le Prophète (BP sur lui) lui répondit : « Elle est morte ». Hoyay Ibn Al-Akhtab lui dit : « Tu dis vrai ». Il lui demanda de lui montrer son dos, le Prophète dévoila son dos et Hoyay vit le signe distinctif de la prophétie sur la première vertèbre du prophète, puis Hoyay Ibn Al-Akhtab retourna voir son frère qui lui demanda : « Est-ce lui ? » (Insinuant : est-ce lui le prophète cité dans la Thora ?) Hoyay répondit : « Oui c’est bien lui ». Son frère lui dit : « Qu’est-ce que tu envisages de faire ? » Il répondit : « Etre son ennemi toute ma vie ». L’envie était une maladie dans le cœur de Hoyay Ibn Al-Akhtab qui était la cause de sa mécréance jusqu’à sa mort.
C’est pour cette raison que je voudrais que chacun examine son cœur pour y déceler l’envie car elle détruit les bonnes actions. Il vous est demandé de fournir l’effort pour mériter d’être choisi par Allah puis d’avoir confiance en Lui, mais il ne faut envier personne, et si après, Allah ne vous choisit pas, soyez satisfait de ce qu’Il fait de vous.
Chacun de nous devra adopter une règle : ”attention à l’envie“ et faire tout ce qui est en son possible pour mériter d’être choisi par Allah à travers les bonnes pratiques, la sincérité et le dévouement. Remarquez que Abou Amer n’a pas commis d’erreur au début, son erreur consista en l'inacceptation de ce qu’Allah a décidé. Et soyez sûrs que toutes les personnes qui assistent à une causerie religieuse ou qui l’écoutent entreront au Paradis parce qu’Allah le Transcendant -exalté soit-Il- dit : « C’est Lui qui vous a élus » (TSC, ‘Al-Hajj’ (Le Pèlerinage) : 78). A y réfléchir, vous constaterez qu’Allah vous a élus parmi 6,5 milliards de personnes vivant sur terre. Imaginez qu’au lieu d’être en train d’assister à une conférence vous soyez l’une des personnes les plus riches au monde dans l’un des pays les plus civilisés, mais que vous ne croyiez en rien…
Allah vous a choisi au début pour être l’un des un milliard et demi de musulmans, puis il vous a élu pour être parmi les millions qui font la prière, puis il vous a élu parmi les centaines de milliers ou les peu de millions qui fréquentent les mosquées, puis pour être parmi ceux qui assistent à des conférences de science et de rappel. Cela veut dire que petit à petit Allah vous rapproche de Lui ; mais qu’avez-vous fait pour mériter d’être élus par Allah ? Et si vous vous en rappelez, au début de la conférence, nous avons raconté qu’Allah dit à Ses Anges qu’Il a pardonné à tous ceux qui assistent à des réunions pareilles, n’est-ce pas une autre forme d’élection ?
Nous en sommes encore au sixième verset, il se termine par « car ton Seigneur est Omniscient et Sage. » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 6). Pourquoi Allah a-t-Il choisi ces deux caractéristiques pour terminer le verset ? C’est pour nous démontrer que la distinction est une chose qui Le concerne Lui, et là je tiens à vous dire qu’à la fin de chaque verset qui s’achève par un des Noms d’Allah [l’un des 99 Beaux Noms d’Allah], le nom évoqué a une relation directe avec le contenu du verset. Il se peut qu’on ne s’en rende pas compte la plupart du temps, et la phrase « car ton Seigneur est Omniscient et Sage… » est extrêmement importante dans le mesure où elle montre que le choix d’Allah revient à Lui Seul, de par Sa Connaissance et Sa Sagesse, parce qu’Il sait et que nous ne savons point. C’est ainsi que nous nous devons de méditer sur les fins de versets et si vous décidez d’apprendre le Coran, tâchez d’établir le lien entre le contenu des versets et leurs fins.
La reconnaissance du Bienfait d’Allah :
Terminons le verset : « et Il parfera Son bienfait sur toi et sur la famille de Jacob, tout comme Il l’a parfait auparavant sur tes deux ancêtres, Abraham et Isaac, car ton Seigneur est Omniscient et Sage. »
Nous tirerons un autre concept d’une grande importance. Remarquez que Jacob rappelle à son fils Le Bienfait d’Allah sur son grand-père Ibrahim (Abraham) bien que Abraham soit l’arrière-grand-père de Joseph. Mes frères, il y a des gens pour qui Allah parfait Son Bienfait et il ne se passe pas deux mois qu’ils l’oublient déjà. Les bienfaits sont ce qui accroît le plus notre amour pour Allah. Si vous voulez aimer Allah continuellement rappelez-vous tous Ses bienfaits sur vous. Si vous voulez relativiser une mauvaise situation, souvenez-vous de son insignifiance devant tous les bienfaits d’Allah pour vous. Et si vous voulez aimer Allah d’un grand amour et vous approcher de Lui le plus possible, prenez un papier et inscrivez Ses bienfaits sur vous : Inscrivez le bienfait de la vue dont vous êtes doté alors que d’autres sont des malvoyants ; Inscrivez le bienfait de la mobilité dont vous êtes doté alors que d’autres sont handicapés ou paralysés ; Ecrivez que vous êtes sain d’esprit alors que d’autres sont mentalement malades ; Ecrivez que vous mangez et buvez alors que d’autres cherchent à manger dans les poubelles ; Ecrivez que vous êtes musulmans alors que d’autres sont privés de ce bienfait et que chaque année des dizaines de jeunes se donnent la mort parce qu’ils ne parviennent pas à connaître leur raison d’être. Inscrivez qu’Allah est Miséricordieux et vous aime, et qu’Il vous a donné la beauté dans votre création… aimez Allah. Le Prophète (BP sur lui) dit : « Ô gens aimez Allah de tout votre cœur, aimez-Le pour tous les bienfaits dont Il vous inonde » ce qui signifie qu’il faut aimer Allah pour la multitude de Ses bienfaits sur vous, rappelez-vous le verset : « Et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le. » (TSC, ‘Ad-Douhâ’ (Le Jour Montant) : 11). Soyez conscients du bienfait et proclamez-le, la meilleure illustration en est Jacob évoquant à son fils les bienfaits d’Allah sur son père et son grand-père.
Qui de nous s’est déjà mis à raconter à ses enfants ses privations au début de sa vie et comment Allah l'a pourvu par la suite de Ses bienfaits ? Vous les jeunes, si vous aimez que vos parents se rappellent des bienfaits d’Allah, allez les voir et demandez-leur de vous raconter comment Allah leur a facilité la vie, et comment Il leur a donné de Ses bienfaits après bien des difficultés. Demandez-leur comment il ont évolué dans les échelons au travail.
Une fois Omar marchait dans la rue, il rencontra un homme à qui il demanda : « Comment vas-tu [ce matin] ? » l’homme répondit : « Je vais bien ». Omar lui demanda à nouveau : « Comment vas-tu [ce matin] ? », l’homme répondit : « Ô Emir des croyants, je vais bien » alors Omar lui demanda encore : « Comment vas-tu [ce matin] ? », l’homme répondit : « Ô Emir des croyants, je vais bien, que la grâce en soit rendue à Allah », Omar dit alors : « Voilà ce que je voulais ».
Le même verset dit : « …et Il parfera Son bienfait sur toi et sur la famille de Jacob » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 6). De quel bienfait s’agit-il ? Le bienfait est la Prophétie. Cela signifie que Jacob a compris la vision dans sa profondeur. Il a compris que Joseph deviendra prophète, ceci parce que Jacob lui-même était prophète. Or dans le songe il se prosterne devant Joseph ; il est illogique qu’un prophète se prosterne devant quelqu’un d’un rang inférieur au sien. C’était l’indice sur la prophétie de Joseph. La prosternation ici exprime le respect et non l’adoration.
Les merveilles de l’interprétation des visions :
Parmi les merveilles de l’interprétation des songes, le hadith du Prophète : « J’ai vu cette nuit une femme noire décoiffée qui courait dans la ville (Médine) jusqu’à ce qu’elle soit sortie hors de la ville et qu’elle parvienne à tel et tel l’endroit »., On lui dit : « quelle en est l’interprétation, Ô Prophète d’Allah ? ». Il répondit : « c’est une fièvre qui s’abat sur la ville » ». Pourquoi le prophète (BP sur lui) a-t-il donné cette interprétation ? Parce que l’apparition de cette femme noire ne signifie pas l’apparition du péché dans la ville de notre bien-aimé Prophète étant donné que la foi fuit vers Médine. Il s’agissait donc d’une maladie qui apparaîtra dans la ville puis en disparaîtra.
Une autre interprétation a été relatée par Abou Horayra : « Le Messager (BP sur lui) était en compagnie d’Abou Bakr. Un homme vint et dit : « Ô Messager d’Allah, j’ai vu cette nuit une étrangeté : j’ai vu une ombrelle qui nous abritait et d'où dégoulinait du beurre fondu et du miel tombant au milieu de leurs mains [des gens]. Certains en demandaient plus et d’autres en voulaient moins, puis je vis une corde qui s’étendait entre le ciel et la terre, et je te vis y grimper jusqu’à ce que tu aies été élevé, Ô Messager d’Allah. Puis je vis des hommes te suivre jusqu’à être élevés comme toi ». Le Prophète sourit et Abou Bakr lui dit : « Ô Messager d’Allah -je te préfère à mon père et à ma mère- laisse-moi en faire l’interprétation ». Il lui dit : « Fais-en l’interprétation, Ô Abou Bakr ». Il dit : « Ô Messager d’Allah, l’ombrelle qui nous abrite est l’Islam. Ce qui coule du ciel et en descend- le beurre fondu et le miel- est le Coran qui a aussi bon goût que le beurre fondu et le miel. Ceux qui tendent la main pour en prendre ou en refuser sont les gens parmi lesquels certains prennent beaucoup du Coran ou n’en prennent que peu. La corde qui s’étend entre le ciel et la terre est ta sunna, Ô Messager d’Allah, et tu as été le premier à l'appliquer et le premier à t’élever en l’appliquant, et quiconque l’applique s’élève après toi, Ô Messager d’Allah ».
Allah n’a donné la science de l’interprétation des rêves qu’à peu de personnes. Jacob en fait partie et après lui Joseph et, bien entendu elle a été donnée à Mohammad (BP sur lui) et à Abou Bakr après lui, et à Ibn Sirine. Ainsi, concernant cette science, rares sont les personnes qui en sont dotées comme nous l’avons dit lors de la conférence précédente.
Passons au verset suivant : « Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui interrogent » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph): 7). Dans ce verset, on ressent une transition par rapport au verset précédent. On décèle un nouveau sens dans ce verset parce que la sourate ‘Youssouf’ raconte une histoire tout comme une pièce théâtrale où une scène prend fin et commence une autre.
Dans la première scène, le fils raconte à son père son songe puis dans la deuxième commencent les faits : « Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui interrogent »… Quelle est la raison derrière cette phrase : « des exhortations pour ceux qui interrogent » ?
C’est parce qu’à la Mecque certains juifs s’adressèrent au Prophète (BP sur lui) en lui disant : « Ô Mohammed, parle-nous d’un homme qui vivait en Mésopotamie dont on prit le fils qui fut vendu en Egypte, et le père en pleura jusqu’à en devenir aveugle ». Le Prophète (BP sur lui) ne répondit pas. Effectivement, il ne connaissait pas cette histoire et les qoraïchites non plus n’en avaient pas connaissance ; seuls les juifs étaient au courant parce qu’elle est citée dans la Thora. Ainsi Allah fit descendre ce verset : « Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui interrogent », « ceux qui interrogent » fait référence aux juifs.
« Quand ceux-ci dirent: «Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort. Notre père est vraiment dans un tort évident » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph): 8). Ce verset contient plusieurs éléments : d’abord, les frères de Joseph avaient-ils raison ? Jacob préférait-il vraiment Joseph et lui destinait-il un traitement de faveur ? Il est évidemment impossible que Jacob puisse agir de la sorte parce qu’il est prophète, et les prophètes sont exempts de péchés. Et nous venons de dire que le prophète Jacob craignait pour les sentiments de ses autres enfants et a demandé à son fils Joseph de ne pas leur raconter sa vision. Mais eux pensaient qu’il leur préférait leurs autres frères du fait qu’il s’y intéressait plus qu’à eux et ce, parce qu’ils étaient plus jeunes. Ce qui chose normale car si vous demandez à n’importe quel père qui de ses enfants il préfère le plus, il vous dira que c’est le plus petit. On demanda autrefois à une femme lequel de ses enfants elle préférait, elle répondit : « le petit jusqu’à ce qu’il grandisse, le malade jusqu’à ce qu’il guérisse et celui qui est en voyage jusqu’à son retour ».
C’est donc un comportement naturel de la part d'un père, et on ne pourra pas accuser Jacob de favoritisme parce que ses autres enfants étaient un groupe bien fort alors que Joseph et son frère étaient petits et ne travaillaient pas. Ils n’étaient donc pas encore autonomes ; c’était naturel qu’il leur porte plus d’attention. A ce moment-là ce n’était pas de la faute de Jacob si leur doute et leur envie les ont amenés à imaginer ce favoritisme de la part de leur père. Il se peut aussi que ce sentiment provienne du fait que Joseph était beau et qu’ils avaient juste besoin d’un prétexte pour justifier leur jalousie à son égard.
Les raisons de l’envie et ses manifestations :
Ce message s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes, depuis peu nous avons dit que nous devions éviter l’envie, pourquoi l’envie ? Parce qu’elle ne vient jamais sous une forme directe et franche : on pourrait envier quelqu’un pour une raison donnée mais on refuse d’admettre cette jalousie. On se cherche alors une justification pour légitimer ce sentiment. On serait par exemple amené à attribuer à la personne des erreurs pour la haïr avec une conscience tranquille, ceci parce que personne n’admet qu’il est en situation d’envier les autres. On préfère se convaincre que ce sont les autres qui le méritent, et c’est ce qui arriva dans l’histoire de Joseph.
Nous en tirons un enseignement : aucun père ne doit favoriser un de ses enfants au détriment des autres, même pas par un sourire, et le meilleur exemple en est l’histoire de l’homme qui vint voir le Prophète (BP sur lui) et lui dit : « Ô Messager d’Allah, je te prends témoin que j’ai donné à mon fils untel tant et tant de ce que je possède ». Le Prophète (BP sur lui) dit : « En as-tu donné autant à tes autres enfants ? ». Quand l’homme répondit que non, le Prophète (BP sur lui) dit : « Prends pour témoin quelqu’un d’autre, je ne fais pas de faux témoignage ».
Néanmoins, les oulémas (érudits musulmans) ont établi une exception à ce sujet en soulignant le cas où l’un des enfants soit véritablement nécessiteux, mais aucune distinction ne doit être faite lorsque tous les enfants sont en situation identique, ainsi la différenciation ne peut être faite que pour la raison précitée.
Ecoutez ce verset : « quand ceux-ci dirent: «Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort. Notre père est vraiment dans un tort évident, Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien» » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 8 & 9). Quelle méchanceté et quelle cruauté, savez-vous pourquoi est-ce qu’ils étaient aussi cruels bien qu’ils soient les frères de Joseph ? Parce que c’est de ces onze frères que sortira la descendance des juifs, nous allons extraire de ces deux versets les spécificités des onze et qui seront à l’origine des caractéristiques des juifs.
Les caractéristiques des juifs :
« Quand ceux-ci dirent: «Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous » ce qui montre qu’ils se sentent des victimes. Ils ont toujours proclamé qu’ils étaient persécutés, martyrisés et expulsés, qu’ils méritaient l’affection et qu’en conséquence ils avaient pleinement le droit d’agir à leur guise pour se défendre.
La deuxième caractéristique est l’envie et la forte jalousie qui va jusqu’à vouloir tuer.
La troisième est la facilité qu’ils ont de tuer, le fait de tuer est pour eux chose aisée.
Parmi leurs caractéristiques également il y a l'arrogance dans leur comportement, essentiellement vis-à-vis des prophètes, et l’aptitude à mentir et à dissimuler la vérité (parce qu’ils ont caché la vérité à leur père durant quarante ans), contrairement à la nature humaine qui pousse une femme ayant commis une erreur que le mari ignore au bout de deux ou trois années, à ressentir l’obligation de la lui avouer. Mais là, on voit qu’ils ont caché la vérité à leur père quarante années durant, alors qu’ils le voyaient souffrir de la disparition de Joseph et ils n’ont ni compati à sa douleur ni cherché à lui avouer la vérité.
Et comme Jacob connaissait la nature de ses enfants, il dit dès le début à Joseph: «Ô mon fils, dit-il, ne raconte pas ta vision à tes frères car ils monteraient un complot contre toi» (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph): 5). Après quoi, ils commencèrent à réfléchir et ils dirent : « quand ceux-ci dirent: «Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort. Notre père est vraiment dans un tort évident » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 8). Le terme « un tort » ici ne désigne pas l’égarement dans la foi mais dans la manière de réfléchir, cela ne veut pas dire qu’il n’a pas l’esprit sain mais qu’il n’a pas de sagesse, sachant qu’ils attribuent ces attributs injurieux à un prophète.
Nous devons faire très attention à ne pas désobéir à nos parents, même pas une seule fois, à ne pas les ridiculiser ou leur tendre des pièges, à ne pas juger qu’ils redisent toujours la même chose et trouver que c’est « toujours la même chanson ». On peut proférer des paroles qui risquent de déprécier toute une vie. Notre Prophète (BP sur lui) a dit : « l’homme peut prononcer un mot déplaisant à Allah et qui risque de le faire échouer dans l’enfer soixante-dix automnes [ans] »
Les pas du diable :
Revenons à ce verset : « quand ceux-ci dirent: «Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort. Notre père est vraiment dans un tort évident, Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien».
On peut se demander s’ils ont aussitôt pensé à tuer Joseph : Ils venaient tout juste de trouver le justificatif pour l’éloigner qu’ils dirent qu’il devait être tué mais le Coran nous laisse le champ libre pour voir que l’envie et la rancune envers le père a duré. Il nous laisse ce champ libre pour nous permettre de mieux vivre dans l’histoire. Il se peut qu’entre ce qu’ils dirent au verset 8 et ce qu’ils dirent au verset 9, il se soit écoulé deux ou trois ans, et que tout au long de cette période ils éprouvèrent de la rancune, de l’envie et de la jalousie. Je voudrais vous dire qu’il n’y a pas de péché qui ait lieu subitement. Il y a des préliminaires au péché comme par exemple une médisance, un commérage, une envie ou une désobéissance aux parents, qui peuvent se développer jusqu’à arriver à l’envie de commettre un meurtre.
Je vous donne un exemple là-dessus. Un verset dit –ce qui peut être traduit comme : « et ne suivez point les pas du diable » (TSC, ‘Al-Baqara’ (La Vache) : 208). On pourrait être amené à penser qu’il est inconcevable que les frères de Joseph pensent à le tuer et qu’ils tentent de mettre à exécution leur plan sachant qu’au début ils n’ont commencé que par une médisance ?! Oui mais les évènements se développent de manière considérable.
Certains jeunes me disent qu’ils ne pouvaient pas imaginer, il y a dix ans, qu’ils pourraient consommer des stupéfiants, et des jeunes filles qui ne pensaient jamais que leurs relations avec des garçons allaient évoluer vers le sens qu’elles prirent plus tard. Ce qui arrive c’est qu’en faisant le premier pas on pense que les choses n’évolueront pas plus, mais le Diable est extrêmement malin. Il se contente d’un petit peu et il peut se satisfaire d’un petit péché qu’on commet durant une année entière avec la volonté de nous le faire prendre pour habitude. Ainsi, si le Diable commence dès le début par vous insuffler par exemple de vous faire accorder une corruption, votre refus sera catégorique, mais il peut vous inspirer de prendre seulement une livre, qui est somme toute insignifiante, pour rendre un service à quelqu’un, et ceci évoluera par la suite et peut durer toute une année par exemple.
« Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien» ». Qui est le plus dur ? Le fait de le tuer ou de l’éloigner ? Le fait de le tuer bien entendu, mais les onze cherchaient à lui nuire par n’importe quel moyen. Mais pourquoi précisément l’éloignement ? Parce qu’ils avaient une appréhension et ils ne se sentaient pas capables de le tuer.
A la fin du verset, il est dit : « « et que vous soyez après cela des gens de bien» », ce qui signifie qu’ils avaient l’intention de se repentir, mais après avoir commis le péché, pensez-vous que ce repentir puisse être accepté ? Et après avoir dit cela, voyez-vous après combien d’années ils se sont repentis ? Si on commet un péché pareil, ou un autre à l’encontre de son père par exemple, qu’est-ce qui garantit qu’on aura assez de temps pour s’en faire pardonner, il ne faut absolument pas se promettre de se repentir avant de commettre un péché, pour se justifier, c’est une célèbre tromperie du Diable qui conduit les gens à commettre les péchés la conscience tranquille parce qu’ils se promettent de s’en repentir ultérieurement après les avoir commis.
Le verset suivant dit : « L’un d’eux dit: «Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le si vous êtes disposés à agir, au fond du puits afin que quelque caravane le recueille» (TSC, ‘Yoûsouf’ (Joseph): 10).
Ici, la sourate décrit la nature humaine dans tous ses rouages. Ce frère-là a demandé aux autres de ne pas tuer leur frère Joseph mais de le jeter au fond du puits parce qu’il est incapable de s’imaginer en train de tuer son frère, mais il a encore la volonté de se débarrasser de lui indirectement, et ainsi il lui fit bien plus de mal qu’en le tuant. Il dit : « mais jetez-le […] au fond du puits » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 10) comme s’il se mentait à lui-même en disant juste après « afin que quelque caravane le recueille » malgré qu’il ait dit juste avant « au fond du puits », car c’est un endroit où personne ne peut parvenir, comme si ce frère voulait désengager sa responsabilité du crime et ne pas se culpabiliser. Ceci ne signifie aucunement qu’Allah lui réservera la miséricorde contrairement aux autres, parce qu’il voulait à Joseph la même fin mais avec des moyens différents de ceux proposés par ses frères.
J’aimerais que cela soit le devoir que chacun aura à faire après la fin de cette conférence : que chacun prenne un papier et qu’il écrive ses défauts. Nous nous devons de nous confronter, nous n’avons pas le temps de fuir et de nous leurrer…, nous comparaîtrons devant Notre Seigneur en fin de compte. Ecrivez alors tous les défauts : si un jeune homme regarde les chaînes satellites licencieuses, il doit l’écrire et chercher à résoudre ce problème, par exemple il devra penser à trouver un technicien pour crypter ces chaînes. Si une jeune fille a fait la connaissance d’un garçon, elle doit en parler à ses parents même s’ils lui imposent d’arrêter cette relation, elle doit savoir qu’il est inutile de tromper ses parents, et le garçon qui a fait sa connaissance doit être conscient que : « …ce n’est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par l’arrière des maisons » (TSC, ‘Al-Baqara’ (La Vache) :189) : aimerait-il qu’une chose pareille arrive à sa propre sœur ? Certainement pas ! Le plus dangereux encore est l’ouverture qui arrive durant la période des fiançailles entre les deux parties, parce qu’alors le Diable fait tout pour ouvrir les voies du péché.
Ecrivez alors tous les défauts, les solutions envisageables et comment rompre avec la mauvaise compagnie. Les frères de Joseph se sont perdus de la même manière. Leur envie, leur désobéissance et leur complot contre leur père, et également leur manque de reconnaissance de leurs défauts. La preuve en est qu’ils disent : « et que vous soyez après cela des gens de bien », à ce stade-là, ils ne faisaient que se rassurer et s’apaiser, il faut faire très attention aux chaînes de défauts, car chaque défaut en entraîne un autre, et si on commet un péché, il est certain qu’on continuera, c’est ainsi que Hassan Al Basri dit : « si tu vois un homme commettre un péché, sache qu’il en commet d’autres ». Si nous suivons la chaîne de péchés des frères de Joseph, on trouvera que l’envie a entraîné la rancune, celle-ci a incité au mensonge qui a conduit à l’intention de tuer. En observant ce qui se passe de nos jours, on trouvera parmi les chaînes de péché, une chaîne commençant par une mauvaise compagnie puis aboutissant à l’acte de fumer des cigarettes, puis le narguilé, aboutissant à la consommations de stupéfiants, et si on a l’intention de briser cette chaîne, il faudra se repentir et chercher la bonne compagnie.
Les étapes d’élimination de Joseph :
Revenons à la sourate : « mais jetez-le […] au fond du puits », le terme arabe utilisé pour désigner le fond dans ce verset est « ghayabat » qui est semblable au terme « ghayb » (l’Inconnaissable) et ghaybah (médisance). Tous ces termes ont le même radical, le terme « ghayba » (médisance) désigne l’acte de parler de quelqu’un en son absence, et le terme « ghayb » (l’Inconnaissable) fait référence à tout ce qui ne peut pas être perçu comme les Anges. Quant au terme « ghayabat » il signifie qu’ils l’ont déposé dans un endroit loin des regards, et là on voit le miracle du Coran qui a décrit en un seul terme la situation délicate où se trouvait Joseph. L’une des appellations de la tombe est « ghayab » car les hommes y sont absents (moughayyab), vous arrivez à imaginer à présent ce qui est arrivé à Joseph alors qu’il était âgé de douze ans et qu’il a été jeté dans un endroit pareil ?
Maintenant, je m’adresse aux personnes qui vivent des problèmes, et aux femmes qui ont perdu un enfant ou dont un enfant est malade, pouvez-vous imaginer la teneur du malheur qu’ont vécu Joseph et son père Jacob ?
Nous nous interrogeons : quelle est la raison de l’utilisation du terme « joub » au lieu de « bi’r » ? [les deux désignant le terme puits] ? Parce que « joub » est différent de « bi’r », le premier désigne un puits profond où il y a des serpents et des scorpions, le « joub » est plus grand et plus profond ; et ils ne se sont pas contentés de le mettre sur un rocher au début du puits, mais ils l’ont jeté au fond, et tout ceci lui arrivait alors qu’il n’était âgé que de douze ans ! Ce fut l’idée d’un de ses frères pour éviter de le tuer. Les choses ne s’arrêtèrent pas là mais davantage. Ils le dévêtirent, en témoigne ce verset : « Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 18.). Et ce qui est le plus dangereux, c’est que l’endroit en question regorgeait d’animaux sauvages, et Jacob le savait bien lorsqu’il dit : « je crains que le loup ne le dévore » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 13).
A l’issue de leur plan et de leur décision, ils allèrent voir leur père : « Ils dirent: « Ô notre père, qu’as-tu à ne pas te fier à nous au sujet de Joseph? » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 11). On remarque que le premier terme utilisé est : « qu’as-tu à ne pas te fier à nous », il y a un proverbe qui dit : « celui qui commet le mal est sur le point de se dévoiler », car quiconque ment ou projette de commettre un fait répréhensible peut facilement se dévoiler lui-même, et on voit là toute la beauté du Coran qui fait découvrir l’âme humaine. « Ils dirent: «Ô notre père, qu’as-tu à ne pas te fier à nous au sujet de Joseph? Nous sommes cependant bien intentionnés à son égard, Envoie-le demain avec nous faire une promenade et jouer. Et nous veillerons sur lui » (TSC, ‘Youssouf’ (Joseph) : 11-12). Ce verset montre qu’il n’y a aucune opposition au fait de jouer, que ce soit pour les jeunes ou les moins jeunes.
[i] TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du noble Coran.
L’histoire de Youssouf : A3
L’histoire de Youssouf : A3
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et que les bénédictions et la paix d'Allah soient sur le plus noble des messagers, notre prophète Mohammed. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions. Celui à qui Allah montre le bon chemin est guidé et celui qui s'égare n'a ni maître ni conseiller.
Nous sommes toujours avec le récit du prophète Joseph et nous aurons besoin d’exemplaires du Noble Coran naturellement.
Il ne convient pas d’assister au récit du prophète Joseph sans le Noble Coran à la main. Pourquoi ne convient-il pas d’assister au récit du prophète Joseph sans avoir le Noble Coran à la main ? Parce que tu ne sauras pas suivre. Parce qu’en ayant avec toi le Noble Coran tu vas ressentir les versets de façon totalement différente. Plus encore tu vas apprendre en assistant avec nous. Un conseil mes chers, ayez toujours un petit exemplaire du Noble Coran dans la poche. Ces petits exemplaires de poche comme ceux d’Al Madina ou autre sont de très bons exemplaires et ils te permettront d’avoir le Coran toujours avec toi et t’éloigneront du péché. En vérité lorsque tu es relié au Livre tu ne sauras pas commettre de péché et cela te portera à lire le Coran et à le réviser jour et nuit.
En fait, j’ai constaté que dans toute mosquée on distribue des Noble Coran, ceci est naturellement une bonne chose. Mieux que cela c’est d’avoir sur toi ton Noble Coran, où que tu ailles tu l’as dans ta poche telle une arme qui te tranquillise et te protège. Alors ce que je vous conseille c’est que la prochaine fois quand on dira ouvrons le Noble Coran, que personne n’aille le chercher car chacun aura le sien dans sa poche, et on aura ainsi accompli une œuvre extraordinaire.
Deuxièmement mes chers frères pourquoi relatons-nous les récits des prophètes ?
Le fait de relater les récits des prophètes a plusieurs finalités. La première est que nous voulons te porter à aimer le Coran, car tu ne sauras aimer le Coran que lorsque tu comprendras ces versets. En vivant les récits des prophètes tu t’attacheras plus et tu aimeras plus le Coran. C’est pour cela que je dis que chacun doit avoir sur lui son Noble Coran. Avant, je ne me comportais pas comme ça avec le Coran et je ne le comprenais pas comme ça. Tu commenceras à ressentir dans le Coran une nouvelle douceur et à le comprendre autrement.
La seconde utilité des récits des prophètes est que tant qu’on vit avec ces récits on en tire des leçons et des moralités dans notre vie. Aujourd’hui nous allons tirer quatre valeurs essentielles que tout musulman doit avoir. Je vous dirai à la fin du cours ce que sont ces quatre valeurs.
Je vais revenir une année en arrière et parler brièvement afin que ceux qui se sont absentés un moment puissent suivre avec nous et savoir de quoi on parle…
Jacob avait douze fils dont dix issus d’une mère et deux d’une autre. Les deux fils provenant de la seconde mère étaient les plus jeunes, Joseph et son frère Benyamin. Les dix autres étaient les plus âgés et formaient un grand groupe. Ils avaient atteint l’âge adulte et ce sont eux qui s’occupaient des affaires du prophète Jacob qui prenait de l’âge et qui comptait essentiellement sur eux. Les deux plus petits étaient encore des enfants et étaient issus d’une deuxième mère alors jacob était plus affectueux avec eux comme n’importe quel père et n’importe quelle mère ferait à l’égard de son plus jeune enfant…Montrer un peu plus d’affection pour le plus petit des enfants était ce qu’avait fait Jacob …
Mais note à part… Jacob avait épousé deux femmes ? Et Abraham également avait épousé deux femmes ? Pourquoi alors accuse-t-on l’Islam d’être très dur et qu’il encourage la polygamie ? N’est-il pas vrai que tous les prophètes étaient comme cela…Pourquoi alors s’en prendre à l’Islam ? Quelqu’un a-t-il pensé à cela avant ? Voilà que Jacob, et avant lui Abraham avait épousé Hager et Sara…Nous ne voulons pas que les femmes nous en veulent, nous ne voulons pas par là pousser les hommes à se remarier…Nous sommes venus défendre l’Islam, et dire à ceux qui le combattent : pourquoi vous en prendre à l’Islam si tous les prophètes avant étaient comme cela ? Ceci était juste une brève remarque qui ne dérangera pas les femmes j’espère…
Jacob écouta le prophète Joseph relater le songe où il vit onze astres se prosterner devant lui, ainsi que le soleil et la lune. Jacob l’interpréta ainsi : les onze frères de Joseph se soumettront à lui, de même que Jacob lui-même ainsi que sa femme – donc le père et la mère qui sont le soleil et la lune – se prosterneront devant lui également c’est-à-dire qu’ils s’y soumettront eux aussi.
Jacob était prophète, il s’est dit qu’un prophète ne se soumet qu’à un autre prophète. Il sut alors que le sens de cette vision était que Joseph allait être un prophète.
Ainsi Jacob avait la conviction que Joseph sera prophète. Quel âge avait Joseph à ce moment-là ? Il avait entre neuf et douze ans. Et maintenant il allait vers les douze ans, alors ses frères commençaient à conspirer contre lui. Pourquoi ? Ils commençaient à sentir qu’il était très spécial. Ils sentaient que leur père l’affectionnait plus qu’eux. Ceci n’était nullement une ségrégation de la part du prophète Jacob vis-à-vis de ses enfants. Pas du tout. Cela est naturel chez tout père ayant un petit enfant à l'égard duquel il manifeste une plus grande affection.
Avançons depuis le verset 7 : « Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui s’interrogent ». Qui étaient les frères de Joseph ? Combien étaient-ils ? Ils étaient dix. Quelqu’un les connaît-il ? Faites attention ces dix-là sont les ancêtres des Tribus juives. Toute la descendance des juifs est issue des dix frères de Joseph. Et que nous en importe t-il ? Avez-vous remarqué leurs qualités, leur rancune et ce qu’ils allaient faire ? Nous verrons ainsi que les qualités ont été transmises. Analysons le cas de ces dix-là et qu’y trouverons nous ? Nous y trouvons une grande rancune. Nous y trouvons une grande envie. Vous y trouverez le sentiment d’oppression… Ils croyaient que leur père leur préférait Joseph alors qu’ils étaient tous ses enfants… Nous allons voir que Jacob les aime vraiment… Pourquoi alors avaient-ils ce sentiment-là ? …ils avaient un sentiment interne permanent d’oppression.
Vous allez voir la facilité avec laquelle ils envisagent facilement le meurtre « Tuez Joseph… », « …Et lorsqu’ils l’eurent emmené et se furent mis d’accord… »…ils étaient unanimes à vouloir le tuer…Et avec quelle facilité ! Vous y trouverez l’arrogance avec les prophètes « …Notre père est vraiment dans un tort évident. ». Imaginez quelqu’un dire cela de son père ! …notre père a tort…notre père a de fausses idées…il est perdu…il est délirant… Vous voyez les qualités ? Vous voyez les qualités des dix dont descendront les juifs après ?
Revenons donc « Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui s’interrogent » le verset 8 : « Quand ceux-ci dirent : « Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort. Notre père est vraiment dans un tort évident. Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien. » le verset 10 : « L’un d’eux dit : « Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le si vous êtes disposés à agir, au fond du puits… » Que leur a-t-il dit ? Ne le tuez pas…nous faisons quoi alors ?… Jetez-le dans un puits sans fond… Vous imaginez ? Quelle affection !
Faites attention celui-là pourrait être le pire… Pourquoi ? Celui-là veut s’enfuir de lui-même. Il ne veut pas commettre de meurtre avec ses mains, alors il leur a suggéré de le jeter dans un puits profond… Nous avions longuement discuté le terme (ghayabat’). Il vient de (ghayb’) qui signifie invisible. Le monde des djin’ (Génies) et des anges est appelé monde invisible, le Paradis et l’Enfer sont de l’invisible. « …qui croient à l’invisible... ». Et de là est venu le mot (ghay’ba) : médisance, c’est-à-dire parler de quelqu’un en son absence. De là également est venu le mot (tombe). Le mot (tombe) en arabe est (way’ba) ou (ghayb’), car tu le dissimules en l’enfouissant. Tu le fais descendre sous terre et il ne sera plus visible. Vous imaginez-vous où ils l’ont mis ? Dans les profondeurs…Imaginez ? Imaginez-vous que celui-là est le plus bon d’entre eux.
«…au fond du puits…»…il a dit dans le texte original arabe (joubb’) qui signifie (fosse) et non un puits. Pourquoi ? Parce que le mot puits désigne un puits ordinaire mais (joubb’) est un puits profond plein de serpents et de scorpions, très obscur… Lorsque tu veux parler d’un puits sans fond c’est-à-dire très profond tu ne diras pas (un puits) mais (joubb’) : une fosse.
Alors le meilleur d’entre eux leur dira : ne le tuez point mais jetez-le dans les profondeurs de la fosse. Ensuite, voulant étouffer ses scrupules il dira : «…afin que quelque caravane le recueille…». Comme si c’était possible d’être jeté dans les profondeurs d’un puits en plein désert et d’être retrouvé !
Ils l’emmenèrent donc avec eux… Ils craignaient s’ils le jetaient dans un puits peu profond que quelqu’un l’en fasse sortir. Comme il connaissait le chemin il pourrait retourner tout seul à la maison. Alors ils ont commencé à pénétrer profondément dans le désert, aussi loin que possible, afin qu’il ne puisse plus revenir... Ils voulaient l’égarer… Quelle rancune !
Ils l’emmenèrent très loin dans le désert : « L’un d’eux dit : « Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le si vous êtes disposés à agir, au fond du puits, afin que quelque caravane le recueille … », nous en tirons une grande signification…quelquefois il nous arrive de leurrer nous-mêmes… Quelqu’un voudrait commettre un péché ou un crime mais il évite de le commettre en plein jour, alors il se leurre car c’est la même chose, il n’y a pas de différence… ou encore il ne voudrait pas se lever pour la prière de l’aube mais il se dit que cela ne se faisait pas, alors il règle le réveil mais en diminuant la sonnerie au maximum…
Ou encore, celui qui ressent que sa liaison avec une fille est illicite mais il lui fait savoir qu’il est gêné de l’appeler à cause de l’illicéité de la situation mais qu’elle pourrait le faire, se trouvant ainsi un prétexte de commettre un péché !
Il ne faut pas se leurrer. Ne faisons pas comme ce qu’a fait le frère de Joseph en suggérant de ne pas le tuer mais de lui faire subir un supplice pire que la mort. Pour étouffer ses scrupules. Alors la conséquence est que Allah les a égarés durant quarante ans. Ils furent égarés pendant quarante années parce qu’ils ont voulu tromper leur propre personne.
Soyez francs avec vous-mêmes. Et lorsque vous commettez un péché assumez-le. Prenez une feuille et un stylo et notez-y vos vices… Inscrivez-y tous vos péchés: médisance, ne pas baisser le regard, corruption, calomnie… Ecrivez et soyez francs avec vous-mêmes.
Croyez-moi mes frères il nous arrive parfois de nous dissimuler des regards des gens pour qu’ils ne découvrent pas nos fautes et puis après nous nous dissimulons de nous-même pour que nous n’affrontions pas nos fautes alors le jour de la résurrection nos fautes nous surprendront…Par Allah affrontons-nous nous-mêmes…
Mes chers je ne suis pas venu raconter des histoires et des événements. Moi je me mets devant le verset, et en préparant je me dis : Seigneur quel bénéfice les gens vont-ils tirer de ce verset-là ? Et en faisant ressortir les sens des versets je suis surpris de trouver que les livres d’exégèse disent la même chose comme si les versets étaient clairs et les significations claires…
« Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien. » Que veut dire : « …et que vous soyez après cela des gens de bien. » ? Ils avaient l’intention en même temps de tuer et de se repentir. Imaginez… avoir en même temps l’intention de commettre le péché et de se repentir, est-ce acceptable ? Elle fut refusée pour quarante ans.
Il y a des gens qui agissent de la même manière. Ils jurent devant Allah, juste avant de commettre le péché, que ça sera la dernière fois et qu’ils vont se repentir après ! Ils jurent par exemple que ça serait la dernière fois qu’ils sortiraient avec une untelle… La conséquence sera qu’Allah te fera oublier le repentir pour vingt, trente ans… C’est ce qui s’est passé avec les frères de Joseph. Il leur a fait oublier le retour et étaient restés égarés. Ils étaient restés éloignés de leur père quarante ans, incapables de l’affronter. Ne vous laissez donc pas abuser par le diable.
Le verset 10 : « L’un d’eux dit : « Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le si vous êtes disposés à agir, au fond du puits, afin que quelque caravane le recueille … » Le verset 11 : « Ils dirent : « Ô notre père, qu’as-tu à ne pas te fier à nous au sujet de Joseph ? Nous sommes cependant bien intentionnés à son égard. Envoie-le demain avec nous faire une promenade et jouer. » »
« Envoie-le demain avec nous faire une promenade et jouer ». On parle ici de jouer ! Que veut dire le mot (yartaâ’) : (transcrit en français ici : faire une promenade) ? Ca vient de (rataâ’) c’est-à-dire manger comme on veut tout en jouant. Alors le mot (jouer) existe-t-il dans le Coran ? C’est-à-dire est-il convenable qu’il y ait ce mot (jouer) dans le Coran ?
Comprenez la religion dans son ensemble. L’Islam inclut le repos, la pause et il inclut le sport et l’excursion, et il englobe la jouissance de la vie tant que tu ne désobéis pas à notre Seigneur. Pour preuve le Coran lui-même a affirmé le mot (jouer)… Il l’a rapporté … Tant que tu ne désobéis pas à notre Seigneur. Pourquoi a-t-Il affirmé cela dans le Coran ? Parce que c’est recommandé pour la jeunesse. Faites attention au fait que ceux-là étaient tous des jeunes. Il est recommandé de jouer et de sortir : « Envoie-le demain avec nous faire une promenade et jouer. Et nous veillerons sur lui ». « Il dit : « Certes, je m’attristerai que vous l’emmeniez ; et je crains que le loup ne le dévore dans un moment où vous ne ferez pas attention à lui. Ils dirent : « Si le loup le dévore alors que nous sommes nombreux, nous serons vraiment les perdants ».
Pourquoi Jacob a-t-il évoqué le loup ? Parce que la région où ils allaient jouer en pullulait.
Le verset 15 : « Et lorsqu’ils l’eurent emmené, et se furent mis d’accord pour le jeter dans les profondeurs invisibles du puits, Nous lui révélâmes : « Tu les informeras sûrement de cette affaire sans qu’ils s’en rendent compte ». Imaginez alors qu’ils l’emmenaient…imaginez les injures, les coups, l’humiliation, la rancœur, la rancune alors qu’ils sont ses frères et qu’il avait juste douze ans. Imaginez l’état du prophète Joseph et imaginez qu’ils allaient le jeter dans un puits et qu’ils allaient lui enlever sa tunique… Pourquoi lui enlèveraient-ils sa tunique ? « Ils apportèrent sa tunique… ». Ils lui enlevèrent donc ses vêtements et continuèrent à chercher un puits au fond du désert.
Imaginez l’épreuve subie par Joseph ? Quelqu’un a-t-il subi pareille épreuve ou plus dur que cela?
Ils continuèrent à avancer dans le désert jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à un puits profond au milieu du désert, et s’assurèrent que Joseph ne pouvait pas revenir… qu’il était totalement égaré et que même s’il sortait du puits –et c’était impossible – il ne saurait retrouver son chemin. Et puis après ils ne le feront pas descendre jusqu’au fond du puits mais le jetteront purement et simplement au milieu…Vous saisissez le mot (le jeter) ? C’est-à-dire qu’il est probable qu’il se tue dans la chute…
Il se retrouva au fond du puits où il y avait de l’eau, des rochers, et des serpents… Imaginez-le, à douze ans, entendant le bruit des serpents et des scorpions… Il restera trois nuits dans le puits. Comment va-t-il se nourrir ?… et comment survivra-t-il ?… et quelle douleur ?… et quelle peur ?… et quelle obscurité ?…
La moralité essentielle a tirer de ce récit est la patience. Prenez exemple sur le prophète Joseph (sur lui le Salut). Alors, quoi qu’il vous arrive comme épreuve, ayez patience. Quelles épreuves avez-vous subi dans votre vie, comparées à celles subies par le prophète Joseph ?
Joseph ne crut pas que ses frères allaient lui faire cela. Il les a sûrement appelés tandis que leurs voix s’éloignaient : « Frères !… Est-ce cela ce que vous a recommandé mon père ?… » Mais ils ne répondirent pas… Quelle dureté de cœur ?…Quelle ingratitude
Le verset dit : « …ils se furent mis d’accord… » ; Se peut-il qu’aucun d’entre eux ne s’opposa à leur plan de faire subir à Joseph une telle épreuve et d’attrister leur père? Quelle dureté ! Existe-t-il quelqu’un d’aussi dur parmi la nation de Mohammed (BP sur lui) ?
Il en existe malheureusement… La femme dont la sœur est décédée et qui a passé dix ans sans demander des nouvelles de ses neveux et nièces. Ils ne s’entendent pas sur une question d’argent, et si elle les rencontrait dans la rue elle ne les reconnaîtrait pas ! Est-ce raisonnable que ce genre existe parmi la nation de Mohammed (BP sur lui) ?
Malheureusement c genre de personnes existent. Certains vont même jusqu’à quitter leurs parents depuis plusieurs années, et si l’un d’eux rencontrait son oncle dans la rue il ne le reconnaîtrait pas !
Qu’arrive-t-il à la nation ? Nous sommes la cause de ce qui nous arrive. Nous avons détruit les fondations sur lesquelles se dressait notre religion. Où est donc passé le maintien des liens de parenté ? Nous apprenons dans les journaux que untel a tué son père et sa mère ! Et qu’une autre a fait maltraité sa mère… Et des jeunes qui élèvent leur voix sur celle de leur mère la faisant trembler de peur et pleurer !
Nous souffrons désormais d’immenses troubles que nous nous faisons subir « …car Allah ne fait point de tort aux serviteurs ». Notre Seigneur n’opprime personne « …Nous ne leur avons fait aucun tort mais ils se faisaient du tort à eux-mêmes »
Le prophète Joseph se retrouva ainsi dans la fosse tandis que leurs voix s’éloignaient… Il les as sûrement interpellés : « Frères !… Si vous devez me laisser écoutez alors mon dernier vœu !… ». Il commença à leur dire son vœu… Cette parole se trouve dans les récits et non dans un hadith authentique et n’a pas de preuve, mais on s’imagine qu’il ait dit chose semblable même si ce n’était pas certain.
En les appelant que leur dira-t-il ? Il les appela alors en leur disant : « Frères !…Quand vous vous rassemblerez rappelez-vous ma solitude ! Et quand vous mangerez rappelez-vous ma faim ! Et quand vous boirez rappelez-vous ma soif ! Et quand vous rencontrerez un étranger rappelez-vous mon isolement ! »…
Il les interpella dans l’espoir de toucher leur cœur, mais ils ne furent point touchés. Ils avaient un cœur dur, glacé… Tandis qu’il les appelait arriva la Révélation : « Nous lui révélâmes : « Tu les informeras sûrement de cette affaire sans qu’ils s’en rendent compte ». Calme-toi Joseph Allah est avec toi…
Mes frères, en plein cœur de situations critiques, on trouve la miséricorde et la sérénité qui emplissent les cœurs… Calmez-vous et communiquez avec votre Seigneur… « Nous lui révélâmes… »… cela nous arrivera mais d’une autre manière.
« Nous lui révélâmes : « Tu les informeras sûrement de cette affaire sans qu’ils s’en rendent compte », comme si notre Seigneur disait : Ô Youssouf cesse de les appeler et occupe-toi plutôt de M’évoquer. Evoque-Moi Je suis Le Durable pour toi.
Il commença à invoquer Allah le Tout-Puissant le Très-Haut comme il est décrit dans la citation : « Ô Toi Qui divertis celui qui est solitaire, et Qui accompagne celui qui est étranger et Qui entend la confidence et Qui découvre le malheur », et il commença à appeler Allah et à l’évoquer.
Je dédie ces paroles à quiconque touché par un malheur, à la mère qui a perdu ses enfants, et au père qui peine dans son travail et qui a des problèmes avec ses enfants, et à celui que les enfants accablent, et à celui qui a perdu son travail, et à celui qui endure une maladie chronique etc. Prenez exemple sur Joseph « Nous lui révélâmes : « Tu les informeras sûrement de cette affaire sans qu’ils s’en rendent compte ».
Remarquez que Abraham (le salut sur lui) est l’arrière grand-père de Joseph. Par quoi Abraham a-t-il été éprouvé ? Il a été jeté dans le feu, et son arrière petit-fils par quoi a-t-il été éprouvé ? Il a été jeté dans l’eau…comme si Allah (l’Exalté le Très-Haut) voulait nous communiquer une très belle signification… Allah éprouve qui Il veut comme Il veut. Il pourrait éprouver le père et son descendant avec deux choses contraires, celui-là avec le feu et l’autre avec son contraire l’eau. Les deux ont patienté et les deux étaient reliés à Allah. Ainsi tout revient à Allah.
Nous allons donc entamer de nouveaux versets. Le verset 16 : « Et ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant ». Ce verset est pure psychologie et les professeurs de psychologie ont besoin d’écouter ce verset…
Première chose : « Et ils vinrent à leur père… »…quand ? « …le soir…». Le Coran contient-il des mots superflus mes frères ? Y aura t-il une différence s’ils venaient la nuit ou à l’aube ou non ? Si. Il y en a. Quelle est la valeur du mot « …le soir… » ?
Parce qu’ils ne pouvaient affronter leur père les yeux dans les yeux en plein jour. Ils seraient trahis. Leurs yeux trahiront leur mensonge… Ils étaient forcés pour cela d’attendre la tombée de la nuit, pour que les regards se voilent par l’obscurité, et qu’ils puissent ainsi proférer leurs mensonges à leur guise. Car il est étonnant comment la face trahit quelque soit l’habileté de la personne à mentir. Quoiqu’elle puisse être capable de mentir et qu’elle ait soigneusement préparé son mensonge, le regard et les traits du visage reflèteront le mensonge de la vérité. C’est une chose innée que notre Seigneur a projetée dans le cœur de l’humanité. Si sa langue profère un mensonge ses yeux ne sauront mentir. Si sa langue ment son visage ne saurait le faire.
Ils avaient commis leur crime mais ils étaient incapables d’affronter de jour leur père. Ils avaient retardé leur retour et étaient restés à attendre qu’il fasse nuit « Et ils vinrent à leur père, le soir… »… et qu’il y ait obscurité afin qu’ils mentent comme ils veulent…
Que pourrions nous en tirer comme utilité ? Plusieurs jeunes disent qu’ils sont naïfs car dès qu’ils essayent de mentir, leurs yeux les trahissent. Non vous n’êtes pas naïfs mais vous avez plutôt une nature pure. Alors que la fille capable de mentir à ses parents, qui leur dissimule durant plusieurs années un mariage Orfi[1] ou la fréquentation d’untel et dont le visage est arrivé aussi à exprimer le mensonge, a une nature souillée.
Regardez cette expression « Et ils vinrent à leur père, le soir…» ensuite « Et ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant » Ressentaient-ils de la douleur ? Pourquoi donc le Coran ne dit-il pas « …faisant semblant de pleurer » au lieu de « Et ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant » ? Ils s’étaient tellement imprégnés par leur mensonge qu’ils furent touchés par le sort de Joseph… ils pleurèrent. Il faisait nuit et personne ne voyait comment étaient les yeux et personne ne voyait les traits des visages. Il est possible que le visage rie alors qu’ils persistaient à dire à leur père que Joseph leur manquait etc.
A ce propos, l’un des suiveurs du prophète, Al-Aâmach’ était en compagnie de Chouray’h un illustre juge islamique quand une femme vint se plaindre contre une autre femme. Alors en se plaignant elle s’était mise à pleurer tandis que Chouray’h la questionnait sans faire attention à ses larmes. Alors Al-Aâmach’ dit à Chouray’h: "Arrête de la questionner, ne vois-tu pas ses larmes?" Il dit: "Non par Allah, les frères de Youssouf l'ont tué puis ils sont venus pleurer en mentant. Ne juge que par le droit".
Nous apprenons également une autre bonne moralité. Juger les gens selon les faits et réalités. Ceci est une des expériences de la vie que nous apprenons de la sourate "Youssouf". Ne vous ai-je pas dit que ce verset contient des notions de psychologie ?
Le verset 17: "Ils dirent:" Ô notre père, nous sommes allés faire une course, et nous avons laissé Joseph auprès de nos effets…" Au fur et à mesure que nous avançons nous trouvons les joyaux que le Coran recèle… Lorsque nous parlons de ‘faire une course’ ; la course à pieds nous vient à l’esprit alors que toutes sortes de compétitions y sont incluses, la course de chevaux, ou encore le tir à l'arc ou encore le ballon. Je ne dis pas qu'ils étaient en train de jouer au ballon mais je veux dire que cela existe dans le Coran…
Qu'on ne comprenne pas que j’encourage tout le monde à jouer jour et nuit. Je vous dis que l'Islam inclut le sport et il inclut les loisirs et voici que le Coran l'affirme. Il ne faut pas compliquer les choses, ne regardez pas l'Islam d'un angle très aigu… l'Islam n'est pas de rester toute la journée dans la mosquée à prier et à et de ne s'occuper que de dévotion… Ce n'est pas vrai… Nous voulons des gens accomplis dans tous les domaines de la vie. Nous voulons des sportifs ; nous les voulons excellents dans de telle discipline. Vous voudrez être bons musulmans ? Apprenez du Coran…
Donc "…nous sommes allés faire une course…" la voilà affirmée dans le Coran, et nous avons dit qu'elle englobe différents domaines et que Jacob ne l'a pas reniée. "…nous sommes allés faire une course, et nous avons laissé Joseph auprès de nos effets; et le loup l'a dévoré." Evidemment à propos de l'expression "…le loup l'a dévoré", ils voulaient utiliser un terme déjà évoqué par Jacob afin de rendre le scénario plus plausible… Puis après qu'ont-ils dit? "Ils dirent : "…et le loup l'a dévoré. Tu ne nous croiras pas, même si …" remarquez cette expression (même si) "…même si nous disons la vérité". Alors disent-ils la vérité ou mentent-ils ?
Ils mentent… c'est-à-dire qu'ils reconnaissent, même si nous disions vrai tu ne nous croiras pas. Vous savez "Qui doute de lui-même dirait presque prenez-moi"… Leurs paroles les ont trahis sans qu'ils s'en soient aperçus. Comme si le verset voulait dire que quelque soit l’habileté dans le mensonge on se trahit. Regardez, tout le verset te montre comment leur scénario a été bien monté et la fin du verset te montre qu'ils n'avaient pas su mentir, ils sont donc sortis menteurs " Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité".
Il y inclut aussi un autre volet c'est leur insolence avec leur père: toi notre père tu penses toujours du mal de nous. Imaginez quelqu'un dire cela à son père ? En effet, il existe des jeunes gens qui disent cela à leurs parents pour faire pression et obtenir ce qu’ils veulent. Soyez sincères avec vos parents ensuite sollicitez-les.
"Ils dirent:" Ô notre père, nous sommes allés faire une course, et nous avons laissé Joseph auprès de nos effets ; et le loup l'a dévoré. Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité".
Le verset 18 : « Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang ». Ce verset-là contient un sens très important.
Premièrement « Ils apportèrent sa tunique… ». Ils vont commettre une autre erreur, ils apportèrent la tunique à leur père telle quelle… ils ne l’avaient pas déchirée ! Ils apportèrent la tunique de Joseph comme elle était, ils égorgèrent une brebis et prirent un peu de son sang qu’ils étalèrent sur la tunique puis ils sont rentrés en pleurant pour la présenter en tant que preuve de la mort de Joseph.
Alors Jacob regarda la tunique et devina leur mensonge. Regardez la lucidité du croyant. Voyez-vous à quel point le croyant est-il de prompte logique ? Il n’est pas aussi naïf que cela.
Qu’est-ce qui empêche en fait beaucoup de jeunes d’être pieux ? Parce qu’il pense que celui qui est pieux est quelqu’un dont on se moque et qui ne réagit pas. On ne l’imagine pas pieux et perspicace. On ne l’imagine pas pieux et accompli. On ne l’imagine pas pieux et ayant le sens de l’humour. On ne l’imagine pas pieux et débrouillard, réussissant dans son négoce, assimilant le monde dans sa marche…
Donc dès qu’il eut porté son regard sur la tunique, Jacob ne les traita pas de menteurs car il était bien éduqué. S’il leur avait dit à haute voix : vous êtes menteurs, il aurait brisé quelque chose en eux et aurait accru leur rancune envers leur frère, n’est-ce pas ? Donc il ne voulait pas les affronter avec ces paroles. Il les avait émises à demi-mot, de façon dissimulée.
Il y a des pères et des mères qui, quand ils voient leurs enfants commettre un péché, à chaque fois qu’il les contrarie ils lui rappellent ce péché engageant ainsi à l’intérieur de leur fils un travail destructeur… Si vous voulez être de bons éducateurs, contournez les problème et leur des remarques indirectes comme l’a fait Jacob. Au fait vous voyez l’éducation en Islam ? Regardez comment nous faisons sortir à chaque fois un sens différent ?
Donc Jacob ne voulait pas les détruire. Il ne voulait pas les traiter de menteurs, il ne voulait pas en arriver là. Prenez garde à ne pas faire pression sur vos enfants et à les traiter de menteurs et que vous avez découvert leurs mensonges… sauf peut-être s’ils persistent dans leurs mensonges… Il ne convient pas de les humilier à leur première tentative, mais après un certain temps, il faut vous comporter avec eux comme si vous n’aviez rien vu, et corriger de façon indirecte que nous apprenons du prophète Jacob.
Remarquez avec moi le terme « faux sang » : « Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang ». Existe-t-il un vrai sang et un faux sang ? Non. Pourquoi alors a-t-Il dit « faux sang » ? A force de sentir mauvais, le mensonge va s’étendre à toutes les choses qui entourent, à tel point que le sang lui-même dirait presque : je suis faux, je ne suis pas la vérité, je ne suis pas le vrai…
Mes frères je vous mets en garde contre le mensonge. Le Prophète (BP sur lui) dit : « L’homme s’habitue à mentir et cherche toujours à le faire au point d’être inscrit chez Allah parmi les menteurs». Sais-tu ce que veut dire l’expression « cherche toujours à le faire » ? Il cherche la meilleure manière de tisser le mensonge.
Il viendra le jour de la résurrection et sera appelé : « Untel fils d’untel le menteur se présente devant Allah le Tout-Puissant le Majestueux ! »… Voulez-vous rencontrer notre Seigneur en menteur ? Combien de mensonges avez-vous proféré la semaine passée ?
Asmâa a dit au Prophète (BP sur lui): Ô Messager d’Allah, je vois la nourriture que j’aime et je dis aux gens que cela ne me plaît pas. Est-ce un mensonge ? Le Prophète (BP sur lui) lui répondit « le mensonge est certes inscrit jusqu’à ce que le petit mensonge soit inscrit petit mensonge » tout est inscrit.
On a demandé un jour au Prophète (BP sur lui): “Est-ce qu’un croyant vole ?” Est-il possible que quelqu’un puisse être croyant et voler ne serait- ce qu’une fois ? Il a dit : “Oui” On lui a demandé “Est-ce qu’un croyant commet l’adultère?” Un croyant peut-il commette l’adultère ensuite il redevient croyant une seconde fois ? Il a répondu : “Oui”. C’est possible. Mais, lorsqu’on lui a demandé : “Est-ce qu’un croyant ment ?” Il a dit : “Non le croyant ne ment pas”
Vous entendez cela ? Pourquoi ? Car en abandonnant le mensonge on abandonne plusieurs péchés… Si un jeune adolescent fume et avoue le faire tout en sachant que son père pourrait le châtier finira par abandonner la cigarette et ainsi de suite… Toute calamité n’est issue que d’un mensonge ou est couverte par un mensonge…
Vous Ô gens qui basez vos péchés sur le mensonge, persisterez-vous après ce que vous avez entendu aujourd’hui? Allez vous rester menteurs ? Allez-vous continuer à baser vos relations avec vos parents par le mensonge ?
Mes frères je crains par Allah et toute ma crainte est que ces leçons restent des paroles. Des paroles que nous sommes venus écouter et repartir… Je vous en conjure, il serait illicite que nous ayons fait tout cet effort, venir de loin, supportant cette chaleur pour seulement écouter ces paroles. Les musulmans sont fatigués de ne faire qu’écouter… Nous sommes fatigués… La situation de la nation musulmane se détériore jour après jour du fait que les musulmans écoutent seulement.
Par Allah vous qui assistez à ces leçons, bougez, insistez pour changer les choses… Je ne vous demande pas de changer tout d’un coup. Il suffit qu’une seule chose change à chaque fois… Alors je sollicite Allah le Tout-Puissant le Très-Haut qu’il nous fasse don à vous et à moi de la vérité dans cette parole.
« Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang », cette parole-là par Allah me fait mal… le sang qui dit : je suis menteur, vous vous imaginez ?! Regardez cette merveilleuse expression coranique ? « Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang. Il dit : « Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré quelque chose… (Il ne me reste plus donc) qu’une belle patience ! ».
Faites attention il y a une distance entre « Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang » et l’expression « Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré… » Le dialogue même leur demande : bon racontez-moi ce qui s’est passé… et les larmes du prophète Jacob tombèrent sûrement… il était certainement affligé et demandait sûrement en criant : que s’est-il passé ? D’accord mais où est passé tout ce dialogue, il ne figure pas dans le Coran pourquoi ?
De la beauté de la sourate (Youssouf) le fait qu’elle te ménage des espaces… Tu es là à imaginer toi-même le dialogue, c’est comme : « …jetez-le si vous êtes disposés à agir, au fond du puits… »… est-ce que quelqu’un a rapporté ce qui s’est passé dans les profondeurs du puits ? Seulement l’expression « les profondeurs invisibles du puits… » laisse ton esprit préoccupé à deviner ce qui aurait pu se passer dans ces profondeurs… Comme si la signification était que la beauté du récit coranique laisse le spectateur dans le suspens… On dit que le meilleur scénario dramatique dans un film ou dans un feuilleton est celui qui laisse l’esprit du spectateur préoccupé à deviner la suite des événements, et quand il réalise que tout se passe effectivement comme il l’avait prévu il est satisfait de son intelligence…
Ainsi un espace commence… il va les questionner encore et encore et à la fin : « Il dit : « Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré quelque chose… (Il ne me reste plus donc) qu’une belle patience ! »
A première vue est-ce logique qu’il laisse passer la chose avec autant de facilité ? Comment réagirait n’importe quel père dans une situation pareille ? Dira-t-il belle patience et il se tait après ? Il fera l’impossible et ira même à sa recherche lui-même. Alors pourquoi Jacob n’a-t-il pas agi ainsi ?
Premièrement sait-il si Joseph est vivant ou mort ? Grâce à la vision que Joseph lui avait raconté, il sait qu’il est vivant et qu’il sera prophète… Il est donc vivant, mais Jacob craignait qu’en allant à sa recherche et que s’ils le cachaient quelque part ils ne lui fassent subir encore pire destin…
Parfois des hommes et des femmes sous l’effet de la passion réagissent de manière tout à fait démesurée. Mais regardez à quel point Jacob était indulgent et qu’il mesurait la situation avec raison. Il ne les traita pas de menteurs, ne se vengera pas d’eux car il ne voulait pas perdre les douze frères, vous comprenez ? Il a décidé devant toutes ces circonstances, que ces dix-là sont forts, ce sont eux qui avaient la charge de ses affaires alors que lui il était vieux…
Les jeunes doivent épargner leurs parents et ne pas être comme les frères de Joseph… Il y a des femmes qui se plaignent de leurs enfants… Prenez garde, ce que vous faites subir à vos parents, vos enfants vous le feront subir dans vingt ans…
Jacob n’est pas faible, ni passif mais il est plutôt désarmé, car toute initiative qu’il prendra aura des conséquences désagréables. S’il s’en venge et qu’il les chasse il perdra les douze et peut-être pire encore. Et s’il les traite de menteurs il les détruira sans rien obtenir d’eux. Et s’il court à la recherche de Joseph il se pourrait qu’ils lui fassent plus de mal. Donc à la fin ils feront plus de mal à leur frère et redoubleront de rancune. Il a donc décidé d’adopter la seule attitude possible qu’il avait : « Il dit : « Vos âmes, plutôt, vous ont suggéré quelque chose… (Il ne me reste plus donc) qu’une belle patience ! »
Par Allah soyez indulgents à l’égard de vos parents mes frères… la fille qui fréquente un garçon à l’insu de son père ou contre le gré de son père et sa mère, épargne ton père et ta mère… par Allah épargne-les… le jeune qui consomme de l’alcool ou qui échoue ou qui rend son père et sa mère dépressifs… le jeune qui voit qu’il est plus fort que ses parents alors qu’ils craignent qu’il leur cause du tort ou qu’il soit audacieux envers eux… Imaginez le chagrin de ce père-là ?
Mes frères, allez embrasser les mains de vos pères et vos mères et prenez soin d’eux pour que vos enfants prennent soin de vous plus tard… Mes frères au fur et à mesure que le temps passe les choses deviennent plus dures… Si tu es dur envers ton père et ta mère aujourd’hui viendra celui qui t’humiliera et qui te fera regretter d’avoir fait pleurer tes parents… Je jure qu’en embrassant leurs mains tu vas ressentir la douceur de la foi dans ton cœur comme si tu avais prié notre Seigneur durant dix ans… une nouvelle douceur… et ne mettez pas vos parents dans la situation dans laquelle Jacob avait dit : « belle patience ! »
Regardez cette expression-là « belle patience » ? Existe-t-il une belle patience et une patience moins belle ? Que veut dire « belle patience » ? Il ne patientera pas n’importe quelle patience. Vous imaginez-vous la position dans laquelle est Jacob (Salut sur lui), est-elle difficile ou pas ? Alors pourquoi leur dit-il belle patience ? C’est comme s’il leur disait : regardez ce que vous lui avez fait ? Alors moi je ne vais ni crier après vous, ni me conduire avec vous avec dégoût, ni être déprimé devant vous. Moi je vais me conduire avec vous avec clémence… C’est une patience sans dégoût, une patience sans plainte, une patience sans désespoir de la miséricorde de Allah… C’est ça la belle patience.
Saurez-vous faire preuve d’une telle patience vous qui avez perdu un enfant ou qui êtes dans une situation difficile. Mes chers, le récit du prophète Joseph est un récit pour ceux qui patientent… ceux qui ont des malheurs…
Les érudits disent : « Ne lira la sourate (Youssouf) un malheureux que Dieu ne découvre sa peine ». Mais qui pourrait avoir un malheur tel que celui de Jacob et Joseph ?
Pendant que nous parlons de Jacob, que fait Joseph ? Il est dans le supplice, dans le puits … Il est toujours dans l’obscurité durant trois jours, parmi les serpents et les scorpions, sans vêtements, nu en train d’appeler ses frères alors qu’ils partaient, leur disant : « Rendez-moi ma tunique, elle me servira de linceul si je meurs et elle me réchauffera si je vis. Rendez-moi moi ma tunique elle couvrira ma nudité si je vis ». Mes frères, ayez de la patience.
Soyez patients envers quelques petits malheurs… Qui est plus aimé de Allah ? Toi ou Jacob ? Il l’a éprouvé plus que toi. Pourquoi quand il arrive un malheur à l’un d’entre nous, il croit que Allah est contre lui ! Etait-Il en colère contre Jacob et Joseph ? Qu’Il t’ait éprouvé ne veut pas dire qu’Il te hait… Il se pourrait qu’Il t’ait éprouvé parce qu’Il t’aime. Mes frères parfois Allah t’éprouve parce qu’Il t’aime… Comment ça ? Tu as à ton compte un péché et si tu meurs sans qu’il ne te soit pardonné tu iras en Enfer. Allah t’aime et ne veut pas te faire entrer en Enfer, donc Il t’éprouve, supporte un peu… être un peu malmené dans la vie, tu vivras des journées difficiles, cela ne fait rien mais tu n’iras pas en Enfer. Donc choisis l’épreuve de la vie plutôt que celle de l’Au-delà…
Parfois Il t’éprouve parce qu’Il ne veut pas te décevoir le jour de la résurrection… Tu vas rentrer de toute façon au Paradis seulement tu as à ta charge quelques péchés qui te trahiront quand Allah t’appellera en disant : « Ô Mon serviteur, te fais-tu peu de souci de Ma rencontre ? » Tu vas entrer au Paradis d’accord, mais Il ne veut pas te voir humilié en Sa présence le jour de la résurrection. Il veut que tu Le rencontres la tête haute et que tu Lui dises : Seigneur c’est vrai que j’ai péché mais tel malheur m’a purifié Ô mon Seigneur…
Parfois Allah t’éprouve parce qu’Il veut te faire parvenir un rang plus élevé au Paradis… Tes bonnes actions sont faibles, elles ne te permettront pas d’accéder au Firdaws… Notre Seigneur t’aime, ton cœur est pur Il veut te faire gagner le Paradis Supérieur… Il va te malmener un peu pour compléter tes bonnes actions et accéder au Paradis Supérieur…
Parfois Il éprouve un père et une mère, ils perdent un de leurs enfants et ils se demandent alors pourquoi ils subissent ce malheur alors qu’Il les aime… Car la mère continuera à adresser à son fils de bonnes actions tant qu’elle vit. S’il avait vécu il n’aurait probablement pas fait ces bonnes actions, alors il sera absous et entrera au Paradis Supérieur. Quant à la mère, à force d’avoir été pieuse afin qu’elle puisse adresser de bonnes actions à son fils, elle se retrouve également avec de bonnes actions à son compte, elle est arrivée à un tel degré de piété qu’elle sera admise avec ses enfants au Firdaws…
Mes frères, ayez de la patience envers les épreuves… Parfois Allah vous éprouve pour vous dire : Ne vous soumettez-vous pas ? Jusqu’à quand resterez-vous aussi orgueilleux ?... Soumettez vous à Allah et invoquez Le quand un malheur vous frappe…
Ensuite après avoir dit : belle patience, il a dit : « C’est Allah qu’il faut appeler au secours… »… comme s’il ne pouvait prendre patience que grâce à l’assistance d’Allah. La piété nécessite une assistance et la patience également. Mes chers sans notre Seigneur nous n’y pourrons rien. Même la patience n’est pas possible sans notre Seigneur. A ce propos, je vous demande : qu’est-ce qui est plus beau que l’autre, que tu patientes pour Allah ou que tu patientes par Lui ?
Que tu patientes pour Allah est clair, on ne prend patience que pour Lui, alors que prendre patience par Allah équivaut à dire : « C’est Allah qu’il faut appeler au secours… »… Lequel est plus élevé ?
Les érudits ont prononcé une très belle parabole. Ils disent que des deux il n’y a pas plus beau. Ils ont dit : « On ne pourra patienter à l’égard de Allah que grâce à Allah » (on ne pourra être patient à l’égard de Allah qu’en se faisant aider par Lui). Tu ne sauras avoir patience vis-à-vis de notre Seigneur qu’en sollicitant Son assistance pour qu’Il t’aide à être patient à Son égard.
Mes frères nous n’avons pas autre que Lui je vous le jure. Allez vous le croire mes frères, regardez cette séance que nous tenons maintenant. Par Allah elle est parfois plus chère pour l’un d’entre nous que toute la semaine. Nous allons par notre intention gagner toute la semaine. Des anges venus de toutes parts de la terre se rassemblent pour cette séance-là et notre Seigneur disant : « Je vous rends témoins Mes Anges que je leur ai pardonné. » Nous n’avons pas autre que Lui mes frères…
Selon le texte du hadith du prophète, par Allah pour chaque personne se tenant ici il y a au-dessus de lui un ange: « S’il reste assis dans son lieu de prière, Allah lui envoie un Ange qui dira:“Ô Allah pardonne-lui, ô Allah fais-lui miséricorde, ô Allah pardonne-lui, ô Allah fais-lui miséricorde. » C’est à Allah qu’il faut demander assistance et « C’est Allah qu’il faut appeler au secours… »…
Ensuite il a dit : « C’est Allah qu’il faut appeler au secours contre ce que vous racontez. » Donc sait-il qu’ils sont menteurs ou pas ? Voici que les paroles sont très explicites…
A propos mes chers concernant l’expression (belle patience) il est rapporté dans les récits que Djibril (Gabriel) est venu à Jacob : « Il est venu à Jacob alors que ses sourcils sont tombés et qu'il avait perdu la vue" et lui a dit: "Qu'as-tu Ô Jacob ?"… Jacob (salut sur lui) lui dit: "Ô Djibril ce qui a fait cela de moi est la longueur du temps et l'abondance des peines"… un temps long et beaucoup de peines. Allah alors révéla à Jacob "Te plains-tu de Moi à autre que Moi Ô Jacob?" Il dit: " Seigneur j'ai fauté pardonne-moi"...
Mes frères imaginez une seule fois durant quarante ans Jacob a dit: « …la longueur du temps et l'abondance des peines » mais celle-ci n'est pas de toi Ô Jacob « Te plains-tu de Moi à autre que Moi Ô Jacob ? »
Retournons une seconde fois au verset 19 : « Or, vint une caravane. Ils envoyèrent leur chercheur d’eau, qui fit descendre son seau. » Une caravane c’est-à-dire des gens en voyage… Des voyageurs venus de Syrie en direction d’Égypte…
Une question s’impose: qu’est-ce qui les a fait venir dans cette portion du désert ? N’avons-nous pas dit : au fond du désert ? Ils s’étaient égarés. Qui les a fait égarer ? Allah…
Mes frères il y a des événements qui ont lieu et dans lesquelles on voit du mal alors que Allah voudrait en faire profiter quelqu’un d’autre par Sa miséricorde sans que l’on le sache… Gloire à Allah…
Je vous raconte l’histoire du père parti en voyage. Il avait laissé sa femme avec un bébé et un petit enfant… le bébé avait beaucoup de fièvre et était mourant et il n’y avait à la maison que cinquante livres. Alors la mère crut que son enfant été perdu puisqu’il était tard dans la nuit et qu’aucun médecin n’accepterait de venir le voir…
Elle entendit frapper à la porte. Etonnée, elle ouvrit la porte et trouva quelqu’un qui se présenta comme étant un médecin et demanda à voir le malade… Stupéfaite, elle emmena le médecin auprès de son fils. Il le consulta et lui donna un remède et la rassura… Alors qu’il partait, elle lui demanda qui l’avait envoyé chez eux… Ce fut au tour du médecin de lui demander s’il était à la bonne adresse… Il s’était trompé d’appartement !
Gloire à celui Qui rendit malade quelqu’un dans l’appartement voisin. Ce malade serait absous de ses péchés après être tombé malade après s’être demandé pourquoi Allah l’avait rendu malade ! Mon frère, pour que l’on secoure l’enfant de ton voisin… Gloire à celui Qui rendit malade quelqu’un dans l’appartement voisin et Gloire à celui Qui fit que la main du médecin se trompe en frappant à cette porte au lieu de l’autre…
« Or, vint une caravane. Ils envoyèrent leur chercheur d’eau…».
« ...Ils envoyèrent leur chercheur d’eau… » Le chercheur d’eau est l’homme chargé de remonter l’eau du puits. Ils envoyèrent donc leur chercheur d’eau et étaient restés loin. L’homme «…qui fit descendre son sceau…»… il est en train de descendre… Regarde de quelle manière éloquente le Coran fait augmenter la tension de tes sens… Il descend… descend…et soudain il senti que quelque chose de lourd s’était accrochée et il commença à tirer… Ce n’est pas de l’eau… Il vit devant ses yeux un garçon comme il n’y en a pas de plus beau. Il dit : « Bonne nouvelle !… »
Par « Bonne nouvelle ! » il appelait la joie elle-même. A force de joie il avait dit « Bonne nouvelle ! » comme si à force d’être joyeux il avait dit : Ô joie viens voir ma joie… Voyez-vous la beauté de l’expression coranique ? Il veut te dire combien il était joyeux ?
A propos il se pourrait que dans vingt ans, un autre vienne au même endroit ici, relatant le même récit et qu’il en fasse sortir de nouveaux sens. Vrai ou pas ? Le Coran se renouvelle mes frères. Tout ce que l’on dira n’épuisera pas les sens qu’il contient. C’est pour cela que dans une citation que j’aime beaucoup il est dit : « Seigneur fais que le Coran soit pour nous un compagnon dans la vie et un confident dans la tombe ». Savez-vous comment moi je conçois le terme « confident » ? Le Coran viendra et se mettra à dévoiler pour toi ses secrets au fur et à mesure, et toi tu te diras à chaque fois : Allah ! C’était donc cela le sens ?
Regarde ceux qui sont ici comment ils sont contents aujourd’hui ? Imagine alors quand tu seras comme ça avec tout le Coran ? Et que tu connaisses tous les secrets ? Gloire à celui Qui inspire qui Il veut comme Il veut.
Il dit : « Bonne nouvelle ! » Ô joie viens voir ma joie « Voilà un garçon ! ». Il avait donc quel âge ? Son âge est de douze à quatorze ans. Donc il est certain qu’il n’a pas dépassé l’âge de quatorze ans et le plus probable qui a été rapporté est qu’il avait douze ans.
« Et ils le dissimulèrent (pour le vendre) telle une marchandise ». Qui le dissimulèrent ? La caravane n’est-ce pas ? Ou le chercheur d’eau ?
[1] Union non officielle
L’histoire de Youssouf : A4
L’histoire de Youssouf : A4
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah dont nous implorons secours, guidage, et pardon. Nous invoquons Allah envers les maux de nos âmes et les méfaits de nos actes. Celui qu'Allah guide c'est lui le bien guidé, et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie.
Je suis très content de vous, les jeunes qui assistez à ces cours. Je prie Allah (exalté et glorifié soit-Il) de préserver nos jeunes de la tentation et des péchés, de même pour nos filles et nos sœurs. Nous nous sommes arrêtés au verset 23. Je vous avoue que je suis très content que les jeunes m’aient demandé de continuer à partir de là où je me suis arrêté la dernière fois, c’est-à-dire autour de la tentation, du désir, de la résistance et de la cause des événements de l'histoire que nous avons contée. C’est pour cette raison que je ne m’attarderai pas beaucoup sur le verset 23 : je vais le passer en revue rapidement.
Je suis également très content que les jeunes chez eux retiennent les versets en même temps que nous. Connaître l’histoire du prophète Joseph, l’assimiler et l’apprendre du Coran vous permettra de sentir le plaisir de veiller la nuit en priant. Vous pouvez apprendre aisément, parce que nous passerons à la loupe toute la sourate, petit à petit. Ainsi, vous serez capables d’en venir à bout si Allah le veuille. Même les jeunes qui n’ont pas commencé à apprendre peuvent le faire aisément parce que nous ne sommes pas allés au-delà du verset 23.
Revenons maintenant à ce verset, là où nous nous sommes arrêtés : ce qui peut être traduit comme « Or celle [Zulikha] qui l’avait reçu dans sa maison essaya de le séduire. Et elle ferma bien les portes et dit: «Viens, (je suis prête pour toi!)» - Il dit: «Qu’Allah me protège! C’est mon maître qui m’a accordé un bon asile. Vraiment les injustes ne réussissent pas». (TSC,[i]'Youssouf' (JOSEPH) : 23)
La tentation des hommes par les femmes (et vice versa) est l’un des méfaits engendrant la désobéissance à Allah (exalté et glorifié soit-Il) et par conséquent la déchéance en Enfer. C’est pour cela que ces deux versets revêtent une extrême importance, puisque c’est là effectivement la cause de l’abandon de soi aux péchés capitaux et du désengagement des filles et leur rejet du voile, attirant la colère d’Allah, etc.
Notre prophète le savait parfaitement, voyez-vous et en a parlé il y a 1400 ans. Ne croyez donc pas que notre prophète est loin de vos soucis : au contraire, c’est un parfait connaisseur de vos problèmes… Et ne croyez pas non plus qu’il s’adressait à une génération déterminée ; son discours s’est adressé et s'adressera aux gens de toutes les époques, et ce, jusqu’au jour de la Rétribution. Le Prophète (BP sur lui) a dit : « je n’ai laissé derrière moi aucune tentation plus préjudiciable aux hommes que les femmes». Malheureusement, cette crise ne concerne pas les jeunes hommes et les jeunes filles seulement, mais s’étend aussi aux mariés. Combien de catastrophes surviennent dans les établissements internationaux mixtes à cause de la facilité du contact et de la promiscuité des hommes et des femmes.
Il faudrait bien ressentir et surtout saisir les sens contenus dans l’histoire du prophète Joseph pour parvenir à lutter contre ces tentations. Mais aussi, endurer de façon redoublée l'abstention aux péchés, et encore plus d’invocations et plus de rapprochement d'Allah.
Prions Allah pour qu’Il préserve nos jeunes, nos hommes et nos foyers …
Les statistiques montrent une recrudescence du divorce dans les sociétés musulmanes, qu’elles soient tolérantes ou renfermées. Nous avons besoin du soutien d’Allah à ce propos pour aider nos filles et guider nos jeunes. Revenons au verset 23.
Citons les causes de la séduction dans ce verset et dans l’histoire. C’est comme si Allah nous demande qui d’entre nous pourrait affronter toutes ces séductions auxquelles Joseph a dû faire face et qui puisse y résister ?
Lui : (le prophète Joseph)
1- Jeune;
2- Célibataire;
3- A la trentaine épanouie et pas encore marié;
4- Esclave, c’est-à-dire qu’on tolère de sa part ce qu’on prohibe aux maîtres. Aussi, le châtiment qui pourrait lui être réservé est équivalent à la moitié de celui qu’on réserve au maître;
5- Etranger dans la cité et les siens ne le voient pas… Il y a des gens qui vont à l’Etranger pour commettre un péché, puis revenir chez eux;
6- Très charmant;
7- Très fort : ce qui peut être traduit comme : « Et quand il eut atteint sa maturité » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 22)
Il n’y a pas un seul jeune homme qui rassemble toutes ces qualités…
Elle (la femme d'Al Azize) :
1- Belle ; nous l’avons déduit par conjecture parce qu’il est impensable qu'Al Azize soit marié avec une femme qui ne soit pas belle;
2- Elle est notable. Il y a des gens dont les cœurs battent pour une femme rien que parce qu’elle conduit une voiture luxueuse. Que la femme soit belle ou moche ne compte pas;
3- Elle le harcelait depuis longtemps. Ce jeu de séduction n’a pas duré une demi-heure mais environ 7 à 10 ans, depuis que Joseph a atteint l'âge adulte jusqu’au jour où elle lui dit ce qui peut être traduit comme: "je suis prête pour toi"(TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 23). Il était élevé dans la demeure d'Al Azize durant 20 ans. Nous l’avons su de l’expression « essaya de le séduire » qui veut dire qu’elle se rapprochait de lui petit à petit pour l’attirer progressivement. Elle est donc une femme douce et savait comment s'y prendre avec les hommes;
4- Ils sont chez elle, ce qui veut dire que commettre le péché devient facile. Certains jeunes ne commettent pas ce péché parce qu’ils ne trouvent pas où le faire. Tandis que dans ce cas, le péché est très facile à commettre parce qu'il se trouvait chez elle.
J’en glisse un mot aux jeunes qui prétendent être désarmés devant les tentations qui les entourent à cause des chaînes satellites et de l’Internet qui sont à leur portée…
Vous pouvez résister et vous rendrez des comptes à Allah parce que vous le pouvez (résister). Aussi, vous êtes le perdant parce qu’en regardant ces chaînes d’égarés et en ouvrant des sites prohibés, vous allez croire que les sociétés sont toutes de la sorte, et que les femmes sont toutes comme telles, pour en arriver enfin à croire que l’élément qui gouverne la vie est le désir.
Regarder abondamment des choses pareilles aboutit à la métamorphose interne de l’être humain. Imaginez la quantité de péchés que l’œil accumule de jour en jour.
Je m’adresse à ceux qui ne trouvent pas les moyens de regarder des choses pareilles, louez Allah pour ça… Ceci est une calamité qui provoque la colère de Allah, car vous regardez et vous désirez. Je vous en conjure, résistez ! La sourate de Joseph peut renforcer votre résistance….
Le prophète Joseph est à l’abri du scandale parce qu’il y a des verrous et des serrures. Si vous étiez à sa place, que feriez-vous ? Je connais également des jeunes de votre âge qui ont été confrontés à de pareilles tentations et ils ont résisté.
1- Un jeune d’environ 21 ans, étudiant dans un institut de langues pour améliorer son niveau de langue allemande. Il était d’une famille riche, un jour il s’est trouvé dans une situation similaire avec une fille étudiant avec lui dans la même classe. Il lui a dit : « Qu’Allah me protège du diable, hors de ma vue ! Qu’Allah me garde du diable ». Elle a eu peur et elle est partie en courant, n’ayant pas imaginé qu'un jeune pourrait lui répondre de la sorte…
2- Un simple menuisier qui avait du travail à effectuer dans une maison. La maîtresse de la maison était du genre de la femme d'Al Azize. Il était charmant et fort, alors elle lui a fait des avances. Quand il a refusé, elle l’a menacé de le tuer, un couteau à la main. Il a alors fermé les yeux et a dit « J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Mohamed est Son Messager ». Elle l’a alors chassé de chez elle.
Il paraît que lorsque la femme se trouve dans des situations pareilles, elle perd son contrôle à l’instar de la femme d'Al Azize quand elle a déchiré l’habit de Joseph. Il y a donc des gens tout comme nous, qui ont été tentés, pareil au prophète Joseph, et ont eu la récompense de ce dernier… Voulez-vous vous rassembler un jour au Paradis avec Joseph et avec ceux qui ont eu des tentations pareilles et qui n’ont pas succombé ? Le voulez-vous ? Comment est-ce qu’une fille trouve l'audace d'appeler un homme au téléphone pour le séduire ?! Allez-vous dire qu’Allah me garde comme le prophète Joseph ?… Allez-vous le dire si une fille libertine vous fait des avances ? Et que dire de la fille qui accepte un mariage ‘Orfi’[1] sans la bénédiction des parents ? Et de celle qui s’affiche dans la rue avec un homme en le laissant la tenir par la main ou par les épaules, etc. Est-ce qu’elles réalisent à quel point elles se sont abaissées ?
Est-ce là la petite-fille d’Omar et d’Abou Bakr ? Est-ce là celle dont la mère est Khadîdja ou ‘A’ïcha ?
En analysant les causes des actes prémédités de la femme d'Al Azize, nous avons conclu que c’est à cause :
1- De l'oisiveté : elle ne trouvait rien à faire;
2- De la promiscuité et du fait qu’il soit constamment à sa portée. C’est tout le temps que la possibilité du péché se présentait.
En parlant de la promiscuité, j’aimerais évoquer un point important : je préviens les mariés qui sont trop en contact avec leurs collègues femmes, et qui se mettent en colère contre leur épouse quand celle-ci demande après l’identité de la personne qui appelle son mari et lui parle une demi-heure durant. Le mari se met en colère parce que sa femme est jalouse et il est en plus étonné parce qu’il ne parle qu’avec une collègue de travail, et rien de plus ! Le pire est qu’il s’attarde avec une collègue de travail durant des heures…
Je crains que vous ne compreniez de mes paroles qu’il est interdit d’établir une relation entre les hommes et les femmes. Mettons les choses au clair. Peut-il y avoir des relations entre les hommes et les femmes ? Naturellement que oui, voire même que ça s’est passé avec les compagnons du Prophète et avec les prophètes … Mais cette relation est une relation de nécessité.
En voici des exemples illustratifs :
1/ Avoir des collègues au travail : dans ce cas, il est possible de parler à propos du travail. Mais tout ce qui en déborde est prohibé;
2/ Avoir des collègues à l’université : par exemple s’il y a un projet que les étudiants font en groupe et que le règlement interne de la faculté le commande…
3/ Ma cousine nous rend visite chez nous, est-ce que je lui parle ? Bien sûr que oui ; sinon ça sera une rupture des liens de parenté et un manque de respect… Mais il faudra que la discussion se limite à certains sujets et qu'elle soit menée d'une certaine manière.
Donc, les relations sont possibles, mais il faudra qu’il y ait un cadre précis et qu’il y ait besoin et nécessité. Hormis cela, c'est prohibé. Il est inadmissible qu'une jeune fille dise : « Tel collègue est comme un frère pour moi, entre nous il y a de l’amitié, etc. » Allah dit dans son livre ce qui peut être traduit comme: « On a enjolivé aux gens l’amour des choses qu’ils désirent: femmes…» (TSC, 'Âl-'Imrân' (LA FAMILLE D'IMRAN) : 14). Son cœur va sûrement battre et si son cœur ne battra pas, le vôtre le fera…
La plupart des jeunes garçons et filles déclarent que les relations d’amour entre eux ont commencé par un sentiment de fraternité. Un jour, cette relation a évolué. Allah est plus connaisseur de nous-mêmes, Il dit ce qui peut être traduit comme: « ni ayant des amants clandestins» (TSC, 'An-Nisâ' ' (LES FEMMES) : 25); il est donc prohibé que vous ayez un ami intime. Ces propos sont valides pour la fonctionnaire avant l’étudiante.
Donc, il peut y avoir des relations entre les hommes et les femmes mais dans le cadre de l’obligation… Le Prophète parlait avec des femmes et les Compagnons faisaient de même. Une femme soignait les hommes parmi les Compagnons … et le Prophète avait préparé une tente à Sayida Rafida pour soigner les Compagnons. Sâad Ibn Mou’adh fut blessé à la bataille du Khandaq et le Prophète (BP sur lui) a ordonné de préparer une tente à Rafida dans sa mosquée pour le soigner.
Un exemple de l’histoire du prophète Moïse :
Je cite un exemple de l’histoire du prophète Moïse lors de sa sortie de l’Egypte vers Madyan. Etant prophète, Moïse alla de lui-même vers les filles dans l'histoire que l'on connaît. Les bergers étaient en train d'abreuver leurs troupeaux et les filles attendaient. Son geste était notamment un acte de noblesse.
‘Il dit ce qui peut être traduit comme: « Que voulez-vous? » (TSC, 'Al-Qassas' (LE RECIT) : 23)
Elles dirent ce qui peut être traduit comme: «Nous n’abreuverons que quand les bergers seront partis; et notre père est fort âgé»’ (TSC, 'Al-Qassas' (LE RECIT) : 23)
Comme nous le constatons, il n’a prononcé que ces quelques mots-là et il n’a pas voulu mieux connaître les filles ou quoique ce soit d’autre… Il leur a proposé ses services par noblesse ; aussitôt le service fait, il n’y avait plus nécessité de côtoiement : il est donc parti. ce qui peut être traduit comme « Il abreuva [les bêtes] pour elles puis retourna à l’ombre» (TSC, 'Al-Qassas' (LE RECIT) : 24).
Concernant le travail, vous allez parler avec les femmes mais faites attention aux dépassements ! La femme est sensible… Les foyers sont généralement heureux sauf qu’avec la promiscuité et la discussion continue et la sympathie, le cœur commence à chavirer et les foyers seront ainsi détruits. Nous ne vous interdisons pas de saluer vos collègues au travail, mais faisons en sorte que la discussion soit proche de la religion, limitons les paroles inutiles et préservons nos comportements et attitudes.
Il y a aussi un autre sujet qui concerne les visites des proches du mari à la femme en l’absence de son époux. Le Prophète (BP sur lui) les a fortement déconseillées. Quand on l'avait interrogé à ce sujet, il a dit : « Les proches sont la mort ». Il désignait les proches du mari, la métaphore ayant trait à la mort signifiait ‘destruction des foyers'. Cela ne signifie nullement accuser les gens à tort, mais nous devons suivre les ordres du Prophète (BP sur lui) qui nous a évité la gêne en évoquant lui-même le sujet. Comme il a déconseillé la visite des proches du mari à l'épouse, l’inverse est aussi vrai. J’espère que vous accordez l’importance nécessaire à ce point parce que le rapprochement exagéré entraîne des problèmes.
A propos du problème des relations entres jeunes filles et jeunes garçons : parfois la fille commence à devenir pieuse et elle porte un voile tout en ayant un ami. Je m’excuse d’en parler, mais cela devient une réalité vécue dans notre société. Il n’y a que deux choix, soit le jeune homme est apte à se marier et dans ce cas la qu’il demande la jeune fille en mariage. Ou qu’ils rompent cette relation s’il n’en est pas capable. Parfois les jeunes commencent leurs relation à un âge très bas, et elle dure des années en attendant le mariage et ils prétendent ne pas pouvoir mettre fin à leur relation sous prétexte de leur grand attachement l’un à l’autre… Cependant, vous devez résister parce que le prophète Joseph a repoussé le pire.
En tous cas, les statistiques ont prouvé que 5% seulement des relations précédent le mariage finissent par une union, le reste n’aboutit pas au mariage. Dans ces cas, le cœur de la femme se brise et elle devient malade. Allah (le Très Haut) craint pour vous et votre cœur et veut vous protéger. C’est pour cela qu’Il a dit ce qui peut être traduit comme: « ni ayant des amants clandestins» (TSC, 'An-Nisâ' ' (LES FEMMES) : 25). Prenons comme exemple le fait que vous ayez une relation avec une personne durant trois ans. Votre relation est magnifique parce qu'elle est sans responsabilités. Ensuite, il n’y a pas eu mariage, et vous vous êtes marié(e) avec une autre personne durant un an et demi. Si vous faites la comparaison, au profit de qui sera-t-elle ? Évidement, le premier aura l’avantage.
Une autre statistique révèle que 75% des cas de divorce prennent source des relations avant le mariage. Ceci ne veut pas dire que la relation continue mais que la comparaison reste établie dans l’esprit profond. Toujours, le jugement est au profit de la relation d’avant le mariage parce qu’elle était sans responsabilités et qu’elle était durant la période de la jeunesse… Je vous en conjure, n'ayez pas de relations avant le mariage.
Avoir des relations extraconjugales entraîne de graves conséquences. La femme adultère encoure le châtiment d’Allah dix fois plus que la jeune fille, l'homme ou le garçon qui ne sont pas encore mariés et qui commettent ce péché.
Revenons au verset : ce qui peut être traduit comme : « Qu’Allah me protège! C’est mon maître qui m’a accordé un bon asile» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 23). Mais à qui s’adresse-t-il ? À Al Azize ou à Allah (glorifié et exalté soit-Il) ? Les deux explications sont plausibles quoique les exégètes penchent pour la première probabilité, à savoir que c'est d'Al Azize qu'il s’agit. Mais pourquoi ce verset n’est-il pas assez clair ? C’est pour que l’histoire soit d’emblée plus magnifique et pour nous inciter à la méditer davantage.
Dans les nouvelles, plus l’auteur maîtrise le récit et la narration, plus il pousse le lecteur à méditer sur les événements racontés … Qu’Allah soit glorifié ; Il a fait de sorte que tous les avis portant sur la signification soient probables. Cependant, pourquoi le prophète Joseph a-t-il insinué qu’il s’agissait d'Al Azize et ne s’est pas contenté de dire « Qu’Allah me protège!» ? C’est parce qu’il y a des gens qui ne s'émeuvent pas à l’évocation d’Allah - qu’Allah nous en garde. Il lui a donc rappelé Allah puis son mari : la religion et la réalité.
Nous retenons dès lors que lorsque nous parlons aux autres, nous devons leur rappeler l’au-delà et l’ici-bas ensemble et non pas l’au-delà uniquement. Prenons l’exemple des relations illicites entre hommes et femmes, nous avons dit que cela est inconcevable parce que leur auteur encourt le châtiment d'Allah et expose sa vie à la ruine. Ne parlez donc jamais à une personne d'une seule optique : l’au-delà seulement ou l’ici bas; joignez les deux à la fois.
En disant ce qui peut être traduit comme: « C’est mon maître qui m’a accordé un bon asile. », il voulait lui dire que si vous pensez à tromper votre mari, moi, je ne veux pas tromper celui qui a été généreux envers moi. Le prophète Joseph se montre reconnaissant envers Al Azize, qui, en trouvant Joseph enfant, a dit à sa femme ce qui peut être traduit comme: « Accorde lui une généreuse hospitalité » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 21). Le prophète Joseph n’a pas oublié cela et s'en est rappelé en usant des mêmes termes.
Voici que la réalité vacille de tous côtés autour de lui et que lui, il reste bien décidé, ferme et attaché à ses principes. Ne vous laissez donc pas emporter par les péchés. Même si tous vos amis ont des copines, ne les imitez pas … et que vous, vous portez un voile et que vos amies ne le font pas, restez ferme parce que vous êtes dans le bon chemin. Si les cérémonies de mariage se font de façons contraires aux indications de l’Islam, ne dites pas « Tout le monde fait comme ça » ! Restez ferme sur votre décision tant que vous avez raison, parce que pour les questions fondamentales, on doit se montrer intraitable, tandis que nous pouvons discuter ce qui s’avère être des questions secondaires. Tout au long de l’histoire, tous les personnages changent sauf le personnage de Joseph qui reste sur ses positions :
- Au puits : il est ferme et invoque Allah;
- A la maison d'Al Azize : il est attaché à Allah;
- En prison : il invoque Allah;
- En étant en poste de pouvoir comme Al Azize de l’Egypte, il se montre généreux envers les autres. Sa personnalité est toujours la même.
Son extrême dévouement l’a poussé à se rappeler, étant à l’âge de la trentaine, la personne qui l’accueillit quand il avait douze ans.
Vous souvenez-vous de vos enseignants ? Etes-vous reconnaissants envers vos parents, les personnes qui ont du mérite dans votre vie ? Avez-vous rendu visite à vos maîtres et professeurs pour leur montrer votre reconnaissance ? Si vous faites ceci, vous allez goûter au vrai sens du dévouement. Et tu comprendras peut être qu'il s'agit de Allah dans le verset ce qui peut être traduit comme: « C’est mon maître qui m’a accordé un bon asile» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 23).
Passons maintenant au verset suivant: ce qui peut être traduit comme : « Et, elle le désira. Et il l’aurait désirée n’eût été ce qu’il vit comme preuve évidente de son Seigneur. » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 24) L’expression ‘hammâ’ (s'apprêter à faire en arabe), veut dire soit la volonté de faire, soit la pensée de faire. Concernant l'interprétation de « hammâ», les avis sont divergents. L’une des explications serait qu’il aurait réellement commencé à fléchir. Qu’Allah nous garde ! Les messagers sont infaillibles. Le contexte même ne nous permet pas une explication pareille parce qu’il a dit ce qui peut être traduit comme:« Qu’Allah me protège!» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 23). En plus, Allah le Très Haut dit : ce qui peut être traduit comme : « …mais il s'en défendit fermement » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 32). D’où la volonté de faire est exclue par le texte coranique. Une autre explication indique qu’il avait l’intention de la frapper. Mais rien ne le prouve. L’explication la plus adéquate serait celle que nous avons citée plus haut : la pensée de faire. Pour expliquer ce sens, en voici un exemple : supposons que vous êtes à jeûne en une journée du ramadan et qu’une bonne odeur d’une délicieuse nourriture comme une grillade de viande vous parvient aux narines ou que vous voyez une eau fraîche... La pensée qui vous vient à l’esprit serait de boire et de manger. Mais est-il possible de le faire ! Et comment ?! Ce n’est qu’une pensée. Donc, « il l’aurait désirée » veut dire que l’idée a instantanément effleuré son esprit. Mais, même ceci est improbable ; la preuve en est « il l’aurait désirée n’eût été ». L’expression ‘n’eût été’ en langue signifie l’abstinence de faire grâce à un empêchement ; comme si le verset veut dire qu’il avait une pensée sauf qu’un obstacle l’en empêcha.
Prenons un exemple illustratif : « je serais tombé si Amr ne m’aurait pas retenu par la main ». Donc, vous n’êtes pas tombé. Mais pourquoi Allah n’a-t-Il pas dit : "Et, elle le désira. Mais lui ne la désira pas " ? Parce que si Allah aurait dit ça, quelques uns penseront que Joseph n’a pas pu commettre ce péché parce qu’il n’était pas viril, ou qu’il avait une infirmité qui l'empêchait d'approcher les femmes en général. Allah voulait nous dire que Joseph était bien viril mais que quelque chose faisait obstacle contre la réalisation du fait. Le sens serait qu’il aurait eu une pensée fugitive de faire, mais qu’il n’est pas passé à l’acte. Il n’a donc pas réalisé le fait ni concrètement, ni même mentalement. Aussi, le terme « s'en défendit fermement » prouve que le fait n’a pas eu lieu.
A la fin du verset, Allah le Très Haut dit : ce qui peut être traduit comme : « Ainsi [Nous avons agi] pour écarter de lui le mal et la turpitude. Il était certes un de Nos serviteurs élus. » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 24). Est-il possible que le prophète Joseph ait commis un tel délit et qu’Allah lui réserve autant d’éloges !...
Passons maintenant au verset : ce qui peut être traduit comme : « n’eût été ce qu’il vit comme preuve évidente de son Seigneur» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 24). Certaines explications estiment que la preuve évidente est qu’il avait vu l’image du prophète Jacob devant lui sur le mur. Certains affirment qu’il avait entendu la voix de Gabriel le mettant en garde de désobéir à Allah… Cependant, il n’y a pas de preuves tangibles ni pour la première, ni pour la deuxième. Certains pensent qu’il avait vu écrit sur le mur : ce qui peut être traduit comme : « Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin!» (TSC, 'Al-'Isrâ' ' (LE VOYAGE NOCTURNE) : 32), mais rien ne prouve ceci non plus. Est-ce que la preuve évidente est quelque chose de spécifique au prophète Joseph ? Ou une preuve qui peut se manifester à quiconque d’autre ? La signification de la preuve évidente est qu’il s’est rappelé les bienfaisances d’Allah : il s’est rappelé le Paradis entre autres. Ceci dit, la preuve évidente est l’équivalent du soutien d’Allah. Autrement dit ce qu’Allah lui a envoyé comme preuves pour consolider sa décision et le soutenir en lui rappelant le Paradis par exemple. Par conséquent, quiconque d’entre nous aura en tête de commettre un péché n’aura qu’à demander à Allah le soutien et la preuve.
Ainsi, il s’est rappelé le Paradis, l’Enfer, les bienfaisances d’Allah qui lui ont été octroyées … Comment peut-il désobéir à Allah alors qu’Il l’honore et le comble de Ses bienfaits !? Il s’est rappelé le scandale si l’histoire se répandait, ou que cela puisse porter préjudice aux siens… ou de crainte qu'il soit amoindri aux yeux d'Allah et que son rang au Paradis soit abaissé par le fait de ce péché même s'il s'en repentait… et qu’Allah (exalté et glorifié soit-Il) l'interrogera sur ses actes le jour du jugement dernier.
Vous entretenez une relation adultère ? Rappelez-vous donc les preuves de votre Seigneur !
Cependant, est-il possible que la preuve évidente puisse se manifester à un homme ordinaire ? Et comment cela peut-il arriver ?
Oui, ceci arrive quand vous obéissez à Allah en temps d'aisance et que vous évitez les péchés. Dès lors, quand un péché vous tente, Il vous enverra une preuve. Invoquez Allah pour qu’Il vous soutienne et vous envoie Sa preuve. Renforcez la preuve d’Allah dans votre cœur par l’obéissance à Allah. Rappelez-vous beaucoup d’Allah. Priez en veillant la nuit. Obéissez à Allah, invoquez-Le pour qu’Il vous protège des tentations, faites des Omra[2], donnez l’aumône, embrassez les mains de vos pères et mères, maintenez les liens de parenté… En disant : ce qui peut être traduit comme ; «Ainsi [Nous avons agi] pour écarter de lui le mal et la turpitude. Il était certes un de Nos serviteurs élus» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 24), nous trouvons qu’Allah lui promet le soutien. Vous aussi, si vous affrontez constamment les tentations, Allah ne permettra pas votre perte ; prouvez seulement votre intégrité.
Le soutien lui a été octroyé parce qu’il était "un de Nos serviteurs élus"… Ceci est le meilleur commentaire qui puisse être dit. Le sens en est qu’il s’est consacré pour Allah uniquement ; c’est-à-dire qu’Allah (exalté et glorifié soit-Il) était le plus important dans sa vie et que Sa satisfaction était son ultime but.
Si vous consacrez votre vie à Allah, il ne vous perdra jamais. Et vous serez comme ce lait que Allah cite en exemple ce qui peut être traduit comme:« [un produit] extrait du [mélange] des excréments [intestinaux] et du sang - un lait pur, délicieux pour les buveurs. » (TSC, 'An-Nahl' (LES ABEILLES) : 66) Pouvez-vous garder votre pureté malgré toutes les vilenies qui peuvent vous entourer ?
Purifiez-vous des vilenies d’ici-bas et ayez l’intention que votre vie soit entièrement consacrée à satisfaire Allah : votre travail, l’éducation de vos enfants… Bref, tout dans votre vie doit être purement adressé à Allah le Très Haut, sans aucune vilenie. Et Il vous protègera de tous les péchés.
Passons au verset suivant ce qui peut être traduit comme: «Et tous deux coururent vers la porte » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 25). Il y a là un récit rapporté, qu’il soit vrai ou faux, ce n’est qu’un récit : On raconte qu'à cet instant, elle lui a dit : « Ô Joseph… Quel beau visage tu as ! » Il lui a répondu : « Dans l’utérus, Allah m’a formé. » Elle lui a dit : « Ô Joseph…Quels beaux cheveux tu as » Il a répondu : « Ce sont les premiers à être consumés dans ma tombe ». Elle lui a dit : « Ô Joseph…Quels beaux yeux tu as ! » Il a répondu : « Par leur biais je regarderai Allah et je ne lui désobéirai pas avec mon regard » Elle lui a dit : « Ô Joseph ! Lève tes yeux et regarde moi » Il a répondu : « Je crains l’aveuglement le jour de la Rencontre ».
Et là, j’en glisse un mot à ceux qui ne détournent pas leurs regards de se rappeler le verset suivant ce qui peut être traduit comme « Qu’ils prennent garde ! En vérité ce jour-là un voile les empêchera de voir leur Seigneur» (TSC, 'Al-Moutaffifîn' (LES FRAUDEURS) : 15). Il a eu peur qu’à force de « salir » l’œil, il soit privé du plaisir le plus intense dans l’existence : celui de regarder le visage d’Allah le Très Haut.
Elle lui a dit : « Ô Joseph ! Je veux que tu t’approches de moi… et toi tu t’éloignes » Il lui a répondu : « Si je m’approche de toi, je m’éloignerai d’Allah… Je veux m’approcher d’Allah en m’éloignant de toi »
« Et tous deux coururent vers la porte » : Qu’Allah soit glorifié : « Vos efforts sont divergents» (TSC, 'Al-Layl' (LA NUIT) : 4) parce qu’ils ont tous deux couru vers la porte pour des raisons différentes. Cependant, « …elle ferma bien les portes» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 23). Ceci veut dire qu’ils ont essayé toutes les portes. Mais vu l’extrême abjection de cette femme, elle était décidée à commettre le péché. Une fois que la femme perd sa pudeur et son sens de la religion, elle frise l’extrême indignité. Avez-vous noté la différence entre l’honneur en obéissant à Allah et le déshonneur en commettant des péchés ? Avez-vous noté combien elle était avilie ? Fais attention pour ne pas te trouver aussi humiliée qu’elle.
Mais qui était le premier à parvenir à bout ? Qui était le plus fort : le désir ou l’obéissance ? C’est lui qui était le premier à atteindre la porte, la preuve en est -ce qui peut être traduit comme « et elle lui déchira sa tunique par derrière» (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 25). Son extrême abaissement l’a entraînée jusqu’à déchirer son habit, elle, la femme faible, a pu déchirer l'habit de l'homme qui avait atteint sa maturité…
Parlons de la splendeur du style coranique qui convient autant à la personne ordinaire goûtant à la beauté du texte qu’au penseur ou au chercheur qui approfondit sa compréhension et analyse les significations.
La tunique avait été évoquée à trois reprises dans toute l’histoire, tout en sachant qu’elle n’est pas la même :
· Ils apportèrent sa tunique tachée d’un faux sang (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 18)
· Et tous deux coururent vers la porte, et elle lui déchira sa tunique par derrière (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 25)
· Emportez ma tunique que voici, et appliquez-la sur le visage de mon père : il recouvrera [aussitôt] la vue (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 93)
Mais pourquoi est-elle évoquée de cette manière ? C’est l’art islamique, et le but en est le suspens et notamment une invitation à réfléchir encore et encore… D'un point de vue artistique, ce style est utilisé de nos jours, mais Allah le Très Haut l’a utilisé depuis 1400 ans. Notons que l’art en lui-même n’est pas une transgression ; il est au contraire licite. La preuve en est qu’Allah raconte les meilleurs récits. Allah a même accordé de l’importance aux différentes portées du récit, ses événements, ses personnages, son tissage, au point que vous trouverez que l’art de la narration dans le Coran est un art sublime.
ce qui peut être traduit comme « Et tous deux coururent vers la porte, et elle lui déchira sa tunique par derrière. Ils trouvèrent le mari [de cette femme] à la porte » (TSC, 'Youssouf' (JOSEPH) : 25). Ils ont donc couru et notre maître Joseph a essayé toutes les portes jusqu’à la dernière, là où elle lui déchira sa tunique par derrière. En ouvrant la dernière porte, son maître était là.
Son maître veut dire Al Azize. Les anciens égyptiens avaient l’habitude de valoriser le mari et de le considérer comme le maître. Je rappelle aux femmes l’importance de respecter leur époux parce qu’il y a des foyers qui se ruinent rien qu’à cause du désir de la femme d’être l’égale de son mari. Je les avertis également du danger d’afficher du mépris à l'égard de leur époux devant les autres et de celui de le blâmer chaque fois qu’il commet une erreur ou sans qu’il commette une erreur ; c’est-à-dire avec ou sans raison… jusqu’à ce que l’homme commence à se sentir diminué parce qu’elle ne valorise pas sa virilité et qu'il commence à chercher la personne qui pourrait le faire, la personne à qui il peut parler et se confier sans qu’il se fasse blâmer.
Faites sentir à votre mari qu’il a sa valeur à vos yeux… Louez-le et ne le blâmez pas pour qu’il ne s’enfuie pas.
[1] Union non officielle.
[2] Petit pélerinage
[i] TSC : Traduction des sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu’à présent de la sourate sus mentionné. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du noble Coran.
L’histoire de Youssouf : A5
L’histoire de Youssouf : A5
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Revenons à la sourate de Joseph. Ceux qui ont assisté depuis le début, remarqueront certainement que je commence toujours par reproduire la fin de la précédente conférence. On a longuement parlé de la femme d’Al-Azize et de la lutte contre la tentation. Nous ferons autant cette fois-ci et ce, dans le seul souci de rendre les gens, les femmes aussi bien que les hommes, plus forts et plus fermes.
Nous avons disserté la dernière fois sur la résistance à la séduction et les attraits du mal, en précisant que cela concernait aussi bien les jeunes gens que les mariés, hommes et femmes. Nous avons insisté sur la particularité capitale de la lutte contre les tentations et le péché où tu es tenu de déployer tous tes efforts afin d’obstruer toutes les issues par lesquelles la tentation pourrait s’infiltrer.
Nous nous sommes arrêtés au premier quart du trentième verset, et nous nous sommes mis d’accord pour apprendre par cœur les trente versets précédents. Quelqu’un d’entre vous y est-il arrivé ?
Ô, Mes frères, sachez que c’est une chose très facile. Cheikh Ach-Chaâraoui les récite tous les jours, et les cassettes de la Sourate sont disponibles partout, ainsi que nous les répétons chaque fois en essayant d’interpréter leur sens. Pourquoi ne les apprends-tu donc pas? Il existe dans ce cas un problème que tu dois à tout prix résoudre. Je t’en prie, apprends ces versets. Si tu les apprends, si tu en saisis le sens, si tu les récites pendant la prière nocturne, tu goûteras alors un nouveau délice… Essaye.
Aujourd’hui, nous continuons avec le verset 30 – Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Et dans la ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour. Nous la trouvons certes dans un égarement évident » (TSC[i], 'Youssouf' (JOSEPH) : 30).
Analysons ce verset « Et dans la ville, des femmes dirent » ... Ce qui c’est passé, c’est que l’affaire a été ébruitée dans toute la ville, et toutes les femmes du pays en prirent connaissance. Après la demande d’Al-Azize à Joseph de ne plus penser à cela afin de terrer le sujet pour sauver sa prestance sociale mais Allah le dévoila. Le scandale fut grand, toutes les femmes en parlèrent, ce qui fait que toute la ville fut au courant ;« Et dans la ville, des femmes dirent »… Il est clair que ces femmes appartiennent à la même classe aristocrate que celle de la femme d’ Al-Azize. Comment ont-elles appris ? Il n’y a eu que quatre personnes qui assistèrent à ce fait : Al-Azize, sa femme, Joseph et le témoin. Il est impossible que la femme d’Al-Azize ait dénoncé son propre déshonneur, ou que Joseph ait raconté l’événement. Quant à Al-Azize, il chercha à tout prix à étouffer l’affaire pour qu’elle ne se sache pas et le témoin semble être un homme respectable car c’est un témoin très réfléchi et sage, ses dires en font preuve : il a eu la présence d’esprit de trouver le lien entre le côté par lequel la chemise a été déchirée et le coupable quand on lui présenta la chemise comme seule preuve existante. « Si la déchirure se trouve en avant de la chemise, c’est Joseph qui est coupable » dit-il : « par contre si elle se trouve sur la face arrière, cela signifierait que c’est la femme qui est coupable ». C’est en effet un homme sage. Alors comment les gens ont-ils appris ? Comment la nouvelle s’est-elle autant répandue ?
Les valets du palais et les gens qui y travaillent ont répandu cette nouvelle. Les nouvelles commencent souvent à se répandre de cette manière, les valets épient les discussions et les rapportent à l’extérieur du palais, et les histoires se propagent d’un domestique à un autre, de celui-là à son maître, de ce dernier à sa femme. Ainsi toute la ville s’en trouva au courant et Al-Azize et sa femme se sont trouvés quant à eux en plein scandale.
En marge de cela, j’ai une petite remarque amusante à annoncer aux admirateurs de la langue arabe : savez-vous que femmes en arabe (Nissa’a et Nissoua) est un pluriel irrégulier ? C’est à dire qu’il n’a pas de singulier. Voyez-vous même en linguistique les femmes nous causent des problèmes ?! Je ne me moque pas de nos femmes, loin de moi cette idée.
Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Et dans la ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour.» La question qui se pose ici : est-ce que les radotages de ces femmes ont pour cause la colère pour la probité et l'emballement pour la vertu ? Vous voyez ce qu’elles disent ? 'La femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour'. Il ne s’agit ni de colère pour la probité ni d’emballement pour la vertu. C’est un penchant pour les scandales, c’est de la médisance, c’est la diffamation des autres pour assouvir sa vengeance. Il s’agit de cœurs malades.
Vous- rendez vous compte de quel genre de problèmes la société soufre-t-elle ? Voyons la société dans laquelle se passa l’histoire de Joseph: des femmes désœuvrées. La femme d’Al-Azize s’abaissa à un niveau dégradant et abject à tel point que son histoire fût divulguée partout et elle en fut indifférente. Les femmes ne trouvant de quoi s’occuper, se livrèrent à des commérages sans fin. Je me demande si nos femmes sont dans le même état d’esprit que celles-ci ? Car, en fait, nous ne faisons pas que relater des contes ! Y a t-il des hommes ici qui voient leurs femmes, sœurs, ou mères pataugeant dans une telle atmosphère empoisonnée de scandales et qui se taisent ?
Notez bien que cette Sourate traite de multiples problèmes sociaux. A mesure que nous avançons dans ses versets, nous découvrons un problème nouveau dont souffre la société. Aujourd’hui, c’est la question du désœuvrement de certaines femmes qui, à force d’ennui et de temps libre, se livrèrent aux potins et aux commérages, tenant des propos diffamatoires et calomnieux. Une femme, abandonnée à l’oisiveté, s’est rapetissée au plus bas niveau qu’une femme peut tenir. Comment une telle société peut-elle exister ? Y a t-il une de nos femmes qui vit dans une ambiance pareille ? Je ne suggère pas - Allah m’en garde - qu’elle soit comme la femme d’Al-Azize. Mais elles peuvent être comme les femmes de la ville. Je me demande, si tu voyais autour de toi des femmes de ta famille se comportant ainsi, que ferais-tu ? Iras-tu te disputer avec elles, ou bien essayeras-tu d’occuper leur temps libre ?
Ce verset met le doigt sur le problème majeur de ces femmes : l’oisiveté, qui est d’ailleurs le même problème de la femme d’Al-Azize. Les savants disent : « Ton cœur, si tu ne l’occupes pas par le vrai, il t’occupera par le faux », alors occupe-le, et spécialement les femmes, car elles disposent de plus de temps libre par rapport aux hommes. L’homme est fléchi sous le poids des responsabilités le jour, et sous les soucis d’avenir la nuit, alors que la femme, pouvant compter sur lui pour assurer le confort matériel de la famille, dispose de plus de temps libre. Nous avons peur pour toi, prends garde à ne pas vivre désœuvrée, car alors tu t’abaisseras, et malgré toi tu désobéiras à Allah. Si ce n’est pas par un péché majeur - qu’Allah nous en garde - ce sera par les médisances et par les outrages à autrui. Une femme qui parle au téléphone pendant quatre heures, que peut-elle bien raconter ? Combien de fois offensera t-elle l’honneur d’une autre personne ? Cet appel téléphonique, a t-il été constructif dans la société ou bien a t-il détruit quelques fondations d’autres foyers ?
Je reviens encore pour dire que la question de l’oisiveté est très importante. Ni la femme d’ Al-Azize ni les autres femmes ne seraient tombées dans cette abjection si elles n'étaient pas désœuvrées. Etablis un programme pour occuper ta journée. Si tu es libre et que tu ne trouves rien à faire, cherche une œuvre caritative profitable à la communauté. Il fait mal au cœur de voir qu’une femme telle que Mère Térésa emplit le monde autour d’elle de bienfaits au point de mériter le prix Nobel (et nous attestons bien qu’elle le mérite), alors qu’il n’y a pas parmi nos femmes une qui pourrait être ainsi. N’y a t-il pas parmi nos femmes une qui aspire à emplir le monde de bienfaits ? N’y a t-il pas parmi elles une qui se dit : j’ai du temps libre, je l’utiliserai pour un travail profitable à ma religion ? Le volontariat charitable pour l’accueil des orphelins, des miséreux et des malades dans les hôpitaux constitue une des portes du bien. Nous sommes soixante-dix millions, les possibilités de faire le bien sont énormes. L’état ne peut subvenir à tous les besoins, alors femmes, jeunes et tout désœuvrés, dirigez-vous vers les travaux caritatifs, occupez-vous en aidant les autres, ne vous laissez pas entraîner dans le cercle de l’oisiveté par lequel le Diable trouve son principal accès « Deux grâces causent du tort à leurs possesseurs, la santé et l’oisiveté ».
Ne restez pas ainsi mes frères, il faut faire quelque chose. Le cœur est affecté en rencontrant des organismes étrangers accomplissant des actions caritatives chez nous. Avec notre argent ils subviennent aux besoins de nos nécessiteux. Alors, pourquoi n’accomplissons-nous pas directement ces bonnes actions ? Pourquoi ne le fais-tu pas toi-même ? Faut-il que ça vienne de l’étranger ? Cela veut-il dire qu’ils sont plus charitables avec les nôtres que nous-mêmes ? Avons-nous vraiment besoin qu’un étranger vienne nous diriger vers le bien ? Réfléchis avec tes amis à toute œuvre de charité que vous pouvez accomplir. Aider dans les centres de traitement des tumeurs ou des cancers, et à accueillir les orphelins... Ô gens, C’est bien nous qui ne voulons pas nous activer… Tu restes inactif, à vivre et à manger prétendant être pieux et voulant faire quelque chose, mais tu attends qu’on te dise quoi faire. Chez nous, ahurissant est le nombre d’orphelins, de pauvres, de miséreux, de handicapés, de malades, des aspirants à l’apprentissage du Coran…
Ecoute notre seigneur quand Il parle de David (je m’adresse à tout le monde mais aux femmes en particulier: Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « et rappelle-toi David, Notre serviteur, doué de force [dans l’adoration][ii] » ( TSC, 'Sâd' :17). Il y a malheureusement des gens dont les mains sont nouées alors qu’ils jouissent de force, de vitalité et de muscles bien sculptés. Toutes ces moralités nous pouvons les tirer de ce verset.
« Et dans la ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour».
Voyez-vous, le mot « séduire » est répété 4 fois : le verset 23– qui peut être traduit comme « Or celle [Zulikha] qui l’avait reçu dans sa maison essaya de le séduire », le verset 30 qui peut être traduit comme: « Et dans la ville, des femmes dirent: «la femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet!», le verset 26 : – qui peut être traduit comme « [Joseph] dit: «C’est elle qui a voulu me séduire» le verset 51 : – qui peut être traduit comme « .. Et la femme d’Al-Azize dit: «Maintenant la vérité s’est manifestée. C’est moi qui ai voulu le séduire. ». Cette répétition est pour montrer à quel point son âme est inébranlable, elle (la femme) ne cessa de le presser, et pourtant il ne succomba pas à la tentation. Et dire qu’il existe des hommes qui fléchissent pour un simple signe d’une femme, et qu’il y en a même d’autres qui n’attendent même pas de signe, il leur suffit de l’imaginer. Aussi, des hommes qui passent leur vie à rêver de ce péché, et se lamentent sur leur sort, qu’ils n’arrivent pas à attirer les femmes alors que d’autres y arrivent. Mais Joseph a tenu bon, vous qui désirez l’imiter. Sa personne était tenace.
« La femme d’Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l’a vraiment rendue folle d’amour ». Remarquez l’expression « Il l’a vraiment rendue folle d’amour » : voyez-vous, son amour l’a envahie au point d’en être folle, pourtant nous savons bien qu’il ne s’agit pas d’amour mais de désir. Pourquoi alors cette expression ? C’est une conception dangereuse. Il se trouve que les femmes se laissent facilement abuser, et ne font pas de distinction entre l’amour et le désir charnel. Et de ce fait, elles se font souvent tromper sous le nom de l’amour. Ce point est très important. Regardez bien, dans cette histoire : bien qu'il soit bien clair que ce n’est qu’une affaire de désir, elles parlèrent d’amour. Et toi aussi, on peut te tromper ainsi. Le jeune homme ne cesse de répéter qu’il est amoureux d’elle, et la jeune fille le croit, jusqu’à ce qu’ils tombent dans l’erreur et désobéissent à Allah. Le lendemain, il ne la regarde plus dans les yeux. Je jure devant Allah, qu’il ne se passe pas une semaine où garçons et filles ne viennent m’avouer de pareilles histoires. Sous le nom de l’amour, ils entreprennent une relation jusqu’au jour où ils commettent le péché. Puis après, le jeune homme n’a plus envie de voir la jeune fille qui l’accuse de la laisser et de l’avoir trompée ou bien qu’il l’a épousée en secret. Ce mariage secret dont vous entendez parler dans les universités, il ne s’agit nullement de mariage, détrompez-vous, c’est de la fornication, c’est un péché. Toute fille qui se marie en secret sans que sa famille ne soit au courant est tombée dans le péché de la fornication. Prends garde, ne te laisse pas leurrer par les paroles d’amour, je te jure que le lendemain il t’abandonnera, car il est ignoble, et parfois même c’est plus fort que lui vu qu’il ne voit plus sur son visage que l’incarnation du diable.
Chaque semaine on entend ce genre d’histoires qui se répètent et quand on demande au jeune homme s’il aimait la jeune fille, il répond que ce n’était pas de l’amour, que c’était un désir charnel. Effectivement, s’il était amoureux de toi, il ne serait pas sorti avec toi en cachette, il t’aurait plutôt épousée. Je l’ai déjà dit aux filles, et je le répète : Si tu veux tester la sincérité de son amour pour toi, si tu veux connaître tes chances avec lui, essaye cette ruse : alors que tu es avec lui, dis-lui que tu viens de voir sa sœur passer avec quelqu’un. Alors il aura l’une des deux réactions : soit il te laissera tomber et accourra vers sa sœur – et là tu sauras que tu ne lui es pas chère, sa sœur non, mais toi il se permet de traîner avec toi – ou bien il te dira que ce n’est pas grave – et là tu sauras qu’il ne vaut pas grand-chose en tant qu’homme –.
« Il l’a vraiment rendue folle d’amour. Nous la trouvons certes dans un égarement évident » c’est un mot juste, prononcé pour une fausse cause. L’égarement dont elles parlèrent n’est point le fait qu’elle commette un péché, loin de là. Ce qu’elles trouvèrent inadmissible fut le fait qu’elle chercha à le perpétrer avec un valet, n’aurait-elle pas mieux fait de chercher un homme de son rang social ? C’est cela qu’elles visèrent en parlant d’égarement, et pas le péché. Quel climat ? Quel environnement empoisonné ? Quelle ville, et quelles femmes ?
Regardons le verset suivant : – Allah (exalté soit-Il) dit - ce qui peut être traduit comme : « Lorsqu’elle eut entendu leur fourberie »… comment a t-elle appris leur fourberie ? C’est clair, dès qu’il s’agit de femmes, les nouvelles circulent rapidement. La suite du verset – Allah (exalté soit-Il) dit - ce qui peut être traduit comme : « Lorsqu’elle eut entendu leur fourberie, elle leur envoya [des invitations,] » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31). Ici, "leur fourberie" suggère qu’il y a jalousie dans l’air. Ô mes frères, quand la jalousie s’infiltre dans la société, elle commence à envenimer la communauté, ce qui pousse les gens vers la ruine et les cœurs vers la noirceur.
Ô mes frères et sœurs employés et fonctionnaires, par Allah, ne calomnier jamais votre supérieur, allez plutôt lui dire que vous êtes contrariés, car vous moquer de lui avec vos collègues est une vilaine lâcheté et une médisance. Ne vous moquez jamais de vos enseignant, pourrez-vous répéter ces moqueries devant lui ? Si vous en êtes capable, affrontez-le sinon ne dénigrez personne. Ne médisez jamais de vos voisines avec d’autres femmes, sachez que celles-là en feraient de même dès que vous aurez le dos tourné, et sachez que le collègue qui critique un autre devant vous, vous critiquera devant lui la prochaine fois. Le Prophète (BP sur lui) n’a jamais parlé d’un sujet de manière aussi dure que celui de la médisance. Une fois, deux personnes marchaient et ont évoqué quelqu’un en mauvais termes, le Prophète a gardé le silence jusqu’au moment où ils sont passés devant la charogne d’un âne. Le Prophète leur demanda alors d’en manger. Etonnés, ils lui ont demandé comment pouvait-il leur demander une chose pareille ! Il a alors répondu : « Mangez comme vous avez mangé la chair de votre frère » « Ne dites pas du mal les uns des autres, l’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? ».
Une autre histoire semblable, cette fois avec deux femmes qui disaient souvent du mal d’une autre en son absence. Elles jeûnaient, et elles ont eu des contractions douloureuses aux ventres. Elles sont allées voir le Prophète (BP sur lui) qui leur a demandé de vomir. Notez qu’elles étaient à jeûne, pourtant elles ont vomi de la viande mâchée. A chaque fois qu’il rencontrait un homme disant du mal d’un absent, le Prophète lui demandait de se laver la bouche (comme s’il venait de manger de la viande). Imaginez un instant qu’à chaque fois que vous médisez de quelqu’un vous vous lavez la bouche. Vous finirez par arrêter cette vilaine habitude car vous souffrirez de douleurs à la bouche.
Revenons à notre sujet, « Lorsqu’elle eut entendu leur fourberie, elle leur envoya [des invitations,] », c’est-à-dire qu’elle a préparé une réception – il est évident que ces femmes appartenaient à la classe aristocrate parce que le femme de Al-Azize n’inviterait pas n’importe qui. « Elle leur envoya [des invitations,] et prépara pour elles une collation » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31) elle leur prépara un lieu confortable, un festin exquis, une ambiance attrayante. Tout cela pour qu’elles soient à l’aise...« et elle remit à chacune d’elles un couteau » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31), remarquez ce qu’elle projeta, avec chaque fruit par exemple elle disposa un couteau pour l’éplucher à priori. Mais son but était autre. Elle a prévu qu’en le voyant, elles se blesseraient les mains avec les couteaux ! Et ce parce qu’elle les connaît et connaît leur façon de penser et peut prévoir leur réaction. Quelle est cette société, pourquoi toutes ces manigances ? L’oisiveté peut-elle mener à tant de dégradation ?
En marge de cela, j’ai une petite remarque à vous faire. Les Egyptiens d’antan utilisaient les couteaux, comme à notre ère, et c’est une preuve qu’il s’agit bien d’une civilisation avancée sans parler du fait qu’elle soit reliée ou non à Allah. Ensuite « Elle remit à chacune d’elles un couteau, Puis elle dit: «Sors devant elles, (Joseph!)» » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31) Cela signifie qu’il n’avait pas quitté la maison et Al-Azize ne l’avait pas chassé.« Puis elle dit: «Sors devant elles, (Joseph!)» - Lorsqu’elles le virent, elles l’admirèrent » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31) c’est-à-dire qu’elles l’ont vu avec des yeux éblouis. « Lorsqu’elles le virent, elles l’admirèrent, et se coupèrent les mains » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31) ça ne veut pas dire qu’elles coupèrent entièrement leurs mains, ça veut seulement dire qu’elles se sont blessées : Chacune en épluchant une pomme garda les yeux fixés sur lui jusqu’à ce qu’elle se soit entaillée les doigts. « Et se coupèrent les mains et dirent: « A Allah ne plaise! Ce n’est pas un être humain, ce n’est qu’un ange noble ! » » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 31) Remarquez comment elles parlèrent de religion, d’Allah, dans un propos indécent et de mœurs légères ! Vous rendez-vous compte quelle manière de parler elles utilisèrent ? Prends garde à ne jamais en faire autant, ne jamais employer des propos de religion dans un milieu malsain.
Comme cet homme qui observe une belle femme, et si tu lui demandes de baisser son regarde, il répondra qu’Allah est beau et aime la beauté. C’est grave, sachez qu’Allah n’approuve pas du tout ce genre de propos. Ou encore des gens regardant une danseuse et qui clament « Qu’Allah bénisse le Prophète », vous vous rendez compte ? Cela constitue une grave violation.
« Et dirent: « A Allah ne plaise! », elles sont éblouies par la beauté mais elles ont employé des termes propres à la religion. Notez l’indécence de cette femme : « Elle dit: «Voilà donc celui à propos duquel vous me blâmiez. J’ai essayé de le séduire. » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32). Est-il possible qu’une femme soit ainsi ? Elle leur a démontré qu’elles étaient comme elle et qu’elles avaient cédé également à la tentation. Les femmes sont très curieuses, lorsqu’elles sont liées à Allah elles peuvent égaler une centaine d’hommes. Et peuvent être sources de volonté et de confiance en Allah, plus fortes que les hommes. Mais quand - Allah nous en protège - elles s’éloignent du droit chemin, une force titanesque ne pourra pas remuer leur cœur. Mais encore, quand une femme perd la pudeur, elle est presque irrécupérable. Je te conseille, mon jeune frère, quand tu choisis ta compagne, prends garde à ne pas prendre une femme qui n’a pas de pudeur. Le meilleur choix bien sûr est d’épouser une femme qui te soutient dans la piété, mais tu peux épouser une femme qui n’est pas très pieuse, mais jamais une femme sans décence. Tu la reconnaîtras à sa façon de s’habiller, de parler, de se comporter : une femme peut ne pas porter le voile mais être décente dans sa tenue sans exagérer les manières de séduction. Prends garde de ne pas te marier avec une femme habituée à éclater de rire au milieu des hommes et à plaisanter avec eux. Évite de te lier à une telle femme, même si elle est la plus belle et la plus séduisante au monde. Ce que je viens de dire est également valable pour toi ma sœur, ne te lie jamais à un homme indécent dépourvu de pudeur.
« J’ai essayé de le séduire » observez l’expression qui suit : « mais il s’en défendit fermement » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32). Allah a voulu juxtaposer ces deux expressions pour contraster la bassesse à l’élévation, la dégradation à la dignité et la fermeté. Vers quoi pencheras-tu ? Essaye de te défendre fermement si tu te trouves exposé à une telle épreuve. Je t’avoue une chose miraculeuse : défends toi une fois, Allah te protègera dix fois. Ecoutez ce verset : Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Et cramponnez-vous tous ensemble au «Habl»[iii] (câble) d’Allah » (TSC, 'Al-'Imrân' (LA FAMILLE D'IMRAN) : 103), remarquez que le mot « cramponnez » signifie refusez le péché, résistez à son attrait. Si tu résistes une seule fois, comme éviter de regarder une scène impudente sur une chaîne satellitaire ou sur Internet, ou baisser ton regard en croisant une femme sur ton chemin, alors Allah t’évitera ce péché des mois entiers. Et n’écoute pas le diable qui essaye par tous les moyens de te leurrer en te persuadant que même si tu résistes une fois, tu n’y arriveras pas toujours, car tu te heurtes continuellement à ce problème … Essaye et tu verras.
Regarde la suite, l’extrême abjection : « Or, s’il ne fait pas ce que je lui commande.. » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32). Comment une femme peut-elle s’abaisser à ce niveau ? Pourquoi le Coran répète t-il ces expressions ? C’est pour t’avertir ma sœur de ne pas être ainsi. Comment certaines de nos filles peuvent-elles prendre le téléphone et chercher parmi les numéros en quête d’un homme disponible pour les courtiser ? Es-ce possible ? Es-ce possible que de telles filles soient de la descendance de ‘A’icha et de ‘Asma’' ? Es-ce vraisemblable qu’elles soient de la nation de Mohammed (BP sur lui) ? Est-il possible qu’elles aient lu l’histoire de Joseph sana en comprendre le sens ?
« Or, s’il ne fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 32). En entendant ces mots, Joseph leva les mains vers le ciel. L’épreuve est devenue plus dure pour lui cette fois-ci : pas seulement une femme, mais toutes tentent de le séduire. La preuve est ce qu’il dit dans sa prière : «...Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants» [des pécheurs] » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 33), il n’a pas dit ‘sa ruse’ mais plutôt ‘leur ruse’. Ensuite « Il dit: «Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent.. » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 33). Chacune de ces femmes demandait à la femme d’Al-Azize de la laisser tenter sa chance avec lui, et à chaque fois il résistait. Vois-tu la résistance de Joseph, il ne s’agit plus d’une seule femme, mais de plusieurs femmes. Cette fermeté ne te pousse t-elle pas à te demander pourquoi serais-tu aussi faible, pourquoi fléchis-tu devant le plus petit geste d’une femme dans la rue ?
Ô, Mes frères, Allah nous raconte cette histoire pour nous procurer la force de tenir, pour nous servir d’exemple de résolution « Or, s’il ne fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés ». Passons à une autre scène : Joseph leva la main vers le ciel : « Il dit: «Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent.. ». Te rends-tu compte de la pesée de ce qu’il dit? Comprends-tu ce que cela signifie ? Ô, Allah les tourments de la prison me sont préférables et plus aisés que les tourments du péché. Et vous, que choisissez-vous : la prison ou la fornication ? Vous imaginez le choix… Pour nous le choix qui se pose est soit de résister cinq ou six ans jusqu’au mariage ou de commettre le péché. Pour Joseph c’était nettement plus difficile : aller en prison et ne pas commettre de péché. Et vint la réponse « Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable[iv] ». Le Coran a utilisé le même mot « amour » dans les deux cas : les femmes qui disent qu’il a rendu la femme d’Al-Azize folle d’amour et lui qui dit aimer la prison plus que le péché. Peux-tu en dire autant ? S’il y a parmi vous quelqu'un qui fréquente une femme en dehors d’une liaison légitime, même sans arriver à l’acte de la fornication, ou quelqu'un qui laisse sa femme languir à la maison et qui passe son temps à bavarder et à entretenir une relation avec une collègue.. Ces gens-là, peuvent-ils dire une partie de ce que Joseph a dit ? Peuvent-ils ressentir la même chose envers le péché ?
Il dit qu’il aimait la prison pour signifier que la prison est agréable si elle protège contre le péché. Il y a des gens qui aspirent à la désobéissance d’Allah, sans aucune menace de prison ni d’autres choses. : « .. Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles. », Remarquez qu’il dit bien ‘je pencherai vers elles’ sans plus. Ce qu’il craignit fut de s’incliner vers elles et non pas de commettre l’interdit avec elles. : « .. Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants» [des pécheurs] », il y a un autre point plaisant ici, c’est qu’il n’y a pas d’espoir sans l’imploration de l’aide d’Allah. Vous vous rappelez Jacob qui dit ce qui peut être traduit comme : « Il ne me reste plus donc qu’une belle patience! C’est Allah qu’il faut appeler au secours contre ce que vous racontez » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 18), Joseph l’imita aujourd’hui : « Il dit: «Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent.. », mais sans Toi (mon Seigneur) je ne vaux rien « .. Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants» [des pécheurs] ». Soyez sûrs qu’il n’y a pas d’échappatoire au péché sans l’aide d’Allah ni de réussite dans la vie sans Son assistance. Cette adoration est quasi-absente dans notre vie. Tu as l’habitude de dire que tu vas t’abstenir devant les péchés ou que tu vas assister à la conférence, mais as-tu pensé demander l’aide d’Allah ? Le recours à Allah est la moelle de l’Islam. Ibn Al-Qayïm a dit à ce sujet : « Allah a envoyé cent quatre livres sacrés (la source de cette information est un hadith du Prophète) qu’Il a regroupés dans trois livres (qui sont l’Evangile, la Tora et le Coran) puis les a réunis dans un seul livre (qui est le Coran) puis Il a rassemblé le Coran dans une seule Sourate (Al-Fatiha) puis a résumé Al-Fatiha dans un seul verset : « C’est Toi [Seul] que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours (ou aide)» puis il enchaîna : « il n’y a pas d’adoration sans l’aide d’Allah, alors l’imploration de Son assistance est la moelle de l’Islam ».
Dans un autre verset Allah dit : – ce qui peut être traduit comme « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent » (TSC, 'Adh-Dhâriyât' (QUI EPARPILLENT) : 56), Le monde a donc été créé dans le but d’adorer Allah, et il n’y a pas d’adoration sans l’imploration de Son aide. Il est donc logique de conclure que cette imploration d’Allah est le centre de la religion. C’est pour cela que le Prophète (BP sur lui) nous a appris à dire après chaque prière : « Ô Allah, aide-moi à T’invoquer, et Te remercier et bien T’adorer ». Nombreux sont ceux qui ignorent cela, alors apprenez ce Douâ (invocation) et répétez-le après chaque prière. Il est d’une importance capitale de dire que nous ne pouvons pas tenir dans ce monde sans l’aide d’Allah, la tentation est partout. Il y aurait parmi nous qui se dit que les tentations auxquelles il est soumis sont trop fortes, ou qu’il est impliqué dans une liaison compliquée, et se demande comment s’en sortir. Là est la solution que tu cherches, demande à Allah de t’aider, dis-Lui que tu n’arrives pas à te soustraire à ce péché, que tu mourras sans qu’il ne T’accorde son pardon, et demandes-Lui de t’offrir une chance de te repentir.
Tu dois demander l’aide d’Allah à chaque action que tu entreprends : ‘Ô Allah je vais au travail, j’ai besoin d’argent, aide-moi à en gagner’, ‘Ô Allah je veux me marier, aide-moi à le faire’. Regarde le hadith : « Trois ont mérité l’aide d’Allah : (parmi eux) celui qui cherche le mariage pour se protéger du péché ».
« Il dit: «Ô mon Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi elles m’invitent. Et si Tu n’écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants» [des pécheurs]. Son Seigneur l’exauça donc, et éloigna de lui leur ruse » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 34)
Est-ce la première prière de Joseph ? Les femmes le poursuivaient depuis longtemps, pourquoi ce n’est qu’en ce moment qu’Allah a exaucé sa prière ? En fait, les savants disent qu’il a toujours imploré mais Allah ne l’a exaucé qu’au moment où il a complété sa prière avec la demande de Son aide. Il demanda d’être sauvé et d’être épargné, mais dès qu’il insista sur le fait que sans l’aide d’Allah il n’arrivera pas à tenir contre la tentation, Allah l’a exaucé. Et vous aussi, apprenez à le faire même en dialecte sans que vous ayez besoin de faire des invocations élaborées. Priez Allah pour qu’Il vous aide à résister contre tel ou tel péché que vous n’arrivez pas à fuir, et vous verrez comment Allah vous exaucera.
«Son Seigneur l’exauça donc » Sentez-vous l’espoir qu’insuffle cette phrase ? « Et éloigna de lui leur ruse » Je vous demande si quelqu’un d’entre vous a trouvé que Joseph a subi une autre tentation après ce passage ? Elle a complètement disparu ! Est-ce possible ?! Cela signifie t-il qu’Allah peut en l’espace d’une nuit ôter une tentation ou un péché qui s’est inculqué dans mon cœur depuis dix ans ?! Certainement oui, et je connais des gens qui ont vécu cela. « Et éloigna de lui leur ruse » De sorte que par la suite, les femmes n’étaient plus séduites en regardant le visage de Joseph. Les gens (hommes et femmes) après ce moment ne voyaient plus sur le visage de Joseph que le respect, l’égard et la révérence. Ainsi, Joseph a été protégé pour le reste de ses jours de cette vilaine tentation. Priez et implorez l’aide d’Allah et vous serez protégés.
Combien de personnes ici présentes souffrent-elles d’un tel problème et désirent ôter de leur cœur la désobéinsse à Allah ? Les fumeurs, les drogués - qu’Allah nous protège -, ceux qui ne résistent pas à la tentation des femmes… Je vous promets qu’Allah retirera tout cela de vos cœurs rapidement. Je vous raconte ce qu’un homme m’a rapporté sur un péché qui l’a poursuivi pendant dix ans. Dix années à prier pour qu’il en soit libéré, jusqu’à ce qu’un soir de Ramadan, il a prié en disant ‘Vous êtes le seul qui me reste’. Cet homme m’a juré que comme par enchantement, le désir qui l’attirait vers ce péché a disparu promptement.
« Son Seigneur l’exauça donc, et éloigna de lui leur ruse. C’est Lui, vraiment, qui est l’Audient et l’Omniscient » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 34).
Passons maintenant au verset suivant : Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Puis, après qu’ils eurent vu les preuves (de son innocence), il leur sembla qu’ils devaient l’emprisonner pour un temps » (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 35). Vous vous imaginez ? Après qu’ils aient appris la vérité, et après que la femme d’Al-Azize ait avoué : « J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit fermement » ils l’ont quand même envoyé en prison ? Car Al-Azize sentit que l’histoire s’est répandue, et il voulut se débarrasser de Joseph. Le pire dans l’histoire, c’est qu’ils n’ont pas précisé combien de temps il restera en prison, il n’a même pas été jugé. Remarquez bien qu’il est plus facile pour un homme de se voir fixer un emprisonnement de vingt-cinq années plutôt que d’être jeté en prison sans durée déterminée. Quelle a pu être la souffrance et l’affliction de Joseph d’être jeté en prison « pour un temps » ?
Peut-être que la plus pénible entre toutes ces épreuves est le fait qu’il ait été jeté en prison avec l’accusation de déshonneur alors qu’il est l’Honorable fils de l’Honorable fils de l’Honorable. C’est très dur. Il s’agit d’une accusation touchant l’honneur.
Récapitulons les épreuves que Joseph a endurées : La haine de ses frères jusqu’à ce qu’ils le jettent dans le puits à douze ans (notez que le compte des années est approximatif), l'ensevelissement pendant trois jours, l’avilissement pendant vingt ans, la perte des siens pendant quarante ans, l’épreuve de la séduction des femmes pendant cinq à six ans puis la prison pour 3 à neuf ans. Y a t-il quelqu’un qui ait vécu autant de détresses ? Connaissez-vous quelqu’un qui a subi le quart de cela ? Et regardez-le après tout cela, il demeura toujours résolu et attaché à Allah.
Ensuite vient le verset suivant : Allah (exalté soit-Il) dit ce qui peut être traduit comme : « Deux valets entrèrent avec lui en prison. L’un d’eux dit: «Je me voyais [en rêve] pressant du raisin...» Et l’autre dit: «Et moi, je me voyais portant sur ma tête du pain dont les oiseaux mangeaient. Apprends-nous l’interprétation (de nos rêves), nous te voyons au nombre des bienfaisants» (TSC, 'Youssouf (JOSEPH) : 36). L’un de ces deux hommes était le valet qui s’occupait de la boisson du roi, et l’autre son cuisinier. Par quel hasard ces deux-ci furent jetés en prison avec Joseph ? Dans une histoire non prouvée, on dit qu’il y eut une conspiration contre le roi, et que ces deux-là furent accusés et se retrouvèrent ainsi en prison en cette période. Il paraît que l’un d’eux était réellement coupable alors que l’autre était innocent.
Alors l’un d’entre eux s’est vu en rêve pressant du raisin pour le roi, et le second portant un plateau de pain et les oiseaux en mangeaient. Ils ont demandé à Joseph de leur interpréter leurs rêves : « Apprends-nous l’interprétation (de nos rêves), nous te voyons au nombre des bienfaisants ». Il existe plusieurs points importants auxquels je souhaite attirer votre attention : Allah a gratifié Joseph d’un don qui est l’interprétation des rêves. On a vu le nombres d’épreuves qu’il a endurées regardez d’où commence le soulagement… d’un rêve… lorsque Allah veux apaiser son serviteur, Il l’honore au moyen d’un rêve. Voyez-vous comment Allah arrange t-Il les choses ? Ces deux-ci ont été inculpés de conspiration, puis ils se retrouvèrent emprisonnés, et enfin firent ce rêve pour que Joseph l’interprète et l’un de ces hommes deviendra le sommelier du roi, c’est-à-dire auprès de lui pour qu’il lui dise un jour qu’il connaît la personne capable d’interpréter le rêve du roi. Ainsi Joseph sortira de prison. Ayez donc confiance en Allah, Lui qui gère tout.
Mais pourquoi ces hommes ont-ils demandé à Joseph de leur interpréter leurs rêves ? Parce qu’ils ont vu qu’il était un homme bien : « Nous te voyons au nombre des bienfaisants » Mais comment savent t-ils qu’il était un bienfaisant ? Les mœurs d’un croyant témoignent pour lui. Il leur suffit de l’observer pour voir quel genre d’homme il était.
Et toi, tes collègues, tes voisins, tes amis, s'aperçoivent-ils que tu es un homme bienfaisant ? Ton comportement témoigne-t-il de ta bonne éducation et de ta piété ? Si oui, sache bien que cela est l’une des preuves de croyance.
Bien qu'en prison, les prisonniers considèrent toujours les accusés dans des affaires d’honneur d’être plus mauvais qu’eux, ces deux hommes furent convaincus qu’il était un homme vertueux et ce, grâce à son allure. La prison ne l’ébranla en rien, et la mélancolie, la détresse et l’insomnie ne purent frayer chemin vers son cœur. Il resta toujours l’homme honnête et lié à Allah en dépit de toutes ces infortunes.
Tous les versets qui suivent sont axés sur le même sujet : les méthodes d’exhortation et l’art d’appeler à l’adoration d’Allah. Nombreux sont ceux qui me demandent comment faut-il procéder pour attirer les gens vers la religion. Aujourd’hui je leur réponds : la sourate de Joseph renferme la réponse. Je les invite à méditer sur les quatre versets, du trente-septième au quarante et unième. Quatorze règles sont présentées dans ces versets, Allah nous les recommande pour mener à bien notre prêche.
Avant de m’étaler sur ces 14 règles, parlons d’abord de l’invitation à l’Islam. S’agit-il d’un devoir ou d’une faveur facultative que tu peux choisir d’accomplir ou non ? Sachez qu’il s’agit bien d’un devoir, tout musulman est tenu d’inviter les autres vers le droit chemin. Le problème est que certains pensent que leurs connaissances en religion sont très faibles et ne suffisent pas comme base pour appeler les autres vers la religion. C’est une fausse conviction, c’est en aidant les autres à se rapprocher d’Allah qu’on élargit son champ de connaissances et qu’on fortifie sa foi. Même si c’est la première fois que vous assistez à une leçon de religion, tentez votre chance d’aider une autre personne, avec le peu que vous savez. Si vous ne le faites pas, vous finirez pas chavirer, votre foi ne se conservera pas.
Regardez la situation de Joseph. Bien qu'il soit en prison, ne sachant même pas s’il en sortira un jour, son premier souci fut d’appeler les gens à adorer Allah. Il tendit la main vers les prisonniers, même les criminels, pour les aider à retrouver le bon chemin. Pour lui cela est évident. En dépit des détresses et des misères qu’il a vécues des années durant, il resta toujours prêt à tendre la main à tout moment pour répandre le message d’Allah. Il ne se délaissa pas de ce devoir sous prétexte qu’ils sont des prisonniers ou des criminels, il continua bien qu’il sache pertinemment que l’un d’eux sera exécuté dans peu de temps. C’est bien l’explication de leurs rêves, que l’un vivra et que l’autre mourra.
[i] TSC : Traduction des sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu’à présent de la sourate sus mentionné. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint Coran.
[ii] - NdT : doué de force : le traduction littérale est : ayant plusieurs mains
[iii] Le câble d’Allah : le mot « Habl » signifie littéralement câble ou corde. Il s’agit du Coran selon les dires du Prophète prière et salut sur lui. Le mot « Habl » exprime le lien entre Allah et ses créatures.
[iv] NdT : une traduction littérale de l’expression donnerait : « la prison m’est plus aimée.. »
L’histoire de Youssouf : A6
L’histoire de Youssouf : A6
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Nous avons clos l'épisode précédent avec l'entrée de Youssouf (que la paix soit sur lui) en prison, et en évoquant aussi les qualités de ceux qui appellent au chemin d'Allah. A ce propos, je vous ai dit que nous sommes tous mus par le désir de prendre les autres par la main afin de les guider. Celui qui ne ressent pas ce désir est faible de foi, qu'il prie ou pleure par crainte d'Allah. Car, autant le nombre de ceux que tu aides augmente, autant ta foi est grande et forte. Le cœur est comme un verre qu'on remplit d'eau, quand il se remplit, il déborde et se déverse sur ce qui l'entoure. Plus l'eau qui y est versée est importante, autant celle qui s'en déverse coule plus fort et atteint des lieux lointains. Es-tu chagriné par l'égarement de ceux qui t'entourent en pensant aux versets –ce qui peut être traduit comme : " Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes" (TSC[i], Al–Mâ’ida ‘LA TABLE SERVIE’ : 32)….
"Est-ce que celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est pareil à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir" (TSC, A-'An'âm ‘LES BESTIAUX’ :122).
Que tu sois la cause de la renaissance des cœurs morts est une grâce d'Allah (exalté et glorifié soit-Il) sur toi. Et si tu veux garder la ferveur de la foi saine dans ton cœur prends les gens par la main et les péchés te paraîtront encore plus odieux qu'avant. Celui qui pratique depuis longtemps et qui sent l'ardeur du culte se refroidir dans son cœur, qu'il s'investisse aussi dans l'appel à Allah, et qu'il assiste aux leçons et aux prêches pour qu'il ait une matière à dispenser. Pour les femmes qui souffrent parce que leurs maris ont délaissé leur religion, au lieu de se lamenter sans cesse, ayez recours à l'invocation d'Allah, priez avec insistance Allah et implorez Son soutien. Ibn Al Qayyim disait que la position la plus honorable auprès d'Allah est celle des gens qui appellent à Son chemin, car elle est aussi celle des prophètes et des messagers. Il n'y a point de bonheur égal à celui de servir la cause d'Allah (exalté et glorifié soit-Il), et que tu pries Allah qu'Il fasse de toi le serviteur de Sa cause. Le Prophète (BP sur lui) faisait chaque matin cette invocation "O Allah, accorde-moi de Ta part une bonne action qui me rapprochera de Toi".
Recette pour celui qui veut appeler au chemin d'Allah
Dans la sourate Youssouf, est mentionné ce que doivent entreprendre tous ceux qui voudraient appeler au chemin d'Allah, à travers environ sept versets, du 36 au 41. De par ma propre expérience, j'ai eu à constater que celui qui s'applique à suivre ces quatorze points, et s'en tient rigoureusement dans son appel à Allah finira sûrement par réussir dans ce qu'il entreprend.
La noblesse du caractère :
Le verset –ce qui peut être traduit comme : "nous te voyons au nombre des bienfaisants" (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 36) en est la preuve car Joseph n'était pas malheureux en prison. Les oulémas disent qu'il s'occupait de veiller sur les malades, nourrissait ceux qui avaient faim, et se montrait indulgent envers ses pairs. Quant à nous, nous nous détournons de nos proches pour la moindre et futile cause.
La bonne apparence :
Du même verset, nous comprenons à travers l'expression" nous te voyons" que son apparence laisse penser qu'il est un homme de bien. Il y a des filles qui pensent qu'il faudrait porter un voile de mauvaise qualité pour qu'il ne soit pas attirant, mais ceci est faux. Bien au contraire, je crois que vous devez mettre tout ce qui plaît aux femmes. Bien sûr, votre tenue ne doit pas être trop voyante, mais vous devez comprendre que c'est une question d'intentions, et ce qui est reprochable, c'est de le faire dans le but d'attirer les regards des hommes. Mets un voile qui fera dire aux femmes qui te verront : je veux bien me vêtir comme elle. L'apport de ton apparence dans le succès de ce que tu fais est de moitié.
Exploite tes dons :
Allah a doué chacun d’entre nous d'un don. Alors utilise-le; tu es professionnel en informatique, alors apprends-leur l'informatique. Tu joues bien au football, alors associe-les à ton jeu. Use de tes dons pour apprendre aux gens à aimer Allah. Si une sœur a un joli sourire, alors qu'elle use de son sourire pour guider les gens (je parle des sœurs bien sûr). Souriez avec de bonnes intentions, et dites-vous : je souris pour réconcilier le cœur de la personne qui est en face de moi. Mais celui qui ne connaît pas les dons enfouis en lui, nous consacrerons un épisode pour cela.
La confiance en soi :
Dans le verset –ce qui peut être traduit comme : " La nourriture qui vous est attribuée ne vous parviendra point, dit-il, que je ne vous aie avisés de son interprétation [de votre nourriture] avant qu’elle ne vous arrive." (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 37) Ne parle pas aux gens alors que tu es troublé et peu confiant en toi-même, ou alors que tu crains qu'on se moque de toi. Même si tes connaissances sont limitées car le prophète (BP sur lui) disait : "informez les gens à mon sujet ne serait-ce qu'avec un seul verset". Même si tes connaissances ne sont pas grandes en religion mais que les gens te trouvent confiant et sûr de ce que tu dis et ils en seront convaincus.
L'amour réciproque :
Tu dois aimer ceux qui t'entourent car tu ne peux posséder le cœur d'un homme que tu détestes. Mais en l'aimant, Allah fera en sorte qu'il t'aime car Allah a fait du cœur la porte de la raison. On retrouve des gens qui prêchent en usant d'un discours rationaliste, ou bien des parents qui se disputent constamment avec leurs enfants pour les inciter à plus de pratique. Mais ceci n'est pas la bonne approche, car la bonne approche est de cibler le cœur. Nous sentons cela dans le verset quand Joseph s'adresse aux deux prisonniers "Ô mes deux compagnons de prison!" (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 39). Je vous citerai quelques manières qui feront que les gens vous aimeront : offrez des cadeaux, car le Prophète dit : "offrez-vous des cadeaux les uns aux autres et l'amour régnera parmi vous". Quand tu as la poche pleine de bombons, on t'écoutera avec amour. Rends-lui visite, demande de ses nouvelles. Le Prophète (BP sur lui) dit : " celui parmi vous qui rend visite à son coreligionnaire, Allah enverra des anges derrière lui disant : que le salut soit sur toi, que le salut soit sur ton trajet et que le Paradis te soit accordé". Vous rappelez-vous de la dernière fois que vous avez rendu visite à quelqu'un ?
Commence par résoudre leurs problèmes :
Ne commence pas par la religion. Si ton vis-à-vis s'intéresse au football, renseigne-toi et parle-lui de football. Toi aussi ma sœur, tu achèteras un magazine de mode dans l'intention de savoir à quoi pensent les femmes. Car tu ne pourras pas influencer quelqu'un si tu ne sais pas comment il pense. Joseph les a abordé en leur parlant de leurs soucis et non de religion. Nous comprenons cela à travers le verset –ce qui peut être traduit comme " La nourriture qui vous est attribuée ne vous parviendra point"(TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 37). Il s'est intéressé donc à la question de nourriture qui est un souci majeur pour ses compagnons de prison. Tu dois leur parler de ce qu'ils désirent eux et non pas de ce que tu désires toi. Avez-vous déjà vu quelqu'un pêcher le poisson en usant d'une fraise comme appât ? Certainement pas, car les poissons mangent les vers. Alors souvenez-vous bien de cet exemple.
Non à l'insistance en religion :
En fait, tu dois tâter le terrain. Si tu trouves que la voie est libre tu donnes une charge de foi avec force puis tu retournes à ton premier sujet. Lis encore le verset 37 où Joseph parle de nourriture, puis 38 et 39 de religion, et enfin le verset 40 c'est encore de nourriture dont il s'agit. Donc il a diversifié et contourné l'insistance. Vous aurez à observer que l'insistance crée beaucoup de gêne. Moi-même étant jeune en première année d'université, j'avais voulu aider un ami que j'aimais beaucoup, alors je lui ai passé une cassette. J'étais très réceptif aux leçons et prêches distribués dans des cassettes alors j'ai pensé que c'était là une bonne méthode. Mais j'ai remarqué qu'il n'écoutait pas les cassettes que je lui donnais malgré mon insistance. Un jour je lui ai demandé d'écouter ensemble une cassette chez lui, et je me suis rendu compte que la cassette ne fonctionnait pas du tout. Jusqu'à ce qu'il fasse un rêve dans lequel il s'était vu enchaîné par moi. Donc le zèle à lui seul sans la raison peut mener à des fins négatives. Mon ami ne s'est pas converti pour autant et notre relation a cessé. Vous aurez remarqué comment mon insistance a fait qu'il avait rêvé d'être enchaîné à cause de la pression que j'exerçais sur lui.
Pense aux moyens les plus attrayants :
Joseph a su qu'ils voulaient l'interprétation de leurs rêves, donc il les a attirés en leur faisant savoir qu'il savait interpréter les rêves, mais il leur a parlé en premier lieu de religion et a laissé l'interprétation en dernier car s'il leur a donné ce qu'ils voulaient ils ne seraient pas restés à écouter jusqu'à la fin ce qu'il voulait qu'ils entendent. Ton moyen à toi peut bien être une fête à laquelle tu convieras ton ami.
Parle à la raison et chatouille les sentiments :
Il est inutile d'user de sentiments seulement mais plutôt varier son discours. Regardez le verset –ce qui peut être traduit comme "Ô mes deux compagnons de prison! Qui est le meilleur: des Seigneurs éparpillés ou Allah, l’Unique, le Dominateur suprême? Vous n’adorez, en dehors de Lui, que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres"(TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 39-40). Il a commencé par les sentiments puis a versé dans la raison.
Rappelle-lui les grâces d'Allah sur lui :
Ceci constitue le meilleur moyen de l'aider, et à toi aussi si tu veux retourner à Allah, et ce dans le verset –ce qui peut être traduit comme "Ceci est une grâce d’Allah sur nous et sur tout le monde; mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants"(TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 38).
La politesse et l'éloquence dans le discours :
Prends garde d'être rude, et ce pour les mots "Ô mes deux compagnons de prison!" et "L’un de vous donnera du vin à boire à son maître; quant à l’autre, il sera crucifié"(TSC 'Youssouf' (JOSEPH) :41). Il a dit "l'autre" pour ne pas le mentionner ouvertement. Un jour, un homme était venu voir Haroun Ar-rachid pour le conseiller, et il s'adressa à lui en des termes rudes et durs. Haroun Ar-rachid lui dit : qui est le plus désavoué auprès d'Allah : Pharaon ou moi ? L'homme lui répondit : Pharaon est le plus désavoué. Haroun Ar-rachid lui dit : qui est le plus cher à Allah, toi où bien Moïse ? L'homme lui répondit : bien sûr que c'est Moïse. Alors Haroun Ar-rachid lui dit : Allah a ordonné à celui qui est plus cher à lui que toi de dire à celui qui est plus désavoué que moi –ce qui peut être traduit comme : " Puis, parlez-lui gentiment "(TSC 'Tâ-hâ' : 44).
Ouvre-lui ton cœur :
Tu ne dois pas entretenir le flou autour de toi. Joseph leur a fait connaître d'abord son origine en citant son père Yaqoub (Jacob), son grand-père Ishaq (Isaac) et son arrière–grand-père Ibrahim (Abraham) et ce dans le verset–ce qui peut être traduit comme : "Et j’ai suivi la religion de mes ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob"(TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 38). Tant que les gens sentent que tu es une personne ouverte, il sera plus facile de les convaincre.
Le dévouement :
Ensuite –ce qui peut être traduit comme : "Qui est le meilleur : des Seigneurs éparpillés ou Allah, l’Unique, le Dominateur suprême?" (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 39)
Ce point est plus important que ce qui a précédé, car ce que nous avons évoqué jusqu'à maintenant est théorique, par contre le dévouement c'est le soutien et la volonté. Tu te brouilleras quelques fois et on se moquera de toi, mais tu apprendras.
Endurer les erreurs des gens :
Tu te retrouveras en train de l'exhorter et lui, il commet encore des péchés. Au début tu laisseras passer. Puis s'il récidive tu lui feras sentir que cela te répugne. Puis s'il persiste, tu lui diras des propos qui lui feront un peu mal. L'imam Abou Hanifa avait pour voisin un jeune qui buvait toujours alors que l'imam s'occupait de l'écriture de ses livres. Son voisin ivrogne le dérangeait sans cesse, car il chantonnait en buvant et répétait : ils m'ont perdu, et quel garçon ont–il perdu ! Un jour l'imam n'entendit plus les lamentations de son voisin. Quand il se renseigna, il sut que la police l'avait emprisonné. Alors il partit les voir et les exhorta de le libérer en se portant garant de lui. En chemin, l'imam ne prononça aucun mot, car parfois le silence est plus éloquent que la parole. Arrivés à leurs maisons, Abou Hanifa lui dit : est-ce que nous t'avons perdu jeune homme ? Son voisin lui répondit : par Allah je ne boirai plus.
C'était les quatorze points, et il est de la grandeur du Coran que les oulémas en déduisent de ces versets d'autres sens différents. Car, loin de la prédication et de l'appel au sentier d'Allah, ces versets contiennent aussi la jurisprudence de la fatwa[ii]. Car il est des règles de la fatwa que lorsqu'on vient vous interroger à propos d'une question bien définie, de ne pas se limiter au sujet principal seul, mais de fournir aussi au demandeur des détails qui aideront à comprendre aussi les ramifications et les questions secondaires qui y sont liées. Par exemple si quelqu'un demande s'il est permis de faire la prière nocturne surérogatoire juste après la prière d'Al Icha' (crépuscule). On ne lui dira pas juste que c'est permis, mais on lui dira que la prière nocturne commence après Al Icha' jusqu'à l'aube, et le temps le plus aimé d'Allah est le dernier tiers de la nuit, et la valeur de la prière nocturne est citée dans le hadith :
" Allah, que Son nom soit honoré et glorifié, descend au ciel d’ici-bas une descente digne de Lui et dit : “y a-t-il quelqu’un qui demande pardon, y a-t-il quelqu’un qui se repent pour que Je lui pardonne ? … jusqu'à la fin du hadith" pour que tu lui fasses préférer ce moment-là.
Des mêmes versets aussi, les oulémas ont déduit la méthode à adopter dans le dialogue avec les gens polythéistes : la comparaison entre un dieu unique et des dieux divers, puis : attirer l'attention sur l'origine des autres divinités, à savoir qu'ils sont des noms inventés. Des mêmes versets, les jurisconsultes et ceux du dogme et les prédicateurs ont réussi à en tirer des sens différents.
Et même pour les psychologues. Il se trouve qu'il existe en Occident une règle en psychologie qui stipule que lorsqu'on est confronté à quelqu'un qui nous consulte sur un problème sans issue (comme celui qui allait être crucifié dans l'histoire de Joseph), de ne pas lui dire de prendre son mal en patience, mais de l'orienter vers quelque chose de positif vers laquelle il aspirera. Dans l'histoire, on trouve que Joseph l'a orienté vers l'attachement à Allah. Donc celui qui en a bénéficié est bien le boulanger (qui sera crucifié) et non le sommelier, pour preuve que ce dernier a oublié la requête de Joseph.
Le verset 42 –ce qui peut être traduit comme : "Et il dit à celui des deux dont il pensait qu’il serait délivré: «Parle de moi auprès de ton maître ". Pourquoi Joseph ici pensait, alors qu'il avait dit auparavant "L’affaire sur laquelle vous me consultez est déjà décidée"(TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 41) ? Le rêve est-il une preuve catégorique ou bien conjecturale ?
Si Joseph qui connaît mieux que quiconque sur terre l'interprétation des songes n'était pas sûr pour autant, comment pourrais-tu croire un charlatan, ou perdre le sommeil pendant des mois à cause d'un rêve ? Car l'expression "est déjà décidée" elle est décidée dans le connu d'Allah, mais pour moi c'est juste une probabilité.
Pourquoi a-t-il dit "ton maître" ? Le mot maître désigne celui qui commande et qui est digne d'obéissance, et le roi est celui qui occupe cette position pour le sommelier. Quelle est la place d'Allah dans ton esprit ? Et si les ordres d'Allah venaient à contredire les ordres de ceux qui Lui sont inférieurs, que ferais-tu ? Et à quels ordres obéiras-tu ? Le verset nous dit-ce qui peut être traduit comme : " Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion sa divinité? "(TSC 'Al-Jâtiyaf' (L'AENOUILLEE) : 23). Si tu trouves ton propre avis d'un côté et les ordres d'Allah de l'autre et que tu préfères toujours les tiens à ceux d'Allah, alors tu devrais bien méditer ce verset… Quand Abd Al Mouttaleb était parti chez Abraha l'éthiopien lui demander de lui restituer ses chameaux, celui-ci le blâma pour ne pas avoir cité la Kaaba (qu'il était par ailleurs venu détruire). Abd Al Mouttaleb lui répondit que la Kaaba avait un Dieu qui la protègerait, par contre les chameaux je suis leur maître qui les guide. Il y en a qui sont guidés par une femme, d'autres par la mode et d'autres par l'argent. Le Prophète nous dit : "damné est le serviteur du dirham et du dinar".
Certains s'opposeront et diront que Joseph en disant " Parle de moi auprès de ton maître" n’avait pas mis toute sa confiance en Allah. Mais cela est faux car il n'existe pas d'opposition entre compter sur le soutien d'Allah et solliciter l'aide des gens. Car tu cherches de tout ton être à suivre les causes mais du fond de ton cœur tu es bien convaincu que c'est bien Allah qui dispose de ces causes. Celui qui prétend qu'il ne doit pas solliciter l'aide des autres parce qu'il compte sur le soutien d'Allah est un paresseux. Le Prophète nous a enseigné de demander l'aide avec dignité, parce que la dignité est la preuve de notre foi en le soutien d'Allah. Ici aussi intervient l'istikhara[iii]. En faisant la prière de l'istikhara, tu n'attendras pas une confirmation à travers un songe, mais ce sont deux rakâa (prosternations) que tu accompliras pour reposer sur Allah ton choix et croire à Sa volonté de l'accomplir ou pas, en faisant cette invocation :
"O Allah j'implore Ton savoir et Ton pouvoir, et je sollicite Tes grands bienfaits, car Tu es le Tout-Puissant et je suis impuissant, et Tu es l'Omniscient et je suis ignorant et c'est Toi qui connaît l'inconnaissable. O Allah, si Tu sais que cette affaire (et tu nommes ton affaire) est pour le bien de ma religion, de ma vie et de mon lendemain, fais en sorte qu'elle me soit facile et aisée et apporte-moi Ta bénédiction. O Allah, si Tu sais que cette affaire est pour le mal de ma religion, de ma vie et de mon lendemain, éloigne-la de moi et éloigne-moi d'elle, et destine-moi le bien où qu'il se trouve et rends-moi en satisfait, O Clément et Miséricordieux, il n'y a de force ni de pouvoir en dehors d'Allah"
Demande le soutien d'Allah dans tout ce que tu fais, même pour la paire de chaussures que tu vas acheter, pour tes études, pour ton mariage et ton voyage à l'étranger.
Après avoir sollicité le soutien d'Allah en faisant la prière de l'istikhara, suis les causes. Si c'est un mariage, renseignez-vous sur celui qui prétend à la main de votre fille, faites sa connaissance et celle de ses parents. Si par la suite, la fille se sent heureuse, comptez sur le soutien d'Allah et avancez, car cela va être du bien si Allah le veut. Même chose quand il s'agit d'un emploi auquel tu postules, après avoir déposé ta demande, fais la prière de l'istikhara, ensuite renseigne-toi, et si tu vois que c'est aisé et que tu t'y plais, continue.
Celui qui compte sur le soutien d'Allah est le plus heureux du monde. Nous voyons par exemple des gens faire la queue durant des heures chez un Docteur parce qu'ils ont confiance en lui, alors qu'ils laissent un autre Docteur devant lequel il n'y a point de monde, car ils n'ont pas confiance en lui.
Quand tu donnes une procuration à quelqu'un, tu le fais par confiance en lui. Alors pourquoi nous donnons aux gens ce que nous ne donnons pas à Allah.
Pourrais-tu être satisfait dans toute situation où Allah te soumet ? Regardons-nous : l'étudiant ne peut pas dormir par peur de l'avenir et de l'échec, la mère ne peut pas dormir à cause de ses filles qui tardent à se marier, et le père qui n'arrive pas à dormir par souci de l’avenir financier de ses enfants.
Les oulémas nous disent que celui qui prend de l’argent illégalement n'a pas confiance en le soutien d'Allah, car il l'aurait eu en tout état de cause sans vol. Celui qui pleure à l'approche de la mort par souci de l'avenir de ses enfants n'a pas confiance en le soutien d'Allah.
Nous implorons Allah qu'Il nous comble de bien compter sur Son soutien.
Revenons au verset qui suit –ce qui peut être traduit comme :" Mais le Diable fit qu’il oublia de rappeler (le cas de Joseph) à son maître. Joseph resta donc en prison quelques années." (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 42) Approximativement, Joseph est resté neuf ans en prison. Remarquez que tous ceux qui ont connu Joseph l'ont perdu ou abandonné. Ses frères l'ont mis dans un puits, puis celui qui l'a trouvé l'a vendu, et Al Azize l'a jeté en prison, la femme de ce dernier a prétendu qu'elle l'aimait mais l'avait en fin de compte jeté en prison. Les femmes de la ville ont su et dissimulé la nouvelle et lui ont imputé le tort. Et enfin, son compagnon de prison qui avait oublié de parler de lui auprès de son maître. Quelle longanimité !
La morale ne saurait se diviser, tu ne peux prétendre et dire : j'ai essayé d'être droit et bienfaiteur mais je n'ai pas pu. Si je trouve que les gens trichent, je triche avec eux, si je trouve toute la société pratiquant le mensonge, je mens avec eux. Mais non, imite Joseph, car cette sourate est la sourate de la morale. Vous les pères et les mères qui êtes affligés, soyez endurants car personne n'a été autant affligé et éprouvé comme Yaqoub (Jacob). Vous les jeunes, résistez aux tentations car personne n'a été plus exposé aux tentations comme Joseph.
Le verset qui suit –ce qui peut être traduit comme : "Et le roi dit : «En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres; et sept épis verts, et autant d’autres, secs. Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve». (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 43)". Ici Allah a employé le mot "roi", alors que dans l'histoire de Moïse, on trouve qu'il est désigné sous le nom de pharaon. On sait que les pharaons ont gouverné les terres de l'Égypte ancienne. Seulement lorsqu'on découvrit récemment la pierre de Rosette et qu'on l'eût déchiffrée elle dévoila que l'Égypte a été gouvernée durant l'invasion de celle-ci par les Hyksôs qui étaient des rois bergers et non des pharaons. Allah a révélé cela à son prophète avant que le monde n'en saisisse le sens.
Le roi a donc vu sept vaches grasses dévorées par sept autres maigres. Le mot "je voyais" veut dire que le rêve s'est répété. Et le mot tâbouroune (interpréter) veut dire convertir un sens réel en une réalité vécue qui pourra profiter aux gens. Ils ont répondu –ce qui peut être traduit comme : "C’est un amas de rêves! -Et nous ne savons pas interpréter les rêves!»" (TSC 'Youssouf' (JOSEPH) : 44). Nous avons vu trois rêves jusqu'à présent : celui de Joseph enfant, celui des deux prisonniers et puis celui du roi. On dirait que les rêves étaient une caractéristique de cette époque, c'est pourquoi Allah a doté Joseph de la connaissance de l'interprétation des rêves. Nous comprenons par là que si tu veux appeler les gens à la religion, tu dois parler le langage de leur époque, te vêtir comme eux, adopter leurs façons de parler, et ne pas leur parler de choses qu'ils ne connaissent pas, pour que tu puisses les influencer. Chaque prophète que Allah a envoyé, Il l'a doté d'un don qui correspondait à son temps et à son époque. Et Allah t'apporte toujours Son salut par les moyens auxquels tu t'attends le moins, on retrouve toujours dans le Coran –ce qui peut être traduit comme : "et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas"(TSC 'At-Talâqf' (LE DIVORCE) : 3) Pour bien te faire comprendre qu'Il est Celui qui dispose de cet univers.
De même pour la nation musulmane, nous savons comment notre prophète (BP sur lui) était parti appeler les gens de Ta'ef qui l'ont chassé à coups de pierres, et Allah a fait à cette occasion que les djinns croient au message.
[i] TSC : Traduction des sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu’à présent de la sourate sus mentionné. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du noble Coran.
[ii] Jugement que les oulémas prononcent à propos de questions qui ne sont pas contenues dans le coran ou la tradition en se basant sur leurs propres opinions et déductions.
[iii] Une prière que l'on fait pour invoquer le soutien d'Allah avant de faire quelque chose d'important ou de prendre une décision importante
L’histoire de Youssouf : A7
L’histoire de Youssouf : A7
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Deux semaines se sont écoulées depuis notre dernière rencontre. Ces deux semaines correspondaient à la période de pèlerinage, qu'Allah agrée et vous procure tous les moyens. Mes frères, le pèlerinage est une intention…
Avant le pèlerinage il y a trois semaines, j'ai donné une conférence dont le sujet était "le pèlerinage". Je ne sais pas s'il y a parmi nous des gens qui y ont assisté. A la fin j'avais dit:"il est possible qu'il y ait des gens qui soient tentés de l'accomplir après avoir écouté ce que j'ai dit aujourd'hui. Avec cette intention, il est possible aussi qu'Allah leur facilite les choses et leur permette d'y aller alors qu'il reste peu de temps." Et Allah a voulu que je rencontre là-bas certaines personnes qui étaient à la conférence. Elles m'ont dit qu'elles ont eu cette intention lors de la conférence et qu'elles ont entamé juste après cette dernière la procédure qu'Allah a facilitée. Je suis vraiment convaincu que ce pèlerinage est une intention. Avec une intention sincère et persistante, Allah vous permettra automatiquement Al hajj. Il faut prier mes frères afin qu'Allah vous permette prochainement Al hajj ou Al omra, chose qui n'est pas difficile pour Allah qu'Il soit béni et exalté. Il peut le faire pour toi humble serviteur, alors prie tout en étant sûr que c'est Lui seul qui peut te procurer une des meilleures dévotions, surtout pour ceux qui sont jeunes : pour les jeunes mieux que pour les plus âgés. Ce qui est répandu est que Al hajj ou Al omra sont pour les personnes âgées. Non, au nom d'Allah. Al hajj ou Al omra sont préférables à un jeune âge car ils te procurent une droiture pour la vie et te permettent obéissance à Allah. Al hajj ou Al omra te procurent aussi une énergie pour des années en avant et une résistance aux péchés que tu n'aurais jamais imaginé avoir à ton âge.
Nous continuons avec l'histoire du prophète Joseph… Nous nous sommes arrêtés au verset 49. Je vais reprendre rapidement pour les gens qui étaient absents la dernière fois et aussi pour ceux qui étaient présents. Réellement, je ne vais pas aller trop vite. Je vais reprendre à partir du verset 43 de la sourate Yoûssouf: " Et le roi dit"… Les versets suivants parlent de ce même sujet. Vraiment, je ne veux pas que quelqu'un rate quoi que ce soit car les leçons et les sermons tirés de cette dernière partie contiennent plusieurs points forts et touchants.
J'ai trouvé que le profit serait double:
· Ceux qui étaient présents il y a deux semaines se verront renforcer les idées bénéfiques dégagées.
· Ceux qui étaient absents pourront englober toute l'histoire et bénéficieront de ces mêmes idées.
Alors, nous allons commencer au verset 43 et nous arrêter au verset 58 et nous terminerons ce qui reste de la sourate dans les deux ou trois prochaines rencontres.
Vous vous rappelez le nombre de rencontres que nous avons eues jusque-là? Cinq ou six rencontres et j'avais une espérance : que vous appreniez la sourate de Yoûssouf, vous qui assistez.
L'idée n'est pas de savoir parler mieux que vous. Je ne fais que reprendre les explications d'Al Cha'raoui, et d'autres,… Je n'invente rien, je ne fais que reprendre leurs explications. Tout ce que je fais est ordinaire, je lis seulement un peu plus, puis je viens vous en parler. Nous disséquons chaque verset et il serait dommage que vous perdiez cette occasion d'apprendre la sourate : dans la prière du maghreb et du 'Icha, nous prions avec cette sourate, nous reprenons chaque fois et nous détaillons les versets et nous ne prenons que sept ou huit versets à la fois. Alors, s'il vous plaît apprenez la sourate. Reprenez et révisez les cassettes précédentes puis apprenez la sourate. Après, vous allez vous réjouir en priant avec cette dernière car vous aurez compris tous les détails.
Nous commençons par raconter l'histoire au verset 43: la vision du roi. Lisons d'abord les versets puis nous raconteront la vision et ce qu'elle veut dire –ce qui peut être traduit comme:– " Et le roi dit: «En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres; et sept épis verts, et autant d’autres, secs. Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve»."(TSC[i], Youssouf (JOSEPH): 43).
Le roi a vu sept vaches grasses c'est-à-dire des vaches bien pesantes, bien portantes. Derrière ces vaches, il a soudain vu venir sept autres maigres qui mangèrent les premières. En principe c'est le contraire qui devait se passer : ce sont les vaches grasses qui devraient manger les vaches maigres, c'est ce qui serait naturel, mais il a vu d'abord les vaches grasses. Pour cette raison, nous avons en premier " En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses". Il a vu donc ces vaches en premier, puis "mangées par sept maigres". Elles ont mangé les vaches grasses sans en laisser une partie. Elles les ont terminées. " et sept épis verts", de même il a vu dans la suite de la vision sept épis pleins de grains de blé, puis " et autant d’autres, secs " qui se sont enroulées autour des premières et les ont achevées.
Il dit alors " Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve." Il est clair que les visions étaient très répandues à cette époque. Tu vois combien de visions nous avons rencontrées jusque–là :
· La vision du prophète Jacob.
· La vision du prophète Youssouf au début et celle-ci en est une deuxième.
· Et les visions des deux prisonniers.
Il est donc clair que cette époque en Egypte était l'époque des problèmes de visions. Elles causaient aux gens une folie anormale au point que le roi rassemblât sa suite et leur dît "vous ne partirez qu'après m'avoir interprété cette vision."
Ils lui répondirent alors –ce qui peut être traduit comme: "Ils dirent: «C’est un amas de rêves! Et nous ne savons pas interpréter les rêves!»" (TSC, Youssouf (JOSEPH): 44).
Dès qu'il leur demanda ce qu'ils devaient faire ils répondirent : un amas de rêves, c'est-à-dire un cauchemar. Ils n'étaient pas sûrs que ce fût un cauchemar et ils eurent peur qu'il sache qu'ils avaient tort alors ils lui dirent franchement "et nous ne savons pas interpréter les rêves!"
La nature de la personnalité se dévoile depuis longtemps, "Ils dirent: «C’est un amas de rêves! Et nous ne savons pas interpréter les rêves!»"
"Or, celui des deux qui avait été délivré et qui, après quelque temps se rappela, dit: «Je vous en donnerai l’interprétation. Envoyez-moi donc»." (TSC, Youssouf (JOSEPH): 45), se rappela sous-entend qu'il se rappela difficilement. Imagine, le prisonnier à qui le prophète Joseph avait conté la vision l'oublia… Ô prophète Joseph, tout le monde t'avait oublié!
Alors le prisonnier se rappela après un certain temps et dit –ce qui peut être traduit comme : "«Je vous en donnerai l’interprétation. Envoyez-moi donc»" (TSC, Youssouf (JOSEPH): 45).
J'essaye d'aller plus vite, donc nous commençons de ce verset –ce qui peut être traduit comme: "«Ô toi, Joseph, le véridique! Eclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que mangent sept très maigres, et sept épis verts et autant d’autres, secs," (TSC, Youssouf (JOSEPH): 46),.
Vous remarquez qu'il avait repris mot pour mot les paroles du roi. Une précision dans le report : il reporta exactement ce que le roi avait dit. Si vous comparez ce verset et celui qui le précède, vous retrouverez intégralement les mêmes mots –ce qui peut être traduit comme: "Eclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que mangent sept très maigres, et sept épis verts et autant d’autres, secs, afin que je retourne aux gens et qu’ils sachent [l’interprétation exacte du rêve]»." (TSC, Youssouf (JOSEPH): 46). Il est clair que tout le monde attendait. Le sujet était tellement important que tout le royaume fut en attente : "afin que je retourne aux gens" tous les gens attendirent la nouvelle, "et qu’ils sachent [l’interprétation exacte du rêve]»". Ecoutons d'abord les versets puis nous les expliqueront –ce qui peut être traduit comme: "Alors [Joseph dit]: «Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi, sauf le peu que vous consommerez * Viendront ensuite sept années de disette qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles sauf le peu que vous aurez réservé [comme semence].* Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir.»" (TSC, Youssouf (JOSEPH): 47, 48, 49).
En réalité, ces versets constituent un système parfait dont nous allons parler après avoir interprété la vision, donnée par Joseph.
Alors Joseph leur avait dit : "Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi". Il y aura sept années, qui correspondent aux sept vaches grasses, durant lesquelles l'Egypte sera très riche. Le fleuve du Nil débordera et le bien envahira le pays. Vous trouverez partout des plantations " Vous sèmerez pendant sept années consécutives". Et puisqu'il y aura beaucoup de bien, représenté par les sept vaches grasses, il va falloir exagérer votre intérêt à l'agriculture et à la récolte. Il faudra accroître au maximum la moisson durant ces sept années… les sept années grasses.
"Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi": pourquoi ? Vous le réserverez car viendront par la suite sept années maigres et très difficiles. Voyons le verset: "qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles", donc sept années de fertilité en Egypte, pour cela ils devaient tout cultiver pour avoir le maximum de récolte qu'ils devaient conserver en épi. "Laissez-le en épi", pourquoi ? Pour éviter qu'il ne se vermoule car si vous l'extrayez de son épi et que vous le conserviez dans des hangars, il va se vermouler… et nous ne voulons pas qu'il se vermoule pour que les gens trouvent quoi manger durant les sept années maigres.
Alors, durant les 7 années laissez la moisson en épi et conservez-la en épi. Lors des 7 maigres, vous en tirerez en quantités juste suffisantes aux gens. Ne leur donnez pas à manger plus qu'il n'en faut… Ce que vous avez réservé lors des sept années grasses, vous l'utiliserez durant les sept maigres. Une fois passé les sept grasses et les sept maigres, viendra alors, comme cité dans le verset 49 "Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir". Et que se passera-t-il alors ? Le bien sera de retour " les gens seront secourus". C'est-à-dire les gens trouveront qui les secourra : c'est dérivé de secours… Ils trouveront de grandes quantités à manger…
"Où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir", pressoir est dérivé de presser. Quand les gens auront mangé à leur faim et quand ils seront reposés, ils penseront à faire des jus… Il veut dire qu'ils connaîtront le jus de cannes, de sésame, l'huile d'olive...Quand cela aura-t-il lieu ? Quand il sera libéré d'abord. Joseph leur avait dit qu'il y aura sept années de fertilité et qu'il sera demandé d'accroître le rendement pour pouvoir résister aux 7 années suivantes. Il les a prévenus de ne pas conserver le surplus des années fertiles dans des hangars. Louange à Allah, c'est la meilleure méthode de conservation que les arabes ont connue après. Le musée égyptien détient des épis du temps des anciens égyptiens. Je ne sais pas s'ils sont de l'époque du prophète Joseph ou pas, nous n'avons aucune preuve, mais il est clair que cette méthode de conservation a été connue à cette époque.
Donc, vous laissez les grains en épi pour les sept prochaines années … On pourrait laisser les gens manger abondamment durant ces sept années maigres... Non, il faudra réserver une quantité pour l'année où les gens seront secourus et iront au pressoir. Il faudra lui réserver une récolte à part. C'est-à-dire ne pas terminer tout le blé et tous les grains que vous aviez durant ces sept années maigres, il faudra en économiser un peu pour l'année où les gens seront secourus. Il faudra que vous conserviez des grains pour l'ensemencement des terres redevenues fertiles. Attention! La terre sera très pauvre et non productive durant ces sept années maigres. Et quand il y aura de la pluie, et le Nil sera en crue, et quand la terre redeviendra fertile, nous n'aurons plus de semences... Pour cela, il va falloir réserver une quantité de ces grains pour l'année où les gens seront secourus et iront au pressoir : c'est l'explication de ces versets.
Reprenons en détail certains points intéressants sur lesquels nous nous sommes arrêtés :
Le premier point "Vous sèmerez pendant sept années consécutives": vous rendez-vous compte quand est-ce qu'il leur dit cela? En prison ou après sa libération?
En prison, c'est-à-dire quand il était encore prisonnier depuis 9 ans et injustement. On l'a emprisonné pour une affaire d'honneur alors qu'il était innocent. Ceux qui l'ont emprisonné sont ceux qui ont besoin de lui aujourd'hui. Ils lui demandaient de les secourir… Ah! Qu'est-ce que tu aurais fait si tu étais à sa place ? Que leur aurais-tu dit ? Libérez moi d'abord. Tu t'imagines ce que tu aurais dit : ou ceci, ou cela. Vous qui m'avez fait ceci et cela, libérez-moi d'abord puis je vous donnerais la solution… N'est-ce pas? Ou tu aurais peut-être fait autre chose… Tu leur aurais dit quoi? Libérez-moi et je vous dirai tout ce que vous voulez et en fin de compte tu leur aurais donné une mauvaise solution pour qu'il périssent et toi tu serais parti vivre ailleurs. Tu aurais pu leur dire aussi "je ne veux pas sortir et qu'on périsse ensemble…. La rancœur que je porte envers vous me porte à ne pas vouloir sortir et à vous laisser dans cet état."
Savez-vous ce qu'auraient fait des gens pratiquants ? C'est-à-dire, y aurait-il quelqu'un qui aurait pu agir ainsi ? Vous rendez-vous compte de ce qu'a fait le prophète Joseph, il leur a donné la solution : il ne s'est pas contenté de leur donner l'explication de la vision qui aurait pu être "il y aura sept années de grandes richesses après lesquelles viendront sept autres années de forte privation qui nous feront perdre le profit des sept années passées… N'est-ce pas ? Ne serait-ce pas une explication ? Mais lui n'a pas agi ainsi…. Il n'a pas donné l'explication, il a directement donné la solution. Si c'était quelqu'un d'entre nous qui serait un peu malhonnête, il leur aurait tout dit excepté comment conserver les grains, n'est-ce pas ? N'y a-t-il pas des gens qui font cela dans leurs entreprises ? Pour que le directeur ait toujours besoin d’eux. N'y a-t-il pas des gens qui font cela ?
Vous qui agissez ainsi au niveau de vos entreprises et qui dites que vous leur donnerez l'équivalent de leur salaire. N'as-tu pas accepté le travail tout en sachant quel salaire tu allais toucher? Donc, il faut que tu travailles avec conscience et ça ne sert à rien de dire que tu leur donneras l'égal de leur travail ; ou bien que tu réviseras peu car ton père te donne une petite somme comme argent de poche. Prenez garde les jeunes à ce que vous dites. Les gens, ici présents, sont soit des salariés soit des étudiants. Je vous jure que je suis entrain de dégager des valeurs de cette sourate que vous utiliserez quand vous passerez à la vie active. Regarde, maintenant tu es jeune et pur... Très pur. Tes mains ne se sont pas encore salies d'argent illicite et ton esprit est sain de duperie et de mensonge. C'est pour cela qu'il ne faut pas tricher à la faculté. Celui qui triche aujourd'hui, sera tricheur après, même s'il est sain. S'il a pu le faire étant étudiant, il le fera aussi après.
Aujourd'hui tu triches à l'université sans gagner d'argent, demain tu tricheras et ton argent sera illicite. Tu te nourriras d'illicite et tu nourriras tes enfants d'illicite. Ainsi, le problème de tricherie n'est pas " à vrai dire j'en avais besoin pour réussir mes examens" ou " la tricherie est-elle un péché ?" Le problème est bien plus important que cela… Ce n'est pas une question de permis ou non. Le problème est de forger la personnalité d'une société bâtie sur cela. Il n'y a pas de "je leur donnerai l'égal de ce qu'ils me donneront". N'as-tu pas accepté ? N'as-tu pas donné ton accord pour travailler ? Le fait que tu sois obligé est un autre sujet et tant que tu étais forcé, il faut que tu fasses ce que tu dois faire. Que penses-tu alors de celui qui est en prison??
Apprenez mes frères du prophète Joseph. C'est à ceux qui l'ont emprisonné injustement qu'il a donné toutes les clefs de la solution. Où est la rancœur ? Pourquoi n'a-t-il rien contre eux ? Ne vous ai-je pas dit que ces trois versets sont très graves ? Qu'est ce qu'on y apprend ? Cette religion nous apprend qu'il faut faire le maximum pour le bien des gens sans attendre de récompense. Fais attention à la rancœur et à la jalousie qui ne devraient pas t'empêcher d'aider les gens à mener une vie décente. Est-ce que tu sais faire cela? Ôte cette rancœur de ton cœur… Voyez-vous la pureté du cœur du prophète Joseph? Il leur a donné toutes les clefs... Encore mieux, il a fait quelque chose qui n'a rien à voir avec la vision. La vision correspondait à sept années et sept années... D'où est venu alors le verset qui dit -ce qui peut être traduit comme-:"Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir" (verset 49). Ce verset n'a rien à voir avec le rêve. C'est en dehors du rêve et en dehors de la vision. Comment l'a-t-il eu ? Il a pensé que si la vision évoque sept années grasses et sept années maigres, alors la crise s'achèvera au bout de ces 14 années. Regardez son esprit travailler. Tant le problème finira à la fin de la 14ème année ce qui fait que l'année suivante sera l'année du réconfort…
Le prophète Joseph ne nous fait pas sentir que c'est un prophète qui ne fait que prier et lire le Coran dans la mosquée, ou qu'il ne comprend rien à la vie. Au contraire, il s'y connaît très bien. C'est une personnalité visionnaire très mûre: après ces 14 ans, il y aura certainement une année de richesse. Regardez, il va leur donner une nouvelle clef, autre que celle de la politique de conservation (conservez les grains en épi) : ne consommez pas tous les grains durant les sept années maigres. Conservez une quantité de ces grains car quand il y aura l'année de prospérité et de grande eau, quand le Nil coulera et que la pluie tombera de nouveau, d'où obtiendrez-vous des semences? Ne finissez pas tout. Réservez-en une quantité car il y aura, après, une année où les gens seront secourus et iront au pressoir.
En vérité, j'ai insisté sur ce sens la dernière fois et j'insiste encore cette fois-ci parce que je veux que nous en tirions quelques valeurs. Les jeunes qui sont là, les salariés présents, la vraie valeur est que tu travailles sérieusement sans prendre en compte le salaire. Travaille sérieusement car tu as accepté de le faire. Révise comme il se doit parce que tu as pris une place que quelqu'un d'autre rêvait d'occuper. Alors, crains Allah et révise convenablement. Ne triche pas. Fais tout ce que tu pourras pour aider les gens même s'ils t'ont blessé ou trompé. Quelle religion est-ce cela ? Qui osera dire que c'est une religion de violence ? Cette religion qui nous apprend à tout donner même si nous ne recevons rien en contre partie. Qui dira que l'Islam est une religion de terrorisme ? Qui ira tuer les gens et mettra leur vie en péril ? Tu vois la miséricorde de cette religion ? Nous te disons tu les aideras avec tout ce que tu peux, qu'en est-il alors de celui qui fait le contraire ? Comment peux-tu après accuser l'Islam injustement ?
Bon, il y a un deuxième point encore meilleur: les habitants de l'Egypte., sont-ils des musulmans ou des chrétiens ? Et ce roi est-il croyant ou incroyant ? Et son entourage ? Rappelez-vous les versets de tout à l'heure. Vous vous rappelez les deux personnes à qui Joseph disait –ce qui peut être traduit comme: "Ô mes deux compagnons de prison! Qui est le meilleur: des Seigneurs éparpillés ou Allah, l’Unique, le Dominateur suprême? (TSC, Youssouf (JOSEPH): 39). Ils ne sont pas croyants. Alors le prophète Joseph va aider des incroyants ? Et il donnera la solution à des incroyants ? Bon, je vous pose une question: les égyptiens se sont-ils convertis par la suite à l'Islam ou non ? Quelqu'un connaît-il la réponse ? Les versets le disent-ils ? Les versets ne le disent pas. Et le roi, s'est-il converti ou pas ? Les versets ne le disent pas. Pourquoi les versets ne le disent-ils pas ?
Avant, à chaque fois que je lisais la sourate Youssouf, je me demandais curieusement pourquoi le Coran n'a pas dit clairement s'il a pu les convaincre à se convertir. Vous le croirez si je vous dis pourquoi le Coran a ignoré cette histoire ? Pour que tu ne t'égares pas du principe de base qui est : tu aideras les gens même s'ils sont incroyants. Joseph a agi de la sorte car quand un musulman trouve des gens en difficulté, il les aide. Autrement dit, si un musulman se trouve dans un pays non musulman, ou disons un pays non seulement très loin de l'Islam, mais un pays qui est contre l'Islam. Supposons ceci: si une épidémie grave sévit dans ce pays et que ce musulman détenait la solution. Est-ce qu'il les laisse périr ? Croyez-le, selon la sourate, il doit les aider. Joserph leur a donné la solution complète malgré qu'ils soient incroyants parce qu'il sait que ce peuple pauvre connaîtra une famine inhabituelle. Il n'a pas supporté que ces gens périssent par sa faute. Il ne pouvait pas se taire alors qu'il détenait la solution.
L'Islam, qui est sa religion, ne lui permet pas cela même s'ils sont incroyants. Il faut qu'il les aide. Ces gens n'y sont pour rien pour qu'il les laisse mourir. Quelle miséricorde dans l'Islam! Il ne leur a pas posé des conditions en les obligeant à se convertir avant de leur donner la solution à leur problème. Se sont les qualités du musulman, mes frères. Nous sommes des gens qui apportons le bien à toute la terre et nous voulons la ramener à obéir à Allah – qu'Il soit béni et exalté – en utilisant les moyens les plus doux, les plus simples et les plus naturels. Ce sens, que cette religion veut du bien à la terre, doit se développer dans ton cœur.
Dans cette même partie, il y a un troisième sens – tout ceci est contenu dans ces trois versets – Joseph nous apprend à nous dédier à Allah seul. Imagine si Joseph était partisan d'un parti ou fidèle à un groupe ou autre. Imagine-le travaillant pour le compte de ce groupe ou de ce parti en oubliant complètement son appartenance à Allah – qu'Il soit exalté. Comment aurait-il parlé ? N'aurait-il pas réclamé des intérêts pour le courant qu'il représentait ? Non, il appartient à Allah et il fait ce qui satisfait Allah. Mes frères, on ne doit pas limiter l'Islam. Son objectif est de sauver l'humanité quelque soit son appartenance. Nous ne voulons pas une limitation de l'Islam. Nous voulons une appartenance à l'Islam net, pur et complet.
Un quatrième point : ces 3 versets que j'ai récités témoignent sur plusieurs parties de la science de l'économie actuelle. L'Occident prétend possèder le plus grand projet civilisationnel sur terre. Quelle civilisation? Ceci est très important dans la conjoncture actuelle. Toute civilisation sur terre doit s'établir sur trois piliers. Le premier pilier est d'ordre matériel, le second est spirituel et le troisième est représenté par les moeurs. Il est impossible qu'une civilisation s'établisse sans qu'elle ait ces trois piliers: matériel, valeurs spirituelles et morales. La civilisation actuelle de l'Occident a connu une très grande réussite dans le domaine matériel. A vrai dire, de l'époque du prophète Adam jusqu'à la civilisation récente, la réussite réalisée par cette dernière sur le plan matériel est incomparable. Attention! Elle n'a pas forgé cette réussite seule, nous y avons mis notre grain de sel. Mais de quoi manque cette civilisation ? Quelles sont ses valeurs spirituelles ? Elles sont aléatoires. Et ses valeurs morales ? Celles-ci dépendent des valeurs matérielles: le caractère qui fait que la productivité augmente est l'honnêteté. Ils ont vu que nous vendons plus parce que nous sommes honnêtes. Ils ont donc pris ce caractère car il est efficace sur le plan matériel. Le matériel est à la base de leur civilisation. En contre partie, ils ont fermé l'œil sur les valeurs morales; les seules valeurs reconnues sont celles qui aident à augmenter les bénéfices. Le jour où l'une de ces valeurs n'est plus efficace sur le plan matériel, ils feront automatiquement le contraire de cette valeur le lendemain... Si un jour l'électricité est coupée dans une des grandes villes, nous la trouverons saccagée le lendemain. Pourquoi? Parce que ce qui contrôle le matériel chez eux ce n'est pas les valeurs morales constantes comme chez le prophète Joseph.
Mais pourquoi tu nous parles de cela me direz-vous? Pour vous dire que la civilisation islamique est la seule à avoir été construite sur la base de ces 3 piliers…
1- Des valeurs morales stables qui n'ont rien à voir avec le matériel lequel est lui-même une valeur…
2- des valeurs spirituelles telles que la prière du vendredi, le pèlerinage, la Omra, les 5 prières quotidiennes, le Coran, des cultes et une relation avec Allah et un attachement à Lui.
Et la troisième, avons-nous dans l'Islam un côté matériel ? Je vous ai raconté tout ça pour vous dire que ces trois versets constituent tout ce qui peut être dit sur le matériel. Voyons mes frères, lisez encore une fois avec moi –ce qui peut être traduit comme :–"Vous sèmerez pendant sept années consécutives".
Reprenons ces mêmes versets que je vais exprimer en employant la terminologie récente, la terminologie de l'Occident et celle de la science économique. Quand tu écoutes ce verset, tu te dis que le prophète Joseph est un expert en économie. On ne peut que dire qu'il s'y connaît en économie comme le meilleur des experts en cette science… Écoute donc, la première notion :
" Vous sèmerez pendant sept années consécutives" qui en langage récent, nous l'appellerons: augmentation de la productivité, n'est-ce pas ?.
"Vous sèmerez pendant sept années consécutives", attention, le prophète Joseph met ainsi un plan pour les 15 années à venir. Un plan qui ne sera pas rectifié tous les trois ans afin d'en recommencer un nouveau. C'est un plan qu'il mettra pour 15 années durant lesquelles il ne changera pas. Analysons la stratégie économique du prophète Joseph:
-"Vous sèmerez pendant sept années consécutives", donc une forte productivité durant les sept premières années de la stratégie.
-La deuxième notion est –ce qui peut être traduit comme: "Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi", réduction et rationalisation de la consommation. On peut le dire ainsi: nous allons diminuer et rationaliser le consommation durant ces sept premières années. "Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi".
-il y a là une troisième notion, une politique de conservation. Nous allons adopter une politique de conservation en épi. La partie qui suit –ce qui peut être traduit comme:–"Viendront ensuite sept années de disette qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles", nous l'appellerons comment ? N'est-ce pas la rationalisation de la consommation par le système de bons de rationnement. Tu connais le système des coupons d'approvisionnement qui existait chez nous. Il te dit –ce qui peut être traduit comme : "La charge d’un chameau à qui l’apportera et j’en suis garant" (TSC, Youssouf (JOSEPH): 72). Que veut-il dire par "charge d'un chameau". Le prophète Joseph a interdit que l'on prenne, en une fois, plus de la charge d'un chameau. Pour qu'il n'y ait pas de spéculation ou de stockage. Donc " …qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles" avec la question de "charge d'un chameau" de ces deux idées nous apprenons quoi ? L'interdiction du stockage à des fins spéculatives.
Combien de politiques économiques jusqu'ici ? Augmentation de la productivité... D'abord, il a mis au point une planification sur une période de 15 années. Durant les sept premières années, il faudra accroître la productivité et rationaliser la consommation avec en plus, une politique de conservation de très haut niveau. Après cela et durant les sept années maigres – au fait ceci ne concernait pas uniquement l'Egypte mais tout le Moyen-Orient, toute cette région était donc touchée par la famine et l'Egypte, ce pays glorieux, devait l'approvisionner– donc durant ces sept années maigres, les gens viendront pour s'approvisionner. Pour cela, il mettra au point ce système: chaque personne ne prendra que ce que peut porter un chameau. C'est la politique qui interdit la spéculation.
La dernière stratégie –ce qui peut être traduit comme: "Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir." (TSC, Youssouf (JOSEPH): 49) qui est celle de la préparation de la semence. Nous l'appellerons comment ? Préparations des ressources nécessaires en attente de l'année de prospérité. Combien de politiques jusqu'à présent? Disons 6 politiques à exécuter durant les 15 années.
A vrai dire, je disais la dernière fois:" qui est exactement le prophète Joseph ? Un homme de valeurs morales ou bien un homme qui résistait au péché et à cette femme qui le désirait ? Ou est-ce un homme qui appelait, en prison, à Allah ou quelqu'un qui était capable d'expliquer les visions et les rêves ? Ou était-il un endurant qui avait supporté l'emprisonnement ou était-il un expert en économie ? Qui était-il exactement ?" Il était tout cela à la fois. Il comprenait très bien l'Islam. Celui qui a compris que l'Islam consiste seulement à prier dans la mosquée et à apprendre le Coran n'a pas compris l'Islam. Et celle qui pense que l'Islam se résume en une écharpe, n'a pas compris l'Islam. L'Islam est la réussite dans la vie, des mœurs constantes qui ne changent pas, un traitement correct des gens, du sport…
Continuons par le verset –ce qui peut être traduit comme: " Et le roi dit: «Amenez-le moi». Puis, lorsque l’émissaire arriva auprès de lui, [Joseph] dit: «Retourne auprès de ton maître et demande-lui: «Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains? Mon Seigneur connaît bien leur ruse»" (TSC, Youssouf (JOSEPH): 50) : il est clair qu'il avait impressionné le roi, n'est-ce pas? Tu imagines ce qu'il lui répond après 9 ans passés en prison:"[Joseph] dit: «Retourne auprès de ton maître…"puis tu obtiens une grâce et tu dis non, retourne! Qu'est-ce qui se passe? Autrement dit quelle résistance ! Comparez ce qu'il lui disait il y a 9 ans –ce qui peut être traduit comme: "Et il dit à celui des deux dont il pensait qu’il serait délivré: «Parle de moi auprès de ton maître»" (TSC, Youssouf (JOSEPH): 42) à ce qu'il lui dit maintenant «Retourne auprès de ton maître…" Le prophète Joseph a dit : "retourne auprès de ton maître, il doit d'abord enquêter sur mon affaire avant que je sorte"…. Mais il est possible qu'il reparte sans jamais revenir et tu resteras alors en prison toute ta vie. Il est préférable que tu sortes d'abord, ensuite nous verrons au sujet de ton affaire… "Retourne auprès de ton maître", je reste en prison, pas de problème "retourne auprès de ton maître"... Pourquoi veut-il qu'on enquête sur son affaire avant de sortir?
Pour qu'on sache qu'on le libère légalement. Oui, mais on peut connaître cela après sa libération… Quand il ira voir le roi, il lui racontera son histoire, à ce moment-là et quand il aura connu Joseph, il s'intéressera encore plus à son affaire…
Le roi ne le connaît pas, il ne l'a pas vu, il pourrait se dire:"je lui envoie un émissaire et il lui dit "retourne auprès de ton maître!", d'accord, laissez-le, il ne sortira pas"… C'est possible que ça arrive. Pourquoi Joseph insiste-t-il sur le fait d'enquêter sur son affaire avant qu'il ne sorte?
Le problème, tout simplement, est que Joseph est missionnaire. Son objectif est d'orienter les gens vers le droit chemin et de les aider et il est en prison pour une affaire d'honneur. Comment les gens le croiront-ils s'il sort de prison sans prouver son innocence? S'il était parti voir le roi, il serait devenu proche de lui. Quand l'affaire sera réglée, les gens diront quoi ? Ils diront que le roi est complaisant car il a besoin de lui, c'est lui qui détient la solution du projet. Le roi est obligé de régler son affaire puisque la solution est entre ses mains. Les gens ne diront-ils pas cela? Il ne faut pas que cela se passe ainsi car c'est un homme qui doit appeler les gens à Allah. Il fallait que Joseph dise:" je suis prêt à supporter la prison, il faut que je sois innocenté pour que les gens me croient et pour que je sois un modèle pour eux. » Tu imagines à quel point sa mission lui est chère! Autrement dit : ta liberté contre ton pouvoir à appeler les gens à Allah. Remarquez le haut niveau des valeurs contenues dans la sourate.
Nous sentons que ces valeurs sont des constantes. Je ne veux pas que nous nous blessions, mais, des fois quand nous analysons, nous sentons que Joseph a des constantes qui pèsent lourd. Il y a des gens qui commettent de très graves erreurs pour se maintenir dans leurs postes. Des erreurs qui leur font perdre leur crédibilité, leur honnêteté et le respect de soi-même. Contrairement, Joseph prend toujours la décision qui fait qu'il reste fidèle à lui-même et d'une très grande pureté. Il a dit : "retourne auprès de ton maître…" autrement dit: "je ne peux pas sortir sans que mon innocence soit prouvée. J'ai une mission qui est d'appeler les gens à Allah. Je ne sors pas juste pour vivre".
Mes frères, notre prophète (BP sur lui) dit: " il faut inciter au bien et désapprouver le mal sinon Allah vous punira puis vous le prierez et il ne vous répondra pas."
Mes frères, Allah dit –ce qui peut être traduit comme: "Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne œuvre et dit: «Je suis du nombre des Musulmans?» (TSC, Foussilat (LES VERSETS DÉTAILLÉS): 33). Quand Allah a voulu nous avantager par rapport aux autres nations, il l'a fait par ceci –ce qui peut être traduit comme: "Vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d’entre eux sont des pervers." (TSC, 'Âl-`Imrân (LA FAMILLE D’IMRAN): 110). Il a placé l'incitation au bien et l'interdiction du blâmable avant la croyance en Allah, n'est-ce pas ? Regardons encore le verset " Vous êtes la meilleure communauté, qu’on ait fait surgir pour les hommes." Qu'est ce qui caractérise cette nation ? Pourquoi est-elle la meilleure ? "Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah." Mais avec les moyens les plus aimables, sans méchanceté et sans persécution. "…Interdisez le blâmable et croyez à Allah", les savants disent qu'en fait il devrait y avoir d'abord foi en Allah puis ensuite l'ordre du convenable et l'interdiction du blâmable. Mais pourquoi a-t-Il placé "ordonnez le convenable et interdisez le blâmable" avant la croyance en Allah ? Pour qu'il n'y ait personne, de jeune homme ou de jeune fille, qui dise qu’il ne peut pas aider ses ami(e)s car sa foi n'a pas encore atteint le degré qu'il faut, alors qu'est ce qu'Il fait? Il t'a mis cette dernière après l'autre pour te dire que tu peux faire les deux en même temps.
L'un des savants a dit : "ne dites pas "je n'appellerai pas les gens à Allah jusqu'à ce que ma foi s'accomplisse.". Il faut faire attention, pourquoi? "Car il a deux possibilités. Soit qu'un jour il se dira : ma fois s'est accomplie, à ce moment-là il se sera égaré, soit qu'il meurt sans jamais atteindre ce degré de foi." Logiquement tu as à choisir entre ces deux possibilités. Et donc, quelle est la solution? La solution est que tu fasses les deux: tu aideras les gens à prendre le droit chemin et tu accroîtras ta foi. Tu me diras "je n'ai pas assez de savoir", le prophète Mohammed (BP sur lui) te dit:"transmettez de ma part ne serait-ce qu'un verset." Tu as appris un verset et tu l'a compris alors transmets-le aux gens. L' imam Ahmed ibn hanbal dit: "celui qui a su une affaire en est connaisseur".
Joseph est prêt à rester en prison s'il n'est pas innocenté. Pourquoi ? "Parce qu'en sortant j'ai une mission, celle d'appeler les gens à Allah. Les gens doivent me respecter et pour ce faire il faut que mon image soit propre à leurs yeux." Tu vois comment il adore appeler les gens à Allah ? Mes frères, aimez-vous aussi cette mission ? Sachez que c'est la mission des prophètes. Le Prophète (BP sur lui) dit:" Par Allah ! Il vaudrait mieux pour toi d’être, grâce à Allah, le guide d’un seul homme dans la bonne voie que de posséder des chameaux roux et le monde avec tout ce qu’il contient ». Apprenons ce principe et aussi apprenons à être comme Joseph…
" [Joseph] dit: «Retourne auprès de ton maître…", la partie suivante est encore meilleure "et demande-lui: «Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains ? Mon Seigneur connaît bien leur ruse». La question n'est-elle pas un peu étrange ? Raconte-moi l'histoire des femmes qui se sont coupées les mains! Pourquoi Joseph a-t-il dit cela ? Qu'en pensez vous ? Qu'auriez vous dit à sa place ? Ne serait-ce pas correct de dire : "demande-lui ce qu'est devenue la femme d'Al-azize qui a déchiré mes vêtements en voulant me séduire." Tu imagines pourquoi il a tu les détails ? Pour ne pas la citer, pour ne pas la vexer, vous imaginez ? Quelles mœurs, que contient la sourate Youssouf!
Il y a des gens qui sont ici et d'autres qui écoutent ce qu'on dit, et il y a d'autres gens à l'extérieur qui ne font que parler des autres à longueur de journée. Tant qu'elle est au travail, elle ne fait qu'observer celles qui passent : "telle femme est ceci et cela…" et les jeunes à la faculté :" la fille qui passe là est ceci et cela…" "et monsieur tel qui fait telle et telle chose… ". Chère assistance, nous critiquons les gens sans arrêt. Cette femme a emprisonné le prophète Joseph injustement durant 9 ans et il ne l'a pas citée et il ne veut pas le faire de façon explicite : " Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains?" Regardez ces mots : "quelle était la raison"?... c'est-à-dire quelle est l'histoire des femmes qui ont fait cela et il n'a pas voulu en citer une particulièrement. Il a laissé ainsi le sujet ouvert pour ne pas vexer la femme qui l'a injustement emprisonné. Préservez vos langues mes frères. Le prophète (BP sur lui) dit:" L’homme peut dire un mot qui mettra Allah tellement en colère et qui le fera dégringoler pendant soixante-dix ans dans l’Enfer sans toucher le fond. », un mot qui porte atteinte à l'honneur d'un homme ou d'une femme. Retenez vos langues mes frères. Ne critiquez personne, ni à l’université ni au travail. Fais attention aussi si tu es fâchée contre une autre! Parfois vous le faites sans parler, vous le faites par allusion .Allah nous a interdit de critiquer les gens.
Ce qui suit est encore meilleur :"et demande-lui: «Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains ?" pourquoi a-t-il choisi le fait qu'elles se soient coupées les mains? Il y a un million d'autres choses dans cette affaire de séduction de Joseph autre que la coupure des mains. Il voulait dire: "demande lui pourquoi ces femmes ont voulu me séduire" mais sans nommer quelqu'un. N'est-il pas possible que le roi ne s'intéresse point à l'histoire de cet homme qui ne veut pas sortir de prison jusqu'à ce qu'on enquête sur l'affaire des femmes qui ont voulu le séduire. Le roi aurait pu décidé de ne pas l’écouter et de le garder en prison. Mais Joseph a suscité par ses paroles la curiosité du roi. Alors qu'a-t-il fait ? Ecoute donc l'organisation du verset : "[Joseph] dit: «Retourne auprès de ton maître et demande-lui: «Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains? Mon Seigneur connaît bien leur ruse»". Qu'est-il arrivé au roi ? Son attention fut immédiatement attirée, regarde ce que dit le verset suivant –ce qui peut être traduit comme: "Alors, [le roi leur] dit: «Qu’est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph?» Elles dirent: «A Allah ne plaise! Nous ne connaissons rien de mauvais contre lui». Et la femme d’Al-Azize dit: «Maintenant la vérité s’est manifestée. C’est moi qui ai voulu le séduire. Et c’est lui, vraiment, qui est du nombre des véridiques!» " (TSC, Youssouf (JOSEPH): 51). Est-ce que le roi a ordonné au juge d'enquêter ? Qui a enquêté sur le sujet ? C'est lui-même. Donc vraiment Joseph a su intelligemment suscité l’intérêt du roi. Il y a des gens qui ne savent pas agir comme l'a fait Joseph.
L'Islam veut que tu sois gentil mais pas au sens de naïf exagéré. Regarde l'intelligence du prophète Joseph : "il faut que je sorte sans blesser qui que se soit." Mais comment le feras-tu ? "J'enverrai au roi un message qui dit " quelle est l'histoire des femmes qui se sont coupées les mains ?". Tu es pieux mais tu n'es pas crédule. Tu es pieux mais tu comprends la vie. Tu es pieux mais on ne te trompe pas facilement.
Alors le roi a enquêté et leur a dit : " Qu’est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph?" On ne parle pas de ce qu'a fait le roi avant de ramener les femmes. C'est-à-dire que le roi est allé droit au but. Comme s'il a tout su à ce sujet avant d'appeler les femmes. Quelle serait sa question s'il les avait appelées avant d'enquêter ? Elle aurait été " Qu’est-ce donc qui vous a poussées à vous couper les mains". Il paraît que le roi a enquêté et s'est informé à ce sujet. Nous en tirons une belle remarque : regardez comment la sourate est valable pour toute chose. Ils disent qui a fondé la criminologie.
Regardez les signes dans la sourate, des signes dans toutes les sciences. Tout à l'heure on parlait d'économie puis de la constance des mœurs et maintenant on parle de comment faire une enquête criminelle. D'abord il rassemble des informations afin qu'il sache tout sur le sujet. Il ne posera pas la question de Joseph : "pourquoi vous êtes-vous coupées les mains?" mais il posera sérieusement cette question " Alors, [le roi leur] dit: «Qu’est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph?»", il sait tout! Alors que répondirent-elles? Comme si elles étaient différentes des femmes qui existaient dix versets avant "Elles dirent: «A Allah ne plaise! Nous ne connaissons rien de mauvais contre lui»."
[i] TSC : Traduction des sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu’à présent de la sourate sus mentionné. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du noble Coran.
L’histoire de Youssouf : A8
L’histoire de Youssouf : A8
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Nous nous sommes arrêtés à la fin de la leçon précédente au verset 58 –ce qui peut être traduit comme: « Et les frères de Joseph vinrent et entrèrent auprès de lui. Il les reconnut, mais eux ne le reconnurent pas. » (TSC[i]:'Youssouf' (JOSEPH):58). Ces versets marquent l’écoulement de huit ans au moins. Rappelons le rêve prémonitoire du roi : il s’agit de sept glorieuses années dans le sens où le bien va s’accroître, suivis de sept ans de famine qui viendront à bout des sept ans précédents. L’excès de la récolte emmagasiné durant les premières années constitue une provision contre les jours de misère qui vont suivre.
Les frères de Joseph sont venus de Palestine en Egypte, c’est-à-dire que la famine avait atteint ce pays. Le verset ou, pour être plus précis, l’expression initiale «Et…. vinrent » a résumé les événements survenus durant la période des sept ans. Jusqu’à ce qu’il y ait famine et pour qu’elle se répande, il faudra compter un an ; ajoutez à cela le temps qu’il faudra pour s’informer à propos du lieu d’abondance. A ce moment, la zone entière du Moyen-Orient et toutes les tribus venaient réclamer de l’aide au prophète Joseph demandant de quoi survivre. L’Egypte était le seul pays qui avait des excès de récolte. Allah (exalté soit-Il) a condensé tous les événements en une formule : «Et…. vinrent ».
Gloire à Allah le très haut ! Vous pouvez me dire que le verset est ambigu. L’histoire nous incite à réfléchir davantage. Les gens de quelque niveau mental que ce soit pourront donc comprendre le Coran : celui dont la culture est minime trouvera sûrement dans le Coran ce qui aura un grand impact sur lui à le faire pleurer ; également, l’étudiant et l’adulte qui goûtent à la beauté et à la créativité des versets en les comprenant. Ainsi, le Coran est apte à polariser toutes les énergies et toutes les mentalités à travers les temps jusqu’au jour du jugement dernier. –ce qui peut être traduit comme: « Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur (Muhammad), le Livre, et n’y a point introduit de tortuosité (ambiguïté)! » (TSC, Al-Kahf (La Caverne) : 1). Ainsi le Coran nous renvoie à un condensé de tous ces événements.
Il y a là un point à signaler : tout le monde affluait vers l’Egypte, mais ce pays ne souffrait-il pas de la famine à cette époque ?
La famine a pris source de l’Egypte même, pourquoi alors le pays et le prophète Joseph aidaient-ils les populations de la zone entière ? Notez cet altruisme puisqu’ils n’ont pas refusé de prêter main forte malgré la famine qui ravageait le pays. Ils auraient pu tout de même prétendre qu’ils passaient par une crise économique dure. Mais voici que le prophète Joseph accueillait tout le monde et les aidait tout en étant en pleine crise.
Ne vous limitez pas à vous-même, même si vous passez par une mauvaise situation économique. Quand vous savez que votre voisin est dans une impasse et qu’il a besoin d’aide, secourez-le ; le prophète Joseph, lui, en a dépensé au profit de la terre entière. Comparons ce que le Coran nous invite à faire par rapport à ceux qui jettent le blé dans l’océan atlantique dans l’unique but de le vendre plus cher. Que les peuples se nourrissent ou qu’ils meurent, qu’importe !
Comment dire de nos jours que la religion musulmane est une religion de glaive et de sang ! Est-ce logique ?
Apprenez et imitez le prophète Joseph, même si votre situation financière ne le permet pas, dépensez et ne vivez pas pour vous uniquement et pour vos enfants. Vous aurez sinon la vie courte pour vous, pour votre progéniture et aux yeux des autres, car naîtra petit, vivra petit et disparaîtra petit celui qui vit pour lui-même.
Celui qui vit pour les autres, Allah allongera sa vie autant par les vies des autres dont il a provoqué le bonheur. Apprenons donc l’altruisme de cette magnifique leçon du prophète Joseph (Paix sur lui).
Il y a également un point à signaler dans la séquence « Et les frères de Joseph vinrent et entrèrent auprès de lui ». L’expression « entrèrent auprès de lui » nous amène à voir un second sens : le prophète Joseph recevait les gens, leur permettait d’entrer auprès de lui, et leur accordait son hospitalité, ce dernier terme indiquant l’intensité de son dévouement.
Nous voulons, dans cette leçon, souligner tous les principes moraux de cette sourate. Vous rappelez-vous combien nous en avons mentionnés ? Par exemple, Joseph a refusé de nommer la dame qui avait été la cause de son emprisonnement. Il dit simplement –ce qui peut être traduit comme: “Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains ? ” verset 50. Il a également refusé de sortir de prison avant d’être disculpé, il avait une cause à défendre et devait se soucier de sa réputation. Homme d’honneur et de nobles principes, uniquement préoccupé par la famine future, il a accepté d’interpréter le rêve du roi sans imposer la condition de sortir de prison. Les mêmes principes le poussaient à recevoir personnellement les délégations malgré ses lourdes charges, surtout celle d’approvisionner toute la région.
Là, je vous demande : recevez-vous bien vos invités ? Quelle est la dernière fois où vous en avez reçu un d’une façon accueillante et, celle où vous étiez tout agacé souhaitant le voir partir ? Et combien de femmes sont contrariées de voir leur mari arriver avec un ami ?
Mes frères soyez hospitaliers et laissez les gens sonner à vos portes, il y a un très grand plaisir à voir sa maison souvent pleine d'invités. Allah peut vous punir et vous en priver pour longtemps. A force de rester enfermés sur nous-mêmes nous avons fini par croire cet état tout naturel et nous sommes devenus avares.
Nous devons apprendre encore une chose de Joseph. Il a mis un plan et s’est chargé lui-même de son exécution et ne s'est pas contenté de donner des ordres. Il surveillait tous les travaux, recevait les gens lui-même et les invitait chez lui.
A l’arrivée de ses frères, avec son esprit vif comme tout Musulman doit l’être, il les reconnut mais eux le méconnurent, il avait grandi et changé. Allah (exalté soit-Il) a choisi à leur sujet le terme arabe “nakiroûn” (méconnurent) parce qu’ils ne s’en doutaient même pas. Ils l’avaient jeté dans le puits et le pensaient bien mort et à jamais perdu. Ils ne pouvaient s’imaginer que cet homme important, en contrôle de la nourriture de tout le Moyen-Orient, avec tous ces gens faisant la queue devant sa porte, était Joseph.
–ce qui peut être traduit comme : “Et quand il leur eut fourni leur provision, il dit: «Amenez-moi un frère que vous avez de votre père. Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?” (TSC:'Youssouf' (JOSEPH):59). En premier lieu, comme nous l’avons dit plus haut, il distribuait aux gens le blé et l’orge. Chacun venait avec un chameau d'une même taille et, sans aucun privilège recevait une seule mesure, correspondant à la charge du chameau. Les dix frères étaient venus sans Benyamîne (Benjamin) le frère germain de Joseph auquel Ya‘qoûb (Jacob) s’était beaucoup attaché. Le petit lui rappelait le disparu et il ne le quittait pas un instant. Il avait des craintes à son sujet en voyant ses frères le maltraiter comme ils l’avaient fait pour Joseph.
A la seconde partie du verset, Joseph dit : “ Amenez-moi un frère que vous avez de votre père.” C’était comme s’il leur disait amenez-moi votre demi-frère. Il révélait sa connaissance des détails et ils auraient dû s’en douter mais ils ne le remarquèrent pas.
Que voulait Joseph exactement ? Pourquoi ne les a t-il pas confrontés de suite ? Il voulait tout d’abord amener son petit frère pour le garder auprès de lui et ensuite leur donner une bonne leçon. Il les obligea à faire le trajet aller-retour en Palestine plusieurs fois, non pour se venger, mais pour les secouer. Ils n’avaient jamais avoué leur crime à leur père et l’avaient laissé confondu dans son chagrin en larmes pendant quarante ans. Ils n’avaient donc jamais regretté ce qu’ils lui avaient fait subir. Imaginez la nature de ceux-là qui devaient devenir plus tard les patriarches des Bani-Isrâ’îl (les fils d’Israël).
Joseph désirait leur donner la leçon petit à petit, nous le verrons dans les versets suivants. Il a voulu prendre son frère malgré eux en usant de la ruse et en les faisant souffrir comme ils l’avaient fait avec leur père. Il allait leur donner trois leçons dont la dernière sera la plus dure.
En premier lieu, il leur dira : “Amenez-moi votre frère.” En essayant de comprendre entre les lignes, nous remarquons dans le verset qui raconte leur entrée chez lui le terme “lorsque” dans les moments rapides du récit et “quand” dans les moments de lenteur. Je dis cela pour ceux qui étudient l’exégèse et pour signaler la beauté du Coran. Nous notons que, au moment de donner les provisions “quand” est venu pour nous faire comprendre que Joseph a pris son temps de converser avec ses frères et avoir de leurs nouvelles et de celles de son frère germain. Le Musulman doit être intelligent et audacieux avec mesure et politesse. A ce sujet je vous raconte une petite histoire :
Ach-Chifâ’ bint ‘Abdillâh avait un rôle important dans l’Islam et ‘Omar ibn Al-Khattâb l’avait investie d’une charge importante. Un jour après la mort de ce dernier, elle vit un groupe de jeunes hommes vêtus de haillons, les têtes baissées et parlant à voix basse. Elle s’informa à leur sujet et on lui confia que c’étaient des ascètes. Elle répondit : “Louange à Allah! ‘Omar ibn Al-Khattâb parlait bien haut, mangeait à satiété, marchait d’un pas assuré et donnait des coups bien forts, et c’était lui le vrai ascète."
Comme nous l’avons dit, Joseph s’était assis avec ses frères et avait eu une longue conversation avec eux. Il avait réussi à connaître leur identité, leur lieu d’origine et toute leur histoire...
Le Coran ne donne pas de détails mais nous devons les percevoir. Les savants ont essayé de nous les faire ressortir dans les livres d’exégèse. Ach-Cha‘râwy comme Al-Qortoby, donnent la même interprétation. Nous en apprenons que Joseph a su de ses frères, l’existence de leur frère non germain (qui n’était pas venu avec eux) et les craintes de leur père à son sujet. Ensuite, il leur a demandé d’amener ce frère la prochaine fois et leur promit la charge d’un chameau en plus. Ils prétextèrent ne pouvoir l’amener à cause des craintes de leur père mais il leur répondit que la charge supplémentaire ne leur sera octroyée qu’à cette condition.
Observons le verset de nouveau : “Et quand il leur eut fourni leur provision, il dit: «Amenez-moi un frère que vous avez de votre père. Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?” et le verset suivant –ce qui peut être traduit comme: “ Et si vous ne me l’amenez pas, alors il n’y aura plus de provision pour vous, chez moi; et vous ne m’approcherez plus».” verset 60. D’après l’un des interprètes, il signifie : si vous n'amenez pas votre frère cela prouvera que vous ne dites pas la vérité et je n’aurai plus rien à faire avec vous. Une autre interprétation dit qu’ils avaient demandé une mesure en plus pour un frère qui n’était pas venu avec eux. Joseph l’avait donnée à condition d’amener ce frère la fois suivante pour prouver la véracité de leurs paroles, sans quoi ils n’auront plus de provisions. Et, comme ils avaient besoin de nourriture il était sûr de leur retour.
Remarquez également ces mots : “Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?” Malgré la famine qui sévissait, Joseph donnait aux gens une ample mesure. Un autre signe de sa haute morale (comparez avec les commerçants de nos jours…).
A propos de morale, j’aimerais vous dire qu’elle ne peut être qualifiée de haute que si elle est tout le temps constante. Nous pensons par exemple que les Occidentaux sont meilleurs que nous, plus polis, plus honnêtes, plus travailleurs mais il faut remarquer certains points. Leurs bons principes ne sont pas fixes comme les nôtres, ils apparaissent ou disparaissent selon le besoin. Leurs commerçants par exemple affichent l’honnêteté et la sincérité parce qu’ils ont su par expérience que ce comportement attire les clients et le bénéfice matériel. A la première occasion où la morale ne s’avère plus nécessaire elle est oubliée. La preuve en est que, lorsqu’il y a une panne électrique générale dans une ville quelconque, les magasins sont rapidement dévalisés… Où donc sont passés les principes ?...
En Europe, une femme qui est battue par son mari toutes les douze secondes et pourtant hors de la maison elle est traitée avec galanterie. Les films occidentaux sur les animaux sont pleins de scènes sentimentales. Nous voyons, par exemple, une dame pleurer et se lamenter parce que sa chatte s’est cassée l’ongle, mais d’un autre côté elle n’est nullement touchée par la souffrance humaine qui emplit le monde. C’est une morale purement matérielle, pas comme celle que le Coran professe, constante et égale quelles que soient les circonstances.
Voyez Joseph qui met en pratique ses paroles : “ Ne voyez-vous pas que je donne la pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?” Il surveillait tout lui-même, recevait les gens et discutait avec eux. Il ne se tenait pas cloîtré dans une haute tour laissant les autres exécuter ses ordres et distribuer la nourriture. Regardez tous ces exploits et ces bons principes. A chaque fois que nous en considérons un, nous en trouvons Joseph nanti.
Voyez également comment il unit l’intimidation et l’incitation au désir : “ Et si vous ne me l’amenez pas, alors il n’y aura plus de provision pour vous, chez moi; et vous ne m’approcherez plus».” Après quoi ses frères lui répondirent –ce qui peut être traduit comme: «Nous essayerons de persuader son père. Certes, nous le ferons». verset 61. Ils comptaient l’amener même si leur père refusait et méritaient ainsi les leçons que Joseph voulait leur donner.
Il y a là une question intéressante. Comment Joseph pouvait-il accepter d’exposer Le prophète Jacob à un second malheur et à plus de peine ?
Nous nous trouvons ainsi parfois obligés de faire de la peine à ceux que nous aimons si le résultat devait leur amener la miséricorde. Il voulait donner la leçon à ses frères et se réconcilier avec eux loin du père pour que leur première rencontre tous ensemble soit heureuse.
Nous pouvons profiter nous-mêmes de cette leçon et éviter de nous disputer avec nos frères au sujet d’un héritage ou d’une autre raison devant nos parents, situation toujours très dure pour eux. Joseph devait ainsi donner une bonne leçon à ses frères, leur faire ressentir leur faute et la leur faire payer avant d’aller devant le père et leur dire ‘je vous pardonne’. Ya‘qoûb” sera ainsi soulagé de cette peine qui l’accablait depuis tant d’années en voyant qu’ils avaient amendé leur faute.
Pourquoi pensez-vous qu'Allah nous fait subir des malheurs pareils ? Parce que, après en avoir eu un, nous devons nous attendre à la grande miséricorde.
Le prophète Jacob n’avait aucune idée du plan de Joseph. Il allait subir un grand malheur sans se rendre compte de la grande miséricorde qui devait suivre. Je vous conseille d’imiter Jacob dans les moments de malheur.
La verset 62 évoque ce que dit Yoûssouf –ce qui peut être traduit comme: “ Et il dit à ses serviteurs : «Remettez leurs marchandises dans leurs sacs: peut-être les reconnaîtront-ils quand ils seront de retour vers leur famille et peut-être qu’ils reviendront». Quelles marchandises c’étaient ?
Toutes les délégations venaient prendre du blé et de l’orge et donner en échange d’autres marchandises. Pourquoi Joseph les leur prenait quand la région était en pleine disette ? D’après un très beau principe Joseph voyait que, pour se nourrir il fallait produire et non tendre la main. Il voulait éviter à ces gens de se sentir pauvres et humiliés. Il leur donnait de la nourriture et prenait en échange divers produits pour leur éviter d’avoir l’air de mendier.
D’où est-ce que nous avons pris cette interprétation ? De ces versets –ce qui peut être traduit comme: “Remettez leurs marchandises dans leurs sacs” et “Ô al-Azize, la famine nous a touchés, nous et notre famille; et nous venons avec une marchandise sans grande valeur.”, qui signifie que, n’ayant pas de bonnes marchandises et ne pouvant venir sans rien, ils avaient quand même apporté de moins bonnes en échange.
Quelle leçon pouvons-nous en tirer ? Que Joseph refusait l’idée de dépendance et, d’après ses concepts, aucune personne ne devait vivre à la charge d’une autre. Les jeunes qui ne trouvent pas de travail doivent apprendre n’importe quel autre métier. L’important est de ne pas rester inoccupé. Les mauvaises actions commencent avec l’oisiveté et la décadence avec le chômage. Le Prophète (BP sur lui) y remédiait en faisant apprendre de nouveaux métiers aux Compagnons. Il pouvait par exemple demander à l’un de ceux qui n'avaient jamais tenu une hache à la main d’aller lui couper du bois dans la montagne. Joseph agissait ainsi d’après ce principe du Coran et de la Sunna.
Je conseille à tous ceux qui souffrent du chômage d’essayer un nouveau métier où ils trouveront peut-être une meilleure rémunération. Ils peuvent passer la matinée à la recherche d’un certain emploi et travailler à un autre ou s’entraîner à un nouveau l’après-midi. S’ils pensent réussir mieux dans un travail du même domaine de leurs études, je leur dis de patienter et d’essayer de prendre n’importe lequel pour subsister en attendant la réalisation de leur souhait. C’est un conseil pour tous ceux qui souffrent de chômage.
Que devenaient les marchandises données à Joseph ? L’Égypte avait souffert du chômage durant les sept années de disette et il voulait y mettre un terme surtout que les Égyptiens comptaient sur l’agriculture. Il a commencé à installer des bureaux d’administration pour le triage des marchandises prises en échange, pour leur recyclage, leur vente et leur distribution. Il arriva ainsi à supprimer le chômage et imaginez-vous le génie de ce prophète qui se connaissait en économie et en psychologie en plus de ses nombreux autres talents.
Voyez cette majestueuse méthode d’enseignement du Coran qui nous profite dans tous les aspects de notre vie. Je formule parfois cette prière : “Ô Allah fais du Coran mon compagnon durant la vie ici-bas et ma réjouissance dans le tombeau.” Vous ne comprendrez le sens de ‘réjouissance dans le tombeau’ qu’en assistant aux conférences religieuses, en comprenant et en ressentant le plaisir de ces leçons, en vivant avec le Coran.
Joseph voulait empêcher les gens de mendier, supprimer le chômage, ouvrir les marchés, aider à la diffusion des marchandises et, malgré la disette, l’Égypte était en plein développement économique.
Retournons à ce verset : “ Et il dit à ses serviteurs : «Remettez leurs marchandises dans leurs sacs: peut-être les reconnaîtront-ils quand ils seront de retour vers leur famille et peut-être qu’ils reviendront».” Il désirait voir ses frères revenir et craignait que, faute d’avoir d’autres marchandises, ils ne puissent retourner prendre du blé. Il ordonna à ses serviteurs de remettre dans leurs sacs, au milieu des graines, celles qu’ils avaient apportées.
Ensuite vient le verset 63 –ce qui peut être traduit comme: “ Et lorsqu’ils revinrent à leur père, ils dirent: «Ô notre père, il nous sera refusé [à l’avenir] de nous ravitailler [en grain]. Envoie donc avec nous notre frère, afin que nous obtenions des provisions. Nous le surveillerons bien». ” Tout de suite à leur arrivée, ils racontèrent à leur père ce qui leur était arrivé. Ils lui demandèrent d’emmener leur frère avec eux la fois d’après faute de quoi ils ne pourraient prétendre à d’autres provisions.
Ensuite le verset 65 –ce qui peut être traduit comme: “Et lorsqu’ils ouvrirent leurs bagages” nous fait comprendre également qu’ils avaient parlé à leur père avant même d’ouvrir leurs bagages. Ils lui demandèrent d’emmener leur petit frère avec eux et promirent de bien le garder. Vous rappelez-vous de cette même promesse faite à leur père il y a quarante ans à propos de Joseph ? Il leur répondit –ce qui peut être traduit comme: «Vais-je vous le confier comme, auparavant, je vous ai confié son frère? Mais Allah est le meilleur gardien, et Il est Le plus Miséricordieux des miséricordieux!»” verset 64. N’est-ce pas là une dure leçon pour eux ? Et ce n’est que le début.
J’aimerais adresser là un mot aux mères qui sont toujours inquiètes de laisser leurs enfants prendre l’autobus ou aller quelque part seuls. Elles empêchent le développement de leur sens de responsabilité. Je leur dis voyez comment Allah (exalté soit-Il) dit qu’Il est Le Gardien ? Je ne vous demande pas de jeter vos enfants vers le péril mais ne pas les rendre poltrons. D’après notre doctrine, nous devons être sûrs que Allah est Le seul Gardien et cette règle doit s’ancrer dans les cœurs.
Regardez comment le Prophète (BP sur lui) apprenait la doctrine à un enfant de dix ans, ‘Abdillâh ibn ‘Abbâs : “Jeune homme, garde Allah (exalté soit-Il), Il te gardera. Garde Allah, tu Le trouveras de ton côté. Si tu veux demander, demande à Allah, si tu veux de l’aide, appelle Allah. Tu dois savoir que si toute la Omma se réunit pour te faire du bien, ils ne pourront faire que ce qui t’a été prédestiné par Allah. Et si toute la Omma se réunit pour te faire du mal, ils ne pourront te faire que ce qui t’a été prédestiné par Allah. Les plumes (du destin) ont été levées et les pages ont séché (l’encre des pages du Registre).
“Garde Allah”, cela signifie que tu dois avoir Sa pensée en toi tout le temps, dans la tête et dans le cœur. Aide-toi à Le garder en assistant à une leçon religieuse, en priant dans la mosquée, en apprenant les règles de Tadjwid (psalmodie du Coran)… Tu dois te rappeler de Lui matin et soir, faire quelque chose d’utile pour l’Islam (aider dans un orphelinat, dans une association caritative). C’est ainsi que tu peux te garantir la garde d’Allah.
Nous lisons souvent ce verset sans y réfléchir. Si nous concevons bien le sens de ces paroles, elles auront un écho dans nos cœurs, nous aurons plus confiance en Allah et nous n’aurons plus de craintes. Nous ne sommes pas tous capables de faire de l’exégèse et ressortir les sens profonds de la sourate Joseph, mais nous pouvons tous comprendre ces paroles : “ Allah est le meilleur gardien”. Je souhaite la voir s’ancrer dans nos cœurs. J’invoque Allah et je dis ‘Allah est le meilleur gardien’ pour garder nos jeunes qui sont le trésor de l’Islam, et garder leur foi.
Retournons à l’histoire de Joseph :
–ce qui peut être traduit comme : “Et lorsqu’ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent qu’on leur avait rendu leurs marchandises. Ils dirent: «Ô notre père. Que désirons-nous [de plus]? Voici que nos marchandises nous ont été rendues. Et ainsi nous approvisionnerons notre famille, nous veillerons à la sécurité de notre frère et nous nous ajouterons la charge d’un chameau et c’est une charge facile».” verset 65. Les frères de Joseph voulaient retourner rapidement chez lui et montrer les marchandises rendues comme preuve de la véracité de leurs paroles. Ils essayèrent de convaincre leur père de leur confier le petit frère mais –ce qui peut être traduit comme : “Il dit: «Jamais je ne l’enverrai avec vous, jusqu’à ce que vous m’apportiez l’engagement formel au nom d’Allah que vous me le ramènerez à moins que vous ne soyez cernés». ” verset 66. Il leur rappela ce qu’ils avaient fait de Joseph et leur demanda de jurer par Allah de ramener le jeune frère à moins d’un malheur involontaire. “Lorsqu’ils lui eurent apporté l’engagement, il dit: «Allah est garant de ce que nous disons».” Dix hommes adultes qui devaient jurer à leur père pour avoir sa confiance, imaginez-vous cette honte ?
Ils s’en allèrent après son approbation et remarquez comment il fut rassuré par ces seuls mots de “Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant.” Pour lui c’était comme un acte passé devant notaire. ‘Allah est le Garant’, une autre règle comme pour ‘Allah est le Gardien’.
Nous devons compter avant tout sur Lui pour devenir les plus forts, celui qui a recours à Allah vit dignement. Nous comptons uniquement sur les causes matérielles, c’est là notre problème, et notre vie en est bouleversée. Au plus petit ennui, nous nous sentons malheureux et déprimés. Car, tout en prenant les causes matérielles en considération, nous devons comprendre que le vrai Garant c’est Allah. Les savants disent par exemple que celui qui pleure à sa mort de peur d'abandonner ses enfants à leur sort, n’a pas confiance en Allah.
Ensuite le prophète Jacob dit à ses enfants –ce qui peut être traduit comme: “ Ô mes fils, n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par portes séparées. Je ne peux cependant vous être d’aucune utilité contre les desseins d’Allah. La décision n’appartient qu’à Allah: en Lui je place ma confiance. Et que ceux qui placent leur confiance la placent en Lui.” verset 67.
Nous voyons de ce verset que l’Égypte devait avoir plusieurs portes et Jacob le savait comme il savait tout ce qui se passait dans ce monde ici-bas. Il sentait que ses fils pensaient avoir l’amitié de l’homme noble de l’Égypte (Joseph) qui leur avait rendu leurs marchandises et de plus ils étaient onze frères, cela inspirait de la force et il eut peur de les voir touchés par le mauvais œil généré par l’envie.
Nous sommes sûrs de l’existence de cette mauvaise force par l’allusion au milieu du verset mais, si nous ne pouvons pas la nier, comment s’en préserver et préserver les autres de nous-mêmes ? Pour éviter d’engendrer ce mauvais sentiment en nous et causer du tort sans le vouloir, nous devons dire à la vue d’une belle chose : “Telle est la volonté (et la grâce) d’Allah ! Il n’y a de puissance que par Allah”. Nous trouvons ces paroles dans la sourate “Al-Kahf” (La Caverne), et le Messager (BP sur lui) nous les a apprises. Votre interlocuteur sera également rassuré de ne pas être touché par votre envie.
Pour éviter d’être touché vous-même par ce mal, vous devez vous immuniser avec le “Dhikr” (Invocations) le matin et le soir. Nous trouvons des exemples de ces invocations dans de petits livrets qui ne sont pas uniquement une protection contre la mauvaise force de l’envie, mais contre tout mal. Parmi ces prières se trouvent les deux dernières sourates du Coran, “Al-Falaq” (L’Aube naissante) et “An-Nâs” (L’Homme). D’après la Sunna (tradition du Prophète), en allant au lit, nous devons réciter sourate “Al-Ikhlâs” (Le Monothéisme pur) et les deux sourates citées, chacune trois fois, souffler dans nos mains et les faire passer sur tout le corps autant que possible. Le Prophète (BP sur lui) nous a également appris une invocation qui nous a été rapportée par les Imâm Ahmed, At-Termidhi et Abou Dawoûd et qu’il récitait à Al-Hassan et Al-Hussein ses petits-enfants : “Je vous protège avec les paroles intégrales d’Allah du mal de Satan, de toute chose nuisible et de tout œil envieux.” Ils leur disait que c’était avec ces mêmes paroles que Ibrahîm (Abraham) protégeait Isma‘îl (Ismaël) et Ishâq (Isaac).
Nous serions certainement mieux si chacun faisait cette invocation pour ses enfants comme mode de protection. A la place, nous voyons aujourd’hui des gens qui vont vers des charlatans pour les guérir du mauvais œil. Je dis, par Allah, aucun mal ne touchera celui d’entre nous qui s’immunise avec les invocations et le Dhikr. Les Juifs disaient avec dépit et envie : “Mohammed n’a rien laissé sans l’apprendre à ses Compagnons, même ce qu’ils doivent dire en passant leurs besoins.”
Revenons au prophète Jacob quand il dit à ses enfants : “ ...n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par portes séparées ...”. Il prenait en considération les causes matérielles mais, voyez sa confiance en Allah lorsqu’il dit : “ Je ne peux cependant vous être d’aucune utilité contre les desseins d’Allah”. Ce verset nous donne le vrai sens de la confiance en Allah qui consiste à prendre toutes les mesures matérielles et d’agir en conséquence sans compter dessus dans nos coeurs. Il faut essayer d’arriver au but en usant de tous les moyens matériels possibles tout en étant sûr que seule la volonté d’Allah prévaudra.
Il est alors tout naturel que le verset se termine avec ces mots : “ La dé